Un appareil connecté peut respecter tous ses intervalles de contrôle et présenter malgré tout un risque inacceptable – par exemple si des failles connues n’ont jamais été évaluées ou si personne ne remarque des communications anormales. La maintenance englobe donc aujourd’hui inventaire et nomenclature, évaluation des vulnérabilités, mises à jour, gestion de la configuration, surveillance, traitement des incidents et notifications. Le MDR exige que les logiciels soient développés selon l’état de l’art, avec une gestion des risques incluant la sécurité de l’information, et que les fabricants surveillent activement leurs produits après leur mise sur le marché. Les enseignements de sécurité issus du terrain ont précisément leur place dans ce système.
La cybersécurité MDR en détail →Maintenance des dispositifs médicaux connectés
Comment fabricants et hôpitaux sécurisent les dispositifs médicaux connectés sur le terrain : inventaire et SBOM, triage clinique, correctifs maîtrisés, signalements de vulnérabilités organisés et circuits de notification coordonnés.
Mise à jour: octobre 2026 · Valeri Milke, Lead Auditor ISO 27001 & ISO 42001
Paru dansmt|medizintechnik 4.2026 ↗
La maintenance des dispositifs médicaux connectés consiste à garder un appareil, après sa mise sur le marché et en conditions réelles d’utilisation, non seulement fonctionnel, mais aussi sûr, performant et conforme de manière démontrable. Outre l’entretien classique, elle comprend un inventaire des composants avec nomenclature logicielle (Software Bill of Materials, SBOM), une veille sur les vulnérabilités, un triage clinique, des mises à jour gérées comme des modifications maîtrisées, un canal pour les signalements de vulnérabilités ainsi que la surveillance et le traitement des incidents. Une faille exploitée pouvant fausser un diagnostic ou une thérapie, la sécurité informatique relève ici de la sécurité des patients. Le fabricant assume les obligations du règlement sur les dispositifs médicaux (MDR) ; l’hôpital répond de l’exploitation et de la maintenance – en Allemagne selon l’ordonnance MPBetreibV – et relève souvent de la loi BSI, qui transpose NIS2. Cette page montre comment articuler les deux côtés.
Du guide à l’obligation de notification
Jalons de la sécurité des dispositifs médicaux connectés sur le terrain – touchez une étape pour afficher les détails.
MDCG 2019-16 Rev. 1
Le Medical Device Coordination Group publie son guide de cybersécurité révisé. Il reste à ce jour le seul document du MDCG consacré à la cybersécurité et traite aussi de la surveillance après commercialisation et de la vigilance.
Rapport final ManiMed du BSI
Le BSI examine dix dispositifs médicaux connectés de cinq catégories de produits et signale plus de 150 vulnérabilités à leurs fabricants.
Application du MDR
Après un report d’un an lié à la pandémie, le règlement sur les dispositifs médicaux s’applique – avec la sécurité de l’information parmi les exigences générales et l’obligation de surveiller activement les produits après leur mise sur le marché.
Log4Shell
La faille critique de la bibliothèque Java Log4j est rendue publique. Nombre d’organisations sont d’abord incapables de dire dans quels produits se trouve le composant.
Publication de l’IEC 81001-5-1
La norme décrit les activités de sécurité dans le cycle de vie des logiciels de santé – expressément aussi pour la maintenance. Elle n’est pas encore harmonisée au titre du MDR.
Nouvelle ordonnance sur les exploitants
La version refondue de l’ordonnance allemande MPBetreibV entre en vigueur : les mises à jour logicielles pertinentes pour la sécurité font expressément partie de la maintenance. Les contrôles de sécurité informatique pour les logiciels des classes IIb et III s’appliquent à partir d’août 2025.
Nouvelle loi BSI en vigueur
L’Allemagne transpose NIS2. Les hôpitaux concernés doivent mettre en œuvre des mesures de gestion des risques et notifier au BSI, en plusieurs étapes, les incidents de sécurité importants.
Proposition de révision du MDR
La Commission propose que les fabricants notifient les vulnérabilités activement exploitées et les incidents de sécurité graves aux équipes nationales de réponse aux incidents (CSIRT) et à l’agence européenne ENISA. La proposition n’est pas encore adoptée.
Obligations de notification du CRA
Les obligations de notification du Cyber Resilience Act s’appliquent aux produits comportant des éléments numériques. Les dispositifs médicaux en sont exclus, mais les composants de fournisseurs commercialisés séparément peuvent être concernés.
Huit messages clés sur la maintenance sur le terrain
Résumé de chaque message clé — dépliez pour lire le texte complet.
Pour un dispositif médical, un incident de sécurité ne se réduit pas à une perte de données. Quiconque accède sans autorisation à un moniteur patient, à une pompe à perfusion ou à un système d’imagerie peut fausser des mesures, supprimer des alarmes ou modifier des paramètres thérapeutiques. Le guide MDCG 2019-16 attend donc une articulation étroite entre risques de sécurité de l’information (security) et risques pour la sécurité des patients (safety). En pratique, chaque vulnérabilité et chaque incident sont examinés : les performances prévues ou la sécurité des patients et des utilisateurs sont-elles affectées ? Le résultat alimente le dossier de gestion des risques selon ISO 14971.
Pour la cybersécurité du produit, le MDR engage le fabricant. Le MDCG 2019-16 décrit toutefois une responsabilité partagée entre fabricants, fournisseurs, intégrateurs, établissements de santé et autorités. L’exploitant applique les consignes de sécurité du fabricant, protège réseau et locaux, forme le personnel et signale sans délai au fabricant tout événement de sécurité suspecté. En Allemagne, l’ordonnance sur l’exploitation des dispositifs médicaux range expressément les mises à jour logicielles de sécurité dans la maintenance – toujours selon les indications du fabricant. Toute intervention sur l’appareil, correctifs ou logiciels tiers compris, suppose des consignes publiées par le fabricant. Selon la taille de l’établissement, la loi BSI ajoute ses propres obligations.
Vue exploitant : l’IA en milieu de soins →Pour savoir si une vulnérabilité nouvellement publiée est pertinente, il faut connaître les composants présents dans chaque appareil, et dans quelle version. La nomenclature logicielle (SBOM) fournit ces informations sous une forme lisible par machine, par exemple au format CycloneDX (ECMA-424) ou SPDX (ISO/IEC 5962). Ce n’est qu’en la croisant avec l’inventaire des équipements de l’hôpital et avec les déclarations du fabricant sur l’exploitabilité réelle (Vulnerability Exploitability eXchange, VEX) que l’on obtient une image fiable. Les établissements de santé devraient exiger contractuellement la SBOM et les avis de sécurité dès l’achat.
Vers le dossier SBOM →Le Common Vulnerability Scoring System (CVSS) mesure la gravité technique, l’Exploit Prediction Scoring System (EPSS) la probabilité d’une exploitation dans les 30 jours suivants, et le catalogue Known Exploited Vulnerabilities (KEV) de l’agence américaine CISA atteste des attaques déjà en cours. Pour les dispositifs médicaux, des questions décisives restent pourtant sans réponse : l’appareil est-il joignable depuis le réseau, se trouve-t-il au chevet du patient, des mesures de protection sont-elles efficaces, quelles seraient les conséquences d’une manipulation sur le diagnostic ou la thérapie ? Seule cette évaluation détermine la classe de priorité. Une faille de gravité moyenne sur un système thérapeutique peut être plus urgente qu’une faille critique sur un appareil isolé.
Vers la gestion des vulnérabilités →Une mise à jour peut combler une faille tout en modifiant un état validé. Ni corriger à tout prix ni y renoncer par principe n’est donc défendable. La voie solide passe par l’analyse de l’exposition, l’évaluation, un test dans un environnement représentatif, la validation, un déploiement progressif, la vérification et la documentation. Lorsqu’aucun correctif n’existe, les mesures compensatoires comme la segmentation ou les restrictions d’usage sont évaluées et tracées de la même manière. Pour les mises à jour à distance (Over-the-Air, OTA), des paquets signés, le démarrage sécurisé (Secure Boot), une image de repli et une protection contre le retour à une version antérieure sécurisent le parc.
Lorsqu’aucun correctif n’existe encore pour une faille activement discutée, tout se joue dans la préparation : un circuit d’escalade associant produit, sécurité, DSI hospitalière et affaires réglementaires, des mesures immédiates convenues à l’avance et des configurations de repli validées sur le plan clinique. Les signalements de chercheurs externes ont besoin d’un point d’entrée fixe. La divulgation coordonnée des vulnérabilités (Coordinated Vulnerability Disclosure, CVD) selon ISO/IEC 29147 et ISO/IEC 30111, un contact publié via security.txt et une équipe de réponse aux incidents de sécurité produit (Product Security Incident Response Team, PSIRT) rendent ce circuit fiable. Pour les établissements de santé, ces éléments sont un critère important d’évaluation des fournisseurs.
Vers le dossier Bug Bounty & VDP →Une cyberattaque visant des équipements médicaux connectés peut déclencher plusieurs obligations de notification à la fois : la déclaration de vigilance du fabricant au titre du MDR, avec des délais maximaux de 2, 10 ou 15 jours ; le signalement, par l’hôpital, de tout incident grave présumé à l’autorité fédérale compétente ; la notification en plusieurs étapes prévue par la loi BSI (24 heures, 72 heures, un mois) ; enfin la notification à l’autorité de protection des données sous 72 heures. Ces circuits ont des destinataires, des déclencheurs et des contenus différents. Qui fixe à l’avance responsabilités, modèles et délais ne perd pas de temps en concertations pendant les premières heures.
Vers le dossier NIS2 →Qui contribue à quoi dans la sécurité sur le terrain ?
La responsabilité partagée selon MDCG 2019-16 – choisissez un rôle.
- Surveille le produit et les composants tiers après la mise sur le marché et intègre les enseignements de sécurité dans l’évaluation des risques et la documentation technique.
- Fournit mises à jour, informations de sécurité et instructions, et précise les interventions que l’exploitant peut réaliser lui-même.
- Évalue chaque incident au regard de l’obligation de déclaration et du besoin de mesures correctives, et déclare les incidents graves dans les délais.
- Maintient les appareils selon les indications du fabricant – mises à jour logicielles de sécurité comprises –, les déconnecte d’Internet lorsque ce n’est pas nécessaire et tient les logiciels de protection à jour.
- Demande les informations de sécurité manquantes, par exemple le Manufacturer Disclosure Statement for Medical Device Security (MDS2), et protège le réseau et les locaux.
- Signale sans délai au fabricant tout événement de sécurité suspecté et remplit ses propres obligations de notification.
- Configure de manière sécurisée les appareils et les interfaces et documente l’intégration.
- Apporte son appui pour les correctifs et le traitement des incidents, et forme le personnel.
- S’il agit pour le compte de l’hôpital, la responsabilité de la sécurité de l’information de l’appareil intégré reste à l’établissement de santé.
- Fournit systèmes d’exploitation, bibliothèques, modules et SDK dont les vulnérabilités se répercutent directement sur le dispositif médical.
- Est tenu contractuellement par le fabricant de fournir nomenclatures, avis de sécurité et délais de réaction.
- Les composants comportant des éléments numériques commercialisés séparément relèvent du Cyber Resilience Act, pas le dispositif médical fini.
La sécurité sur le terrain : neuf chapitres, de l’entretien au circuit de notification
Les chapitres suivent le parcours d’une vulnérabilité – de l’inventaire à l’évaluation, puis à la modification et à la notification – en distinguant à chaque étape ce qui relève du fabricant et ce qui relève de l’hôpital. Ils indiquent aussi si une affirmation repose sur la loi, sur un guide ou sur une recommandation pratique.
De l’entretien à la cyber-résilience
Longtemps, un appareil passait pour bien entretenu s’il était contrôlé, étalonné et disponible. Pour les équipements médicaux connectés, ce n’est plus qu’une partie de la vérité.
Les services d’ingénierie biomédicale planifient traditionnellement la maintenance en fonction des échéances de contrôle, des consignes du fabricant et du coût des pannes. Pour les appareils connectés, cela ne suffit plus : un échographe, un moniteur patient ou une pompe à perfusion relié au réseau contient un système d’exploitation, des bibliothèques et des interfaces dont la situation de sécurité évolue chaque jour – même lorsque rien ne change sur l’appareil lui-même. Un appareil qui réussit tous les contrôles de sécurité électrique peut donc constituer en même temps une porte d’entrée grande ouverte.
L’étude ManiMed du BSI a montré à quel point le problème est réel : l’Office fédéral allemand de la sécurité des technologies de l’information a examiné dix dispositifs médicaux connectables de cinq catégories de produits et signalé aux fabricants plus de 150 vulnérabilités au cours du projet. Le rapport final a été publié en décembre 2020.
Ce que signifie la cyber-résilience en exploitation
La cyber-résilience désigne la capacité à continuer d’exploiter un appareil en toute sécurité malgré de nouvelles vulnérabilités et attaques, ou à en restreindre l’usage de manière justifiée. Il en découle des tâches qui s’ajoutent au plan d’entretien :
- un inventaire à jour de tous les appareils, versions logicielles et composants tiers ;
- une veille continue sur les nouvelles vulnérabilités et les attaques actives ;
- une évaluation qui relie gravité technique et conséquences cliniques ;
- des mises à jour et des mesures compensatoires traitées comme des modifications documentées et validées ;
- un canal de réception des signalements de vulnérabilités externes ;
- la surveillance, le traitement des incidents et des notifications dans les délais.
Cette page résume l’article « Instandhaltung vernetzter Medizinprodukte » (Maintenance des dispositifs médicaux connectés), paru en allemand dans mt|medizintechnik, numéro 4.2026, le restructure et le complète par les évolutions intervenues jusqu’en octobre 2026.
Cybersécurité et sécurité des patients : le regard clinique sur les vulnérabilités
Pour un dispositif médical, un incident de sécurité ne s’arrête pas à la protection des données. Il peut affecter le traitement lui-même.
Outre la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité, une quatrième question se pose pour les dispositifs médicaux : une attaque peut-elle compromettre les performances prévues ou nuire à des personnes ? Le guide MDCG 2019-16 souligne que, pour les dispositifs médicaux, les risques de sécurité de l’information (security) ne doivent pas être considérés indépendamment des risques pour la sécurité des patients (safety).
Comment une faille informatique devient un risque clinique
- Intégrité : des mesures, images ou résultats manipulés conduisent à des diagnostics erronés.
- Disponibilité : un système chiffré par un attaquant ou tombé en panne retarde examens et interventions.
- Pilotage : quiconque peut modifier des paramètres thérapeutiques ou d’alarme intervient directement dans le traitement.
- Confidentialité : des données de santé exfiltrées touchent à la protection des données et à la confiance des patients.
Il en découle une règle centrale pour l’évaluation sur le terrain : la gravité technique ne détermine pas à elle seule l’urgence – ce qui compte, c’est ce qu’un attaquant pourrait provoquer sur l’appareil concerné et dans le parcours de soins concerné.
Deux dossiers de risques, un seul résultat
Les fabricants mènent leur gestion des risques selon ISO 14971, harmonisée au titre du MDR sous la forme EN ISO 14971. Les risques de sécurité de l’information font souvent l’objet d’une analyse distincte. L’essentiel est le lien entre les deux : chaque scénario de sécurité susceptible d’affecter patients ou utilisateurs doit figurer dans le dossier de gestion des risques (safety), et chaque mesure de sécurité reposant sur du logiciel exige un examen sous l’angle de la cybersécurité. Sur le terrain, cet examen se répète à chaque nouvelle vulnérabilité et à chaque incident – y compris la question de savoir si le rapport bénéfice/risque doit être réévalué.
Réglementation et rôles : qui porte quelle obligation
Pour la sécurité sur le terrain, droit des dispositifs médicaux, droit des exploitants, guides, normes et droit issu de NIS2 s’imbriquent – avec des destinataires différents.
MDR : les obligations du fabricant
Le MDR s’applique depuis le 26 mai 2021. Il exige des logiciels conformes à l’état de l’art, avec une gestion des risques incluant la sécurité de l’information, une protection contre l’accès non autorisé et, dans la notice d’utilisation, des exigences minimales concernant les réseaux informatiques. Après la mise sur le marché, les fabricants exploitent un système de surveillance après commercialisation (SAC ; en anglais Post-Market Surveillance, PMS). À partir de la classe IIa, il comprend un rapport périodique actualisé de sécurité (Periodic Safety Update Report, PSUR) – au moins une fois par an pour les classes IIb et III, au moins tous les deux ans pour la classe IIa.
MDCG 2019-16 : la responsabilité partagée
Le guide MDCG 2019-16, dans sa révision de juillet 2020, transpose ces exigences à l’ensemble du cycle de vie. Il précise que la cybersécurité fait partie du système de SAC et englobe aussi les composants tiers. Il décrit en même temps une responsabilité partagée : juridiquement, c’est le fabricant qui est tenu ; en pratique, fournisseurs, intégrateurs, établissements de santé et autorités portent aussi leur part. Les modifications de l’appareil, correctifs et logiciels tiers compris, ne sont prévues que sur la base de consignes explicites et publiées du fabricant.
Les normes comme état de l’art
IEC 81001-5-1
Norme de cycle de vie pour les logiciels de santé (health software) parue en décembre 2021 et corrigée en décembre 2025. Elle couvre le développement et la maintenance, complète la structure de processus de l’IEC 62304 par des activités de sécurité et s’inspire de l’IEC 62443-4-1. Non harmonisée au titre du MDR, elle est néanmoins considérée comme l’état de l’art.
IEC 80001-1
En deuxième édition depuis septembre 2021. La norme s’adresse aux organisations qui intègrent des systèmes informatiques de santé dans leur infrastructure et exige une gestion des risques avant, pendant et après le raccordement – avec trois objectifs de protection : sécurité (safety), efficacité et sécurité de l’information (security).
AAMI TIR57 et SW96
Documents américains consacrés à la gestion des risques de sécurité chez les fabricants ; tous deux la relient expressément à la gestion des risques selon ISO 14971.
Ordonnance allemande sur les exploitants : les mises à jour font partie de la maintenance
Pour les exploitants en Allemagne, l’ordonnance sur l’exploitation des dispositifs médicaux (Medizinprodukte-Betreiberverordnung, MPBetreibV), en vigueur dans sa nouvelle version depuis le 20 février 2025, précise le contenu de la maintenance : outre l’entretien, l’inspection et la remise en état, elle inclut expressément, pour les logiciels, l’installation des mises à jour pertinentes pour la sécurité – dans le respect des indications du fabricant. Si une mise à jour modifie sensiblement la manipulation, le personnel doit être formé à nouveau. Pour les logiciels classés comme dispositifs médicaux de classe IIb ou III, l’ordonnance impose en outre aux établissements de santé, depuis le 1er août 2025, des contrôles de sécurité informatique selon les règles de l’art reconnues, au moins tous les deux ans et avec procès-verbal.
Loi BSI : les obligations de l’hôpital
Depuis le 6 décembre 2025, la nouvelle loi BSI transpose la directive NIS2 en Allemagne. Les hôpitaux relèvent du secteur de la santé. Sont en règle générale concernés les établissements d’au moins 50 salariés ou dont le chiffre d’affaires et le total du bilan dépassent 10 millions d’euros. À partir de 250 salariés, ou au-delà de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires et de 43 millions d’euros de total du bilan, ils sont considérés comme entités essentielles – de même que, quelle que soit leur taille, les hôpitaux exploitant une installation critique, jusqu’ici à partir de 30 000 cas d’hospitalisation complète par an. Les obligations comprennent expressément la sécurité lors de l’acquisition, du développement et de la maintenance, y compris la gestion et la divulgation des vulnérabilités, ainsi que la sécurité de la chaîne d’approvisionnement.
Cyber Resilience Act et FDA en périphérie
Le Cyber Resilience Act ne s’applique pas aux produits relevant du MDR ou de l’IVDR. Il produit néanmoins des effets dans la technologie médicale : les fournisseurs qui commercialisent séparément des composants comportant des éléments numériques sont soumis à ses obligations de notification depuis le 11 septembre 2026, et à ses obligations principales à partir du 11 décembre 2027. À l’international, l’autorité américaine du médicament, la FDA, donne le ton : pour les « cyber devices », elle exige depuis le 29 mars 2023 dans les dossiers de soumission, entre autres, une SBOM, un plan de gestion des vulnérabilités incluant la divulgation coordonnée et des mises à jour selon un cycle justifié.
Transparence : inventaire, SBOM et chaîne d’approvisionnement
Seule une liste de composants à jour permet de dire si une nouvelle vulnérabilité est pertinente – chez le fabricant comme à l’hôpital.
Le jour où Log4Shell a été rendue publique, le 10 décembre 2021, la même question s’est posée dans de nombreuses organisations : dans quels produits se trouve la bibliothèque concernée ? Pour les dispositifs médicaux, cette incertitude est particulièrement délicate, car les hôpitaux n’ont en général le droit ni de scanner eux-mêmes les appareils ni de les modifier sans que le fabricant l’ait prévu.
Ce qu’apporte une SBOM
La nomenclature logicielle (Software Bill of Materials, SBOM) recense de façon lisible par machine les composants logiciels d’un produit – avec désignation, version, fournisseur, somme de contrôle et dépendances. Deux formats se sont imposés : CycloneDX, normalisé depuis juin 2024 sous la référence ECMA-424, et SPDX, dont la version 2.2.1 est normalisée sous ISO/IEC 5962:2021. En Allemagne, la directive technique TR-03183-2 du BSI décrit le contenu minimal d’une SBOM.
Obligation ou attente ?
Aux États-Unis, la SBOM fait partie du dossier de soumission des « cyber devices ». Le droit européen des dispositifs médicaux ne prévoit pas d’obligation explicite ; le MDCG 2019-16 cite la nomenclature comme exemple d’information de sécurité à fournir aux exploitants. L’attente découle ici de l’état de l’art selon l’IEC 81001-5-1. Pour les composants de fournisseurs relevant du Cyber Resilience Act, la SBOM deviendra obligatoire au sein de la documentation technique à partir du 11 décembre 2027.
De la liste à la veille
Une SBOM ne devient efficace que si le fabricant la régénère à chaque build et la confronte en continu aux données de vulnérabilités. Comme une bibliothèque vulnérable ne signifie pas automatiquement un appareil vulnérable, le fabricant y ajoute des déclarations sur l’exploitabilité réelle (Vulnerability Exploitability eXchange, VEX). Ces informations s’échangent de façon lisible par machine au format Common Security Advisory Framework (CSAF), standard OASIS en version 2.0 depuis novembre 2022.
Ce que les hôpitaux devraient fixer lors des achats
- la livraison d’une SBOM lisible par machine avec l’appareil et sa mise à jour à chaque version logicielle ;
- des avis de sécurité et des déclarations VEX transmis par un canal fixe, si possible au format CSAF ;
- des indications sur la durée de support des mises à jour de sécurité et sur leurs modalités de mise à disposition ;
- le formulaire MDS2 rempli et les exigences minimales concernant l’environnement réseau ;
- un interlocuteur désigné pour les questions de sécurité et les incidents.
Des risques au-delà de son propre code
Les attaques de la chaîne d’approvisionnement, comme celle visant SolarWinds Orion fin 2020 ou la porte dérobée découverte dans XZ Utils en mars 2024, montrent comment du code malveillant s’introduit par des sources de confiance. Les parades : builds vérifiables, artefacts signés, preuves de provenance et dépendances choisies avec parcimonie ; Supply-chain Levels for Software Artifacts (SLSA), actuellement en version 1.2, offre un cadre progressif.
Veille et triage dans le contexte clinique
Toutes les vulnérabilités ne sont pas aussi urgentes les unes que les autres. Tout l’art consiste à relier les signaux techniques à l’usage clinique de l’appareil.
Les sources de la veille
- les avis de sécurité des fabricants d’appareils et des fournisseurs de composants, idéalement lisibles par machine au format CSAF ;
- le service d’alerte et d’information de CERT-Bund, rattaché au BSI ;
- le catalogue Known Exploited Vulnerabilities (KEV) de l’agence américaine CISA ;
- les échanges au sein du Health-ISAC, le réseau international de partage d’informations du secteur de la santé ;
- les constats propres issus de la surveillance réseau, des journaux et des incidents.
Trois signaux techniques
Le classement technique s’appuie sur trois signaux : le CVSS, en version 4.0 depuis novembre 2023, pour la gravité ; l’EPSS pour la prévision, actualisée chaque jour, d’une exploitation dans les 30 prochains jours ; le catalogue KEV, tenu depuis novembre 2021, pour les attaques avérées.
Les questions cliniques
- Exposition : l’appareil est-il joignable depuis le réseau de l’hôpital, via des accès de télémaintenance, voire depuis Internet ?
- Usage clinique : pilote-t-il ou surveille-t-il une thérapie, fournit-il des résultats, se trouve-t-il au chevet du patient ?
- Conséquences d’une manipulation : quel effet aurait une perte d’intégrité ou de disponibilité sur le diagnostic et le traitement ?
- Mesures de protection : la segmentation, les restrictions d’accès ou la surveillance sont-elles déjà efficaces de façon démontrable ?
- Déclaration du fabricant : une indication VEX confirme-t-elle l’exposition, ou le composant est-il inatteignable ?
Des classes de priorité comme langage commun
Fabricants et hôpitaux gagnent à disposer de quelques classes de priorité clairement décrites. Le classement ci-dessous est une proposition ; chaque organisation fixe les délais de réaction concrets produit par produit.
| Classe | Caractéristiques typiques | Réaction attendue | Preuve |
|---|---|---|---|
| Crise | Exploitation avérée ou imminente, appareil influant sur la thérapie ou le diagnostic, aucune mesure de protection efficace | Réunir la cellule de crise, isoler l’appareil ou restreindre sa fonction, contournement du fabricant ou mise à jour d’urgence, mise hors service en dernier recours | Procès-verbal de décision, évaluation safety, examen des obligations de notification |
| Urgent | Exposition élevée ou effet notable sur la sécurité ou les performances, mesures de protection seulement partielles | Test accéléré et validation prioritaire, surveillance renforcée, déploiement planifié à court terme | Rapport de test, validation, risque résiduel |
| Planifiable | Exposition limitée, mesures de protection efficaces en place | Mise à jour dans le processus de modification ordinaire, contrôle régulier des mesures de protection | Évaluation des risques, échéance, contrôle d’efficacité |
| Routine | Appareil difficilement joignable, aucun lien identifiable avec la sécurité des patients | Installation avec la prochaine version logicielle régulière | Entrée dans l’inventaire et dans l’historique des modifications |
Les délais de réaction internes ne sont pas des délais légaux. Les délais de vigilance du MDR et les étapes de notification de la loi BSI courent indépendamment (voir le chapitre sur les circuits de notification).
Le correctif comme modification maîtrisée – y compris à distance
Une mise à jour comble une faille et modifie en même temps un produit validé. Il faut donc un processus de modification qui concilie rapidité et preuve.
Deux extrêmes sont risqués : installer par réflexe chaque mise à jour disponible, ou ne jamais rien changer aux équipements médicaux. Le MDCG 2019-16 attend des exploitants qu’ils disposent de processus de gestion des correctifs permettant de déployer rapidement les mises à jour de sécurité, et que l’environnement d’exploitation admette les mises à jour sans perte de compatibilité. Le guide prévoit expressément que des mises à jour soient fournies même en dehors d’une mesure corrective de sécurité.
De l’alerte à la mise à jour documentée
- 1Établir l’exposition
Croiser l’alerte avec la SBOM, l’inventaire des équipements et les indications VEX : quels appareils, versions logicielles et sites sont réellement concernés ?
- 2Évaluer et classer
Rassembler signaux techniques, usage clinique et mesures de protection existantes, fixer la classe de priorité et documenter le lien avec la sécurité des patients.
- 3Choisir la mesure
Mise à jour, modification de configuration ou mesure compensatoire – segmentation, durcissement, surveillance renforcée ou restriction d’usage –, en accord avec les consignes du fabricant.
- 4Tester et valider
Le fabricant vérifie et valide la mise à jour ; l’hôpital la teste dans un environnement représentatif avec ses propres interfaces et l’approuve selon des critères définis.
- 5Déployer progressivement
D’abord des appareils pilotes, puis le parc, dans des fenêtres de maintenance convenues et avec un retour arrière préparé en cas de dysfonctionnement.
- 6Vérifier et documenter
Contrôler l’état d’installation, confirmer le fonctionnement, consigner le risque résiduel et mettre à jour l’inventaire, la SBOM et le dossier de gestion des risques.
Les mesures compensatoires sont évaluées, approuvées, limitées dans le temps et réexaminées comme un correctif. Du point de vue du MDR, ce qui compte, c’est la preuve qu’une décision a été justifiée, testée et documentée avec son risque résiduel – pas la seule installation.
Les mises à jour à distance (OTA)
Les mises à jour Over-the-Air apportent plus vite des corrections à de nombreux appareils, mais créent un risque de concentration : dans le pire des cas, un paquet défectueux ou manipulé atteint tout le parc. L’architecture de mise à jour de firmware de l’IETF, décrite dans la RFC 9019 d’avril 2021, en énonce les principes porteurs :
- un manifeste signé décrivant l’origine, la compatibilité et les sommes de contrôle du paquet ;
- la vérification de l’authenticité et de l’intégrité avant l’installation, puis à nouveau au démarrage par un chargeur d’amorçage doté d’une ancre de confiance (Secure Boot) ;
- une image de repli dans une zone mémoire distincte (principe A/B), afin qu’une mise à jour ratée ne paralyse pas l’appareil ;
- une protection contre le retour à une version antérieure (anti-downgrade) au moyen de numéros de séquence, afin qu’un attaquant ne puisse pas installer une version plus ancienne, vulnérable mais valablement signée ;
- la robustesse face aux coupures de courant ou de connexion.
Image de repli et protection anti-downgrade résolvent des problèmes différents : l’une garantit la disponibilité, l’autre empêche une attaque. S’y ajoutent une transmission chiffrée, des vagues de déploiement échelonnées et une télémétrie du taux de réussite ; en milieu clinique, il faut en outre des fenêtres de maintenance concertées et une information claire des utilisateurs. Si une mise à jour modifie sensiblement des caractéristiques de sécurité ou de performance, une nouvelle évaluation impliquant l’organisme notifié peut être nécessaire selon la classification.
Zero-day, divulgation coordonnée des vulnérabilités et PSIRT
Lorsqu’une faille est connue mais qu’aucune mise à jour n’existe encore, tout se joue dans la préparation. Et pour que les signalements parviennent au bon endroit, il faut un point d’entrée organisé.
Se préparer au zero-day
On parle de zero-day pour une vulnérabilité pour laquelle aucun correctif n’est disponible au moment où elle est connue. Pour les dispositifs médicaux, la situation est particulièrement délicate : l’appareil doit continuer à servir les soins, aucune mise à jour validée n’existe et l’hôpital n’a pas le droit d’intervenir de sa propre initiative. Quatre dispositions ont fait leurs preuves :
- un circuit d’escalade documenté qui fixe qui décide dans les premières heures – responsable produit, sécurité, DSI hospitalière, ingénierie biomédicale et affaires réglementaires ;
- des mesures immédiates convenues à l’avance, comme l’isolement réseau, la désactivation des services inutiles et une surveillance ciblée des traces d’attaque ;
- pour les classes d’appareils critiques pour la sécurité, des configurations de repli préparées et validées sur le plan clinique ;
- des modèles d’avis de sécurité destinés aux utilisateurs (Field Safety Notice, FSN), techniquement exacts et compréhensibles pour les équipes cliniques.
Selon le MDR, une mesure corrective de sécurité (Field Safety Corrective Action, FSCA) doit en principe être notifiée à l’autorité avant sa mise en œuvre ; ce n’est qu’en cas d’urgence que la notification peut suivre. Si une faille est déjà activement exploitée, la situation se tend encore – sur le plan technique comme sur le plan réglementaire.
Coordinated Vulnerability Disclosure
Beaucoup de vulnérabilités sont découvertes par des chercheurs, des pentesteurs, des intégrateurs ou des utilisateurs. Sans circuit de signalement visible, ces informations restent lettre morte ou deviennent publiques dans le désordre. La divulgation coordonnée des vulnérabilités (Coordinated Vulnerability Disclosure, CVD) organise le déroulement : le signalement est reçu, examiné, corrigé, puis publié de manière concertée. Le cadre est fixé par ISO/IEC 29147:2018 pour la réception et la publication, et par ISO/IEC 30111:2019 pour le traitement interne.
Point de contact
Un fichier security.txt conforme à la RFC 9116 d’avril 2022, placé sous /.well-known/ sur le site web, une politique destinée aux personnes qui signalent et un contact permettant des échanges chiffrés.
Traitement
Une équipe de réponse aux incidents de sécurité produit (Product Security Incident Response Team, PSIRT) avec des délais de réaction définis ; le PSIRT Services Framework du FIRST sert de référence.
Identification
Des identifiants CVE uniques, attribués par une CVE Numbering Authority (CNA) propre ou en coopération avec une CNA existante.
Publication
Des avis de sécurité indiquant les versions concernées, les mesures et le statut VEX, si possible lisibles par machine au format CSAF.
Ce que les hôpitaux devraient vérifier
Sans processus CVD opérationnel, il est difficile d’estimer la capacité de réaction d’un fabricant. Sont révélateurs une politique publiée, un PSIRT joignable et un historique traçable d’avis de sécurité.
Surveillance, réponse aux incidents et circuits de notification parallèles
Entre la première anomalie et une obligation de notification, il ne s’écoule souvent que quelques heures. Qui attend l’incident pour clarifier qui notifie quoi perd un temps précieux.
Une surveillance qui va au-delà de la disponibilité
Une surveillance qui vérifie seulement si un appareil est joignable ne détecte aucune attaque. Sont révélateurs les connexions inhabituelles, les échecs d’authentification répétés, les modifications de configuration inattendues et les contrôles d’intégrité en échec. Comme aucun logiciel supplémentaire ne peut être installé sur de nombreux dispositifs médicaux, une surveillance réseau passive dans des zones d’appareils segmentées constitue une option adaptée.
Une réponse aux incidents qui dépasse les frontières de l’organisation
Les anomalies doivent déboucher sur un processus opérationnel – avec des rôles, des critères d’escalade et des interfaces avec l’ingénierie biomédicale, la direction de l’hôpital, la protection des données et le fabricant. Le MDCG 2019-16 attend expressément des exploitants qu’ils informent sans délai le fabricant de tout incident de sécurité présumé. Chez le fabricant, le PSIRT centralise analyse, priorisation et correction, et accompagne la communication avec les CERT, les réseaux de partage d’informations et les autorités.
Quatre circuits de notification comparés
| Circuit | Qui notifie | Déclencheur | Délais | Destinataire |
|---|---|---|---|---|
| Vigilance MDR | Fabricant | Incident grave, y compris d’origine numérique, ou mesure corrective de sécurité | Sans délai, au plus tard 2 jours en cas de menace grave pour la santé publique, 10 jours en cas de décès ou de détérioration grave et inattendue de l’état de santé, 15 jours dans les autres cas | Autorité compétente, en Allemagne en règle générale le BfArM |
| Signalement des utilisateurs (Allemagne) | Exploitants et utilisateurs, par exemple l’hôpital | Incident grave présumé impliquant un dispositif médical | Sans délai | Autorité fédérale compétente, en règle générale le BfArM |
| Loi BSI (NIS2) | Hôpital en tant qu’entité essentielle ou importante | Incident de sécurité important | Alerte précoce sous 24 heures, notification avec première évaluation sous 72 heures, rapport final au plus tard un mois après cette notification | BSI |
| RGPD | Responsable du traitement, par exemple l’hôpital | Violation de données à caractère personnel présentant un risque pour les personnes concernées | Sans délai, si possible sous 72 heures ; tout retard doit être justifié | Autorité de protection des données |
Les délais courent indépendamment les uns des autres, en règle générale à compter de la prise de connaissance ; le rapport final au titre de la loi BSI se calcule à partir de la notification à 72 heures. S’y ajoutent les rapports de tendances du fabricant en cas d’augmentation statistiquement significative d’incidents non graves.
Pour la vigilance MDR, peu importe qu’un événement résulte d’une attaque, d’une faille ou d’une erreur logicielle. Ce qui compte, c’est de savoir si la sécurité ou les performances du produit ont été, ou auraient pu être, compromises. Le MDCG 2019-16 contient des exemples pour distinguer incident et incident grave ; pour le codage, l’International Medical Device Regulators Forum (IMDRF) propose des codes de problème comme « Software Security Vulnerability ». En cas de doute sur l’obligation de notification, il faut notifier dans les délais ; une notification d’abord incomplète est admise.
Ce que changerait la proposition de révision
Le 16 décembre 2025, la Commission a proposé de réviser le MDR et l’IVDR. Les fabricants devraient alors notifier les vulnérabilités activement exploitées et les incidents de sécurité graves dans un délai de 30 jours, via la base de données européenne Eudamed, aux CSIRT compétents et à l’ENISA ; le délai général de vigilance applicable aux autres incidents graves passerait en outre de 15 à 30 jours. La proposition n’est pas encore adoptée. D’ici là, les délais actuels s’appliquent.
Modèle cible et plan de démarrage pour la maintenance sur le terrain
La maintenance sur le terrain ne devient efficace que lorsque sécurité, qualité, affaires réglementaires et équipes cliniques partagent un même processus de pilotage.
Surveillance après commercialisation, gestion des vulnérabilités et traitement des incidents dépendent les uns des autres : les nouveaux risques ne deviennent visibles que si la veille de sécurité alimente la SAC ; les priorités ne sont justes que si l’évaluation safety les accompagne ; les délais ne sont tenus que si les affaires réglementaires sont impliquées tôt. Le modèle cible relie ces fils en un cycle aux responsabilités clairement attribuées.
Transparence
Inventaire complet des appareils, versions logicielles et composants tiers, fondé sur des SBOM à jour.
Veille
Analyse continue des avis des fabricants, de CERT-Bund, du catalogue KEV et des observations propres.
Décision
Choix fondé sur les risques entre mise à jour, vague OTA, mesure compensatoire ou restriction d’usage – avec évaluation safety.
Réception des signalements
Un canal CVD opérationnel et un PSIRT qui traite les signalements de manière fiable.
Preuve
Résultats de la SAC, dossier de gestion des risques actualisé, historique des modifications et, le cas échéant, notifications dans la documentation technique.
Responsabilité
Des rôles définis pour le produit, la qualité, la sécurité, le service, les affaires réglementaires et l’exploitation clinique, avec cycles de revue et critères d’escalade.
Plan de démarrage pour les premiers mois
- Inventaire et responsables : recenser tous les dispositifs médicaux connectés avec version logicielle, raccordement réseau, contact chez le fabricant et fin de support.
- Combler les lacunes d’information côté fabricants : demander SBOM, MDS2, avis de sécurité et consignes de correctifs, et les ancrer dans les contrats.
- Définir des classes de priorité et des délais de réaction internes qui combinent critères techniques et cliniques.
- Mettre en place un processus de modification pour les mises à jour et les mesures compensatoires, avec étapes de test, de validation et de documentation, et l’articuler avec les obligations de maintenance et de contrôle de l’ordonnance sur les exploitants.
- Établir et exercer une matrice de notification couvrant vigilance MDR, signalement des utilisateurs, loi BSI et protection des données, avec modèles, responsabilités et suppléances.
- Introduire des indicateurs, par exemple la part des appareils dotés d’une SBOM à jour, le délai de traitement par classe de priorité et le nombre de mesures compensatoires temporaires.
Qui relie tôt ces briques réagit plus vite, peut justifier ses décisions et renforce la confiance dans la technologie médicale numérique. Un appareil développé de manière sécurisée ne reste sûr que s’il est maintenu avec le même soin sur le terrain.
Les informations de cette page ne remplacent pas un conseil juridique. Les obligations applicables dans un cas donné dépendent de la classification, du rôle et de la taille de l’organisation.
Maintenance des dispositifs médicaux connectés
Dans son article, Valeri Milke, CEO de VamiSec GmbH et Lead Auditor ISO/IEC 27001 et ISO/IEC 42001, explique pourquoi la gestion des vulnérabilités et des correctifs des équipements médicaux connectés est une question de sécurité des patients, et comment fabricants et exploitants organisent la maintenance comme un processus continu. Cette page résume l’article, le restructure et le complète par des évolutions récentes : la nouvelle ordonnance allemande sur les exploitants, la nouvelle loi BSI et la proposition de révision du MDR.
- Un appareil formellement fonctionnel peut présenter un risque de sécurité inacceptable.
- Les vulnérabilités ne se priorisent correctement qu’avec le contexte clinique.
- Correctifs et mises à jour OTA sont des modifications maîtrisées, avec test, validation et preuve.
- Vigilance MDR, NIS2 et protection des données exigent des processus de notification coordonnés, menés en parallèle.
L’article complet, en allemand, est paru dans l’édition imprimée et dans l’e-paper réservé aux abonnés.
Questions fréquentes sur la maintenance des dispositifs médicaux connectés
Des réponses courtes pour les fabricants, l’ingénierie biomédicale et la DSI hospitalière – état : octobre 2026.
Outre l’entretien et les contrôles, elle comprend un inventaire à jour des versions logicielles et des SBOM, une veille continue sur les nouvelles vulnérabilités, une évaluation tenant compte du contexte clinique, des mises à jour et mesures compensatoires gérées comme des modifications maîtrisées, un canal pour les signalements de vulnérabilités externes ainsi que la surveillance, le traitement des incidents et les notifications. Chez le fabricant, les résultats alimentent la surveillance après commercialisation et la gestion des risques ; à l’hôpital, l’exploitation des équipements biomédicaux et le management de la sécurité de l’information.
Oui, si le fabricant le prévoit. En Allemagne, l’ordonnance sur l’exploitation des dispositifs médicaux range même les mises à jour logicielles de sécurité parmi les obligations de maintenance de l’exploitant, toujours selon les indications du fabricant. Le MDCG 2019-16 ne prévoit de modifications de l’appareil, correctifs et logiciels tiers compris, que sur la base de consignes publiées par le fabricant. Une fois la mise à jour validée par le fabricant, l’hôpital l’installe rapidement via un processus encadré de test, d’approbation et de documentation. À défaut, restent les mesures compensatoires comme la segmentation ou un usage restreint.
Le droit européen des dispositifs médicaux ne prévoit pas, à ce jour, d’obligation explicite de SBOM. Le MDCG 2019-16 cite la nomenclature comme exemple d’information de sécurité destinée aux exploitants, et l’IEC 81001-5-1 façonne l’état de l’art. Aux États-Unis, la FDA exige une SBOM dans le dossier de soumission des « cyber devices » depuis mars 2023. Les hôpitaux devraient l’exiger contractuellement lors des achats, et les fabricants la fournir sous forme lisible par machine en CycloneDX ou SPDX.
Non. Le Cyber Resilience Act exclut les produits relevant du MDR ou de l’IVDR, car le droit des dispositifs médicaux pose ses propres exigences de sécurité. Il agit toutefois indirectement : les fournisseurs qui commercialisent séparément des composants comportant des éléments numériques sont soumis à ses obligations de notification depuis le 11 septembre 2026, et à ses autres obligations – la SBOM, par exemple – à partir du 11 décembre 2027. La proposition de révision du MDR reprend en outre des notions du CRA.
Doit être déclaré tout incident grave : un dysfonctionnement ou une altération des performances – y compris à la suite d’une faille exploitée – ayant entraîné ou susceptible d’entraîner un décès, une grave détérioration de l’état de santé ou une menace grave pour la santé publique. Les délais maximaux sont de 2, 10 ou 15 jours. Une vulnérabilité connue ne déclenche pas à elle seule de déclaration, mais ses conséquences doivent être examinées et documentées. Le MDCG 2019-16 contient des exemples pour faire la distinction.
Si l’hôpital relève de la loi BSI en tant qu’entité essentielle ou importante, il notifie au BSI tout incident de sécurité important par une alerte précoce sous 24 heures, une notification avec première évaluation sous 72 heures et un rapport final au plus tard un mois après cette notification. Si des données personnelles sont touchées, l’autorité de protection des données doit être informée si possible sous 72 heures. Tout incident grave présumé impliquant un dispositif médical est signalé sans délai à l’autorité fédérale compétente, en règle générale le BfArM, en associant le fabricant.
En combinant signaux techniques et contexte clinique. Le CVSS décrit la gravité, l’EPSS la probabilité d’une exploitation dans les 30 prochains jours, et le catalogue KEV atteste des attaques actives. S’y ajoutent l’exposition de l’appareil, la proximité du patient, les conséquences possibles pour le diagnostic ou la thérapie, les mesures de protection efficaces et les déclarations VEX du fabricant. Il en résulte quelques classes de priorité assorties de délais de réaction fixés produit par produit.
La divulgation coordonnée des vulnérabilités (Coordinated Vulnerability Disclosure, CVD) est une procédure encadrée par laquelle un fabricant reçoit, examine, corrige et publie de manière concertée les signalements de vulnérabilités venus de l’extérieur – selon ISO/IEC 29147 et ISO/IEC 30111. Pour les hôpitaux, elle indique à quelle vitesse un fabricant réagit aux failles critiques. Points à vérifier : une politique publiée, un contact security.txt, un PSIRT joignable et un historique traçable d’avis de sécurité.
Normes & sources
Le contenu de cette page s'appuie sur les guides et études suivants, accessibles publiquement.
Valeri Milke : Instandhaltung vernetzter Medizinprodukte (Maintenance des dispositifs médicaux connectés), numéro 4.2026 ↗
Article en allemand sur lequel repose cette page (dossier Maintenance).
Règlement (UE) 2017/745 relatif aux dispositifs médicaux (MDR) ↗
Annexe I, sections 17.2, 17.4, 18.8 et 23.4 ; art. 83 à 89 : SAC, PSUR, délais de vigilance, rapport de tendances, mesures de suivi.
MDCG 2019-16 Rev. 1 – Guidance on Cybersecurity for medical devices ↗
Responsabilité partagée, obligations des exploitants et des intégrateurs, SAC et vigilance, codes IMDRF.
COM(2025) 1023 – Proposition de modification du MDR et de l’IVDR (2025/0404(COD)) ↗
Proposition du 16/12/2025 : nouvel art. 87 bis du MDR (notification sous 30 jours aux CSIRT et à l’ENISA), délai de vigilance porté de 15 à 30 jours ; pas encore adoptée.
IEC 81001-5-1:2021 – Health software and health IT systems safety, effectiveness and security – Part 5-1: Security – Activities in the product life cycle ↗
Activités de sécurité dans le développement et la maintenance ; version corrigée 12/2025 ; non harmonisée au titre du MDR (état : juin 2026).
IEC 80001-1:2021 – Application of risk management for IT-networks incorporating medical devices – Part 1 ↗
Gestion des risques par l’organisation exploitante pour les réseaux informatiques médicaux.
Cybersecurity in Medical Devices: Quality Management System Considerations and Content of Premarket Submissions ↗
Version finale depuis le 03/02/2026 ; section 524B du FD&C Act : SBOM, plan post-commercialisation avec CVD, cycles de mise à jour.
Directive technique TR-03183, partie 2 : Software Bill of Materials (SBOM), version 2.1.0 ↗
Contenus minimaux d’une SBOM ; CycloneDX à partir de 1.6 ou SPDX à partir de 3.0.1.
Common Security Advisory Framework (CSAF) Version 2.0 ↗
Avis de sécurité lisibles par machine, profil VEX compris.
Exploit Prediction Scoring System (EPSS) ↗
Estimation quotidienne de la probabilité d’exploitation de chaque CVE pour les 30 jours suivants.
Known Exploited Vulnerabilities Catalog ↗
Catalogue des vulnérabilités dont l’exploitation est avérée, tenu depuis novembre 2021 ; aujourd’hui régi par la BOD 26-04.
Medizinprodukte-Anwendermelde- und Informationsverordnung (MPAMIV) ↗
Ordonnance allemande sur le signalement par les utilisateurs ; § 3 : exploitants et utilisateurs signalent sans délai les incidents graves présumés à l’autorité fédérale compétente.
RFC 9019 – A Firmware Update Architecture for Internet of Things ↗
Manifestes signés, Secure Boot, protection anti-downgrade, image de repli.
Verordnung über das Betreiben und Benutzen von Medizinprodukten (Medizinprodukte-Betreiberverordnung, MPBetreibV), version refondue de 2025 ↗
Ordonnance allemande sur l’exploitation des dispositifs médicaux, en vigueur depuis le 20/02/2025 ; § 7 : maintenance incluant les mises à jour logicielles pertinentes pour la sécurité ; § 4, al. 3 : formation après mise à jour ; § 17 : contrôles de sécurité informatique (applicables depuis le 01/08/2025).
Gesetz über das Bundesamt für Sicherheit in der Informationstechnik (BSIG), dans sa version issue du NIS2UmsuCG ↗
Loi BSI ; transpose la directive (UE) 2022/2555 (NIS2) ; en vigueur depuis le 06/12/2025 ; §§ 28, 30, 32 et annexe 1 : catégories d’entités, mesures, étapes de notification 24 h / 72 h / un mois.
ManiMed – Manipulation von Medizinprodukten, rapport final ↗
Dix dispositifs médicaux connectés de cinq catégories, plus de 150 vulnérabilités signalées.
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Lors d’un premier entretien sans engagement, nous confrontons votre processus – de l’inventaire des équipements au triage, à l’approbation des correctifs et à la matrice de notification – aux exigences du MDR, de l’ordonnance allemande sur les exploitants (MPBetreibV) et de la loi BSI, ainsi qu’à l’IEC 80001-1, à l’IEC 81001-5-1 et au guide MDCG 2019-16.