Le guide se présente comme une « aide non contraignante », ne constitue pas « une interprétation contraignante de DORA par la BaFin » et ne définit aucune attente prudentielle (chap. I). Il repose notamment sur des échanges avec des entités financières et se veut un document évolutif, susceptible d'être adapté aux progrès techniques et aux nouvelles évolutions réglementaires (chap. I.3). Il vise en particulier à soutenir les établissements CRR et les entreprises d'assurance relevant de Solvabilité II, et s'adresse donc avant tout aux entités surveillées par la BaFin qui doivent appliquer la gestion du risque lié aux TIC des art. 5 à 15 DORA. Le cadre simplifié de l'art. 16 DORA appelle selon la BaFin un examen distinct et n'est pas traité. Ce caractère non contraignant n'est pas pour autant un blanc-seing : les obligations découlent directement de DORA, du RTS RMF et du RTS sous-traitance — le guide montre comment les transposer aux systèmes d'IA. Lors de l'annonce du 4 décembre 2025, le directeur exécutif Nikolas Speer l'a résumé ainsi : « Pas un nouveau cahier des charges. Mais une aide. » Le rapport annuel 2025 de la BaFin emploie une autre formule : la BaFin y indique avoir communiqué ses « attentes actualisées » sous la forme du guide — à lire comme un signal de la pratique de supervision, non comme une obligation juridique supplémentaire.
Guide de la BaFin sur l'IA : piloter les risques TIC dans les entités financières selon DORA
Le 18 décembre 2025, la BaFin a publié son guide non contraignant sur les risques liés aux TIC dans l'utilisation de l'IA par les entités financières (titre allemand « Orientierungshilfe zu IKT-Risiken beim Einsatz von KI in Finanzunternehmen »). Il vise à aider à appliquer aussi aux systèmes d'IA les exigences de DORA en matière de gestion du risque lié aux TIC et de gestion du risque lié aux prestataires tiers de services TIC — sur l'ensemble du cycle de vie de l'IA et avec une étude de cas consacrée à un assistant IA fondé sur un LLM. Cette page distingue systématiquement ce qu'exigent DORA et les RTS, ce que la BaFin décrit comme bonne pratique et ce que nous recommandons en complément.
Mise à jour: octobre 2026 · Valeri Milke, Lead Auditor ISO 27001 & ISO 42001
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- 01Données
- 02Développement
- 03Intégration
- 04Exploitation
- 05Maintenance
- 06Fin de vie
Selon la BaFin, les entités financières utilisent l'IA tout au long de leur chaîne de valeur — de la prévision de l'attrition client dans la distribution au règlement des sinistres, jusqu'à l'assistant IA qui rédige textes, présentations et code. Le cadre juridique est posé : DORA s'applique depuis le 17 janvier 2025 ; les KAIT, VAIT et ZAIT sont abrogées, les BAIT ne s'appliquent plus aux entités soumises à DORA et disparaîtront entièrement à l'expiration du 31 décembre 2026. Le guide ne crée pas de nouvelles obligations — il précise certaines exigences de DORA pour les systèmes d'IA : gouvernance, cadre de gestion du risque lié aux TIC, développement et tests, exploitation et mise hors service, externalisation vers le cloud, cybersécurité et sécurité des données, ainsi que notification des incidents. En parallèle, la BaFin est depuis le 29 juillet 2026, en vertu du KI-MIG (loi allemande sur la surveillance du marché de l'IA et la promotion de l'innovation), l'autorité de surveillance du marché pour les systèmes d'IA directement liés à une activité financière réglementée. Cette page rend les 38 pages opérationnelles : le test de périmètre indique le niveau de contrôle adapté à votre système d'IA, le navigateur du cycle de vie et le laboratoire des variantes traduisent chapitres et étude de cas en questions d'audit et en preuves, le navigateur des références ouvre l'accès aux 97 références selon notre décompte. Le diagnostic de résilience IA montre votre niveau de maturité par domaine d'action — et le livre blanc en allemand « KI unter DORA für CISOs » (« L'IA sous DORA pour les CISO ») fournit feuille de route, questions d'audit et matrice de preuves pour la direction et l'audit interne.
Des principes BDAI à l'IA à haut risque
Les jalons qui fixent le cadre des systèmes d'IA dans les entités financières allemandes — de la pratique de supervision au règlement sur l'IA, en passant par DORA.
Principes de la BaFin sur le big data et l'IA
La BaFin publie son document de principes « Big data et intelligence artificielle : principes pour l'utilisation d'algorithmes dans les processus décisionnels ».
Communication prudentielle sur le cloud
La BaFin publie, en tant qu'évaluation commune avec la Bundesbank, sa communication prudentielle sur l'externalisation vers des fournisseurs de cloud — version révisée de son guide de novembre 2018. Le chap. IV.2 du guide sur l'IA s'y réfère.
Entrée en vigueur du règlement sur l'IA
Le règlement (UE) 2024/1689 entre en vigueur. Le guide reprend sa définition du système d'IA à l'art. 3(1) ; les chapitres I et II du règlement sur l'IA s'appliquent depuis le 2 février 2025.
DORA devient applicable
DORA (en vigueur depuis le 16 janvier 2023) devient applicable. Les KAIT, VAIT et ZAIT sont abrogées à l'expiration du 16 janvier 2025 ; les entités soumises à DORA sont depuis lors exclues du champ d'application des BAIT.
Annonce par Nikolas Speer
Dans sa keynote « La supervision informatique dans le secteur financier : la première année de DORA », le directeur exécutif Nikolas Speer annonce le guide : « Pas un nouveau cahier des charges. Mais une aide. »
Publication du guide
La BaFin publie par communiqué l'« Orientierungshilfe zu IKT-Risiken beim Einsatz von KI in Finanzunternehmen » (division CTF 5, 38 pages) — expressément présentée comme une aide non contraignante.
Version anglaise
La traduction « Guidance on ICT Risks in the Use of AI at Financial Entities » paraît (version datée du 23 janvier 2026, 35 pages). L'original allemand fait foi.
Entrée en vigueur du KI-MIG
La BaFin devient autorité de surveillance du marché pour les systèmes d'IA directement liés à une activité financière réglementée (§ 2(3) KI-MIG) ; pour le reste, la Bundesnetzagentur est compétente.
Abrogation complète des BAIT
Les BAIT sont intégralement abrogées à l'expiration de cette journée. Les entités soumises à DORA sont exclues de leur champ d'application depuis l'expiration du 16 janvier 2025.
IA à haut risque de l'annexe III
Après le report décidé par le règlement (UE) 2026/1744, les obligations relatives à l'IA à haut risque de l'annexe III s'appliquent — notamment l'évaluation de la solvabilité des personnes physiques (point 5(b)) ainsi que l'évaluation des risques et la tarification en assurance vie et maladie (point 5(c)). Lorsque de tels systèmes sont mis sur le marché, mis en service ou utilisés par des entités surveillées en lien direct avec une activité financière réglementée, la BaFin est l'autorité de surveillance du marché (§ 2(3) KI-MIG).
Neuf messages clés du guide de la BaFin sur les risques TIC liés à l'IA
Cliquez sur une carte pour lire le message clé avec ses références — l'ordre suit la structure du guide, du positionnement jusqu'à la notification des incidents.
La BaFin reprend la définition de l'art. 3(1) du règlement sur l'IA (AI Act) ; elle explicite la caractéristique « système automatisé » (machine-based) à l'aide des lignes directrices de la Commission C(2025) 5053 final du 29 juillet 2025, point 11 : du matériel comme les unités de traitement, la mémoire et les interfaces, du logiciel comme le code source, les systèmes d'exploitation et les applications. Il en découle le choix déterminant : les systèmes d'IA sont un sous-ensemble des réseaux et systèmes d'information au sens de l'art. 3(2) DORA. Au sens du guide, un système d'IA est une combinaison d'actifs de TIC (matériel et logiciel) et d'infrastructure de TIC dans laquelle est implémenté un modèle mathématique complexe — le modèle lui-même étant un actif de TIC (logiciel). Ne sont pas examinées les caractéristiques d'autonomie et d'adaptabilité du règlement sur l'IA, ni la méthodologie de modélisation mathématique, y compris les données utilisées, leur élaboration et leur validation (chap. I.1). Conséquence pratique selon le chap. IV.1 : jeux de données d'entraînement, implémentations de modèles, bibliothèques logicielles et matériel relèvent de l'inventaire des actifs (art. 8(4) DORA en liaison avec les art. 4 et 5 RTS RMF). Et gare à l'IA cachée : si une application intègre des modèles d'IA externes, par exemple via des API, un logiciel conçu comme non-IA peut, selon le chap. III.2, devenir un système d'IA.
Selon la BaFin, les risques TIC spécifiques ne dépendent pas de la place d'un système d'IA dans la chaîne de valeur, mais de la manière dont il est intégré au paysage TIC. Le guide suit donc le cycle de vie de l'IA — de l'acquisition des données au développement et au déploiement du modèle, jusqu'à l'exploitation et la mise hors service (chap. I.2). Le chapitre II vaut pour l'ensemble du cycle de vie, le chapitre III traite du développement et des tests, le chapitre IV de l'exploitation et de la mise hors service ; la cybersécurité et la sécurité des données (chapitre V) occupent une place à part, car elles concernent toutes les phases (chap. I.3). La figure 1 identifie cinq vecteurs d'attaque : les données, le modèle d'IA, l'entrée, la sortie et le système de TIC lui-même. L'étude de cas découpe le cycle de vie en six phases. Le principe de pilotage transversal est l'approche fondée sur les risques, assortie du principe de proportionnalité de l'art. 4 DORA : taille, profil de risque global ainsi que nature, ampleur et complexité déterminent la profondeur des mesures. Une IA intervenant dans des fonctions critiques ou importantes appelle des mesures de sécurité et de contrôle plus étendues qu'un assistant en libre-service entièrement placé sous supervision humaine et non intégré aux processus décisionnels. La classification de criticité est donc, à notre avis, le principal levier de votre programme.
Selon le chap. II.2, la gestion des risques commence au niveau stratégique. Dans la pratique, les entités financières élaborent souvent une stratégie IA, alignée sur la stratégie globale, la stratégie de risque et, le cas échéant, sur la stratégie TIC et la stratégie de résilience opérationnelle numérique, et la font approuver par l'organe de direction — sous forme autonome ou intégrée. Elle gagne surtout en importance lorsque l'IA soutient des fonctions critiques ou importantes ; une feuille de route technologique peut servir de base pour définir les ressources, capacités et investissements TIC nécessaires. Le guide juge important de vérifier, avant la mise en œuvre, que tous les processus concernés sont adaptés à l'IA. Les obligations de DORA, elles, sont contraignantes : l'organe de direction assume la responsabilité ultime de la gestion du risque lié aux TIC (art. 5(2)(a) DORA), ses membres maintiennent leurs connaissances à jour, notamment par des formations spécifiques (art. 5(4) DORA), et le personnel reçoit des formations adaptées à ses fonctions (art. 13(6) DORA). Selon le guide, les responsabilités doivent en outre être définies par fonction, par exemple pour l'utilisation de résultats générés par l'IA dans les processus décisionnels. D'après le chap. II.2, il est courant que les cadres de gouvernance associent la fonction de gestion du risque lié aux TIC, les fonctions de contrôle et l'audit interne selon la criticité — dans le respect de leur indépendance. De nombreuses entités lient les règles d'utilisation à la criticité des données ainsi qu'au lieu de leur stockage et de leur traitement.
Au cœur de la gestion du risque lié aux TIC des systèmes d'IA se trouve le cadre de gestion du risque lié aux TIC de l'art. 6 DORA — solide, complet, dûment documenté et partie intégrante de la gestion globale des risques (par. 1). Les systèmes d'IA doivent y être intégrés au même titre que les autres actifs de TIC ; la BaFin en cite les composantes : identification (art. 8), protection et prévention (art. 9), détection (art. 10), réponse et rétablissement (art. 11), apprentissage et évolution (art. 13) et communication (art. 14 DORA). Elle en déduit des éléments propres à l'IA : l'identification couvre les vulnérabilités de l'entraînement des modèles, des pipelines de données et de l'inférence, ainsi que des critères de risque quantitatifs et qualitatifs (art. 8 DORA) ; des mesures comme les méthodes d'entraînement adversarial ou la surveillance de la dérive des modèles doivent être documentées et réexaminées régulièrement (art. 9 DORA). DORA impose un réexamen du cadre au moins une fois par an (art. 6(5) DORA) ; à la demande de l'autorité, un rapport doit être remis dans un format électronique permettant les recherches, documentant notamment l'état des risques, les mesures et les faiblesses (art. 27 RTS RMF) — enrichi au besoin, selon le guide, d'informations propres à l'IA. La conclusion (chap. VI) est sans ambiguïté : « DORA fixe des exigences suffisantes ». À notre avis, cela plaide pour l'intégration plutôt que pour une structure parallèle.
Pour le développement et les tests, le guide s'appuie presque entièrement sur le RTS RMF. Les points d'ancrage sont la gestion de projets TIC (art. 15), des spécifications intégrant des exigences de sécurité telles que la protection contre la manipulation (art. 16) et une gestion des changements avec vérification indépendante, tests documentés, procédures de repli et règles pour les changements d'urgence (art. 17 RTS RMF). La BaFin juge en outre utile de documenter algorithmes, données et paramètres, ainsi que de gérer les versions et d'archiver toutes les versions des modèles. L'End-User Computing (EUC, informatique utilisateur) n'est pas une échappatoire : selon la BaFin, DORA ne distingue pas entre les développements réalisés au sein ou en dehors de la fonction TIC — l'art. 16(9) RTS RMF étend aussi, selon une approche fondée sur les risques, les exigences de développement et de test aux applications des métiers. Le code généré par l'IA obéit aux mêmes règles que le code écrit par des humains ; les appels de fonctions d'IA inconnus peuvent être détectés notamment par analyse statique du code (art. 16(3) RTS RMF). L'étendue des tests doit être proportionnée à la criticité (art. 16(2)), le code source doit faire l'objet d'une analyse statique et dynamique avant la mise en production (par. 3), et les logiciels propriétaires ainsi que, dans la mesure du possible, le code de prestataires tiers et de projets open source doivent être analysés et testés avant leur mise en service (par. 8). Selon la criticité, la BaFin cite les tests adversariaux, les tests d'intrusion adversariaux, les tests de résistance et l'implication de l'éditeur. Les systèmes d'IA développés en interne et en externe doivent être testés selon les mêmes standards (chap. VI).
Selon le chap. IV.1, les processus d'exploitation devraient couvrir l'ensemble du cycle de vie, jusqu'aux journaux d'inférence (art. 8 RTS RMF). Sont obligatoires une politique et des procédures de gestion des actifs (art. 8(4) DORA en liaison avec les art. 4 et 5 RTS RMF) ; le guide y inclut expressément les jeux de données d'entraînement, les implémentations de modèles, les bibliothèques logicielles et le matériel — jusqu'à l'origine et au lieu de stockage des données d'entraînement (art. 4(2)(b) RTS RMF). Capacités et performances doivent être surveillées conformément à l'art. 9 RTS RMF ; le guide prévoit à cet effet des procédures de surveillance automatisées. Pour la détection, la BaFin juge utile une surveillance continue (art. 10 DORA) et recommande, pour les fonctions critiques ou importantes, des seuils et des indicateurs de comportement anormal (art. 10(1), 2e alinéa, en liaison avec l'art. 10(2) DORA). Sont obligatoires en vertu de l'art. 10 RTS RMF des analyses automatisées des vulnérabilités — au moins hebdomadaires pour les actifs de TIC qui soutiennent des fonctions critiques ou importantes — ainsi que des délais et des procédures d'escalade pour les correctifs. Selon la criticité, l'IA relève de la gestion de la continuité des activités avec RTO et RPO (art. 12(6) DORA) ; les plans doivent être testés au moins une fois par an (art. 11(6)(a) DORA, art. 25 RTS RMF), en y associant les prestataires tiers de services TIC (art. 11(4), art. 28 DORA). Pour la désinstallation, la BaFin juge pertinentes des règles prévoyant de supprimer les modèles de manière irréversible et de désactiver les versions obsolètes (art. 8(2)(a)(i) RTS RMF).
Comme de nombreux systèmes d'IA ne peuvent être exploités sans services cloud, le chap. IV.2 transpose à l'IA certains aspects de la communication prudentielle de la BaFin sur l'externalisation vers des fournisseurs de cloud du 1er février 2024. Avant la conclusion du contrat interviennent l'évaluation des risques (art. 28(4)(c) DORA), les vérifications préalables (art. 28(4)(d)) et l'examen des conflits d'intérêts (art. 28(4)(e)) ; selon le guide, les entités financières devraient aussi tenir compte des changements de modèle effectués par le prestataire, comme un réentraînement, ainsi que du risque de fuites de données non autorisées — y compris vers le fournisseur de cloud. Il faut déterminer si et comment des sous-traitants peuvent être sollicités (art. 30(2)(a) DORA) ; pour les sous-traitances propres à l'IA, telles que bibliothèques de ML ou fermes de GPU, qui soutiennent des fonctions critiques ou importantes, l'établissement garde une vue d'ensemble des intervenants, des lieux (art. 30(2)(b)) et de l'effet des longues chaînes (art. 29(2) DORA). Pour ces fonctions, les SLA et les accords de sécurité ont leur place dans le contrat (art. 30(3)(a) et (c) DORA), généralement aussi sur la latence et la capacité de calcul, de même que les droits d'audit jusqu'au sous-traitant (art. 30(3)(e) DORA ; art. 3(1)(d) et art. 4(1)(j) RTS sous-traitance). Pour la sortie (art. 28(7) et (8) DORA), la BaFin recommande des modèles, données d'entraînement et scripts de configuration exportables, des formats d'export clarifiés en amont et une évaluation explicite de la dépendance fournisseur (vendor lock-in).
Les systèmes d'IA sont des cibles attrayantes, car ils traitent des données sensibles et sont parfois intégrés aux processus décisionnels (chap. V.1). DORA exige des politiques de sécurité des TIC (art. 9(2) DORA) ; selon le guide, elles devraient tenir dûment compte des systèmes d'IA — avec la sécurité des réseaux, la sécurité des transmissions de données (art. 2(1) RTS RMF) ainsi que la sécurité des données et des systèmes (art. 11 RTS RMF). Parmi les mesures, il cite notamment la segmentation selon la criticité (art. 13 RTS RMF), les pare-feu applicatifs web et les passerelles d'API, le contrôle d'accès fondé sur les rôles (art. 9(4)(c) DORA, art. 21(a) RTS RMF), une journalisation protégée contre la falsification (art. 12 RTS RMF) et des filtres contre les entrées adversariales. Les tests de résilience sont exigés par DORA lui-même (art. 24 et 25 DORA). Selon le chap. V.2, le fondement le plus important de la sécurité des données est la classification : elle détermine comment et où les données peuvent être traitées ; le chiffrement et la gestion des clés en découlent (art. 6 et 7 RTS RMF), les transferts doivent être sécurisés (art. 14 RTS RMF). DORA ne régit pas la qualité des données au-delà de leur intégrité. Les incidents majeurs liés aux TIC doivent être notifiés (art. 19 DORA) — y compris ceux qui touchent des systèmes d'IA. La BaFin recommande de marquer les incidents d'IA comme tels dans le processus de l'art. 17 DORA et de conclure des accords de notification avec les fournisseurs de cloud.
Test de périmètre : quel niveau de contrôle pour votre système d'IA ?
Cinq questions fondées sur les art. 2, 4 et 16 DORA, la définition du système d'IA et l'étude de cas. Le résultat indique si le guide vous concerne et quelles exigences sont prioritaires — une orientation, pas un conseil juridique.
- 1?
1: Votre établissement est-il une entité financière au sens de l'art. 2 DORA (p. ex. établissement de crédit, entreprise d'assurance, entreprise d'investissement, établissement de paiement ou de monnaie électronique, société de gestion) ?
Votre établissement est-il une entité financière au sens de l'art. 2 DORA (p. ex. établissement de crédit, entreprise d'assurance, entreprise d'investissement, établissement de paiement ou de monnaie électronique, société de gestion) ?
La référence est la liste de l'art. 2(1)(a) à (t) DORA ; selon l'art. 2(2) DORA, ces entités sont désignées collectivement comme « entités financières ». Les prestataires tiers de services TIC n'en font pas partie. Le guide cite comme destinataires en particulier les établissements CRR et les entreprises d'assurance relevant de Solvabilité II.
Le guide n'est pas pour vous une référence directe
Le guide s'adresse aux entités financières au sens de l'art. 2(2) en liaison avec l'art. 2(1)(a) à (t) DORA ; les prestataires tiers de services TIC n'en font pas partie. Il reste utile comme bonne pratique — surtout si vous fournissez des services d'IA ou de cloud à des entités financières : vos clients doivent convenir avec vous des principales dispositions contractuelles prévues à l'art. 30 DORA.
- En tant que prestataire d'entités financières, préparer description des services, lieux, SLA, droits d'audit et assistance à la sortie conformément à l'art. 30 DORA.
- Connaître les points propres à l'IA du chap. IV.2 : transparence sur les changements de modèle, sous-traitants comme les fermes de GPU et modèles exportables.
- Indépendamment de DORA, vérifier quelles obligations le règlement sur l'IA (règlement (UE) 2024/1689) vous impose en tant que fournisseur ou déployeur.
Cadre simplifié : hors champ — mais utilisable par analogie
Selon la BaFin, les exigences relatives au cadre simplifié de gestion du risque lié aux TIC de l'art. 16 DORA appellent un examen distinct et ne font pas l'objet du guide. Vos obligations découlent de l'art. 16 DORA et du titre III du RTS RMF (art. 28 à 41). À notre avis, la logique de cycle de vie du guide reste néanmoins une grille d'analyse utile — appliquée de manière proportionnée.
- Partir des obligations de l'art. 16 DORA et du titre III du RTS RMF (art. 28 à 41) — et non du guide.
- Tenir compte des indications de la communication prudentielle de la BaFin du 21 août 2025 sur le cadre simplifié de l'art. 16 DORA.
- Recommandation VamiSec : reprendre de manière proportionnée l'inventaire de l'IA, la classification des données et les règles applicables aux assistants IA des logiciels standard.
Gestion ordinaire du risque TIC — en gardant un œil sur l'IA cachée
Sans système d'IA au sens de l'art. 3(1) du règlement sur l'IA, la gestion ordinaire du risque lié aux TIC selon les art. 5 à 15 DORA s'applique. Réexaminez toutefois régulièrement cette appréciation : selon le chap. III.2, il est difficile de déterminer si des applications intègrent des modèles d'IA externes via des API — un logiciel conçu comme non-IA peut ainsi devenir un système d'IA.
- Vérifier lors des tests si les nouveaux logiciels et les mises à jour appellent des modèles d'IA externes via API (chap. III.2).
- Examiner les bibliothèques open source et le code généré par l'IA à la recherche de fonctions d'IA inconnues, notamment par analyse statique du code (art. 16(3) RTS RMF).
- Recenser les assistants IA des logiciels standard — selon l'étude de cas, ils peuvent être appelés à l'insu des utilisateurs (variante 3).
Système d'IA sans fonction critique ou importante : piloter de manière proportionnée
Le guide vous concerne ; vous dimensionnez le niveau de contrôle selon l'art. 4 DORA. Cas typique : un assistant IA entièrement placé sous supervision humaine et non intégré aux processus décisionnels — selon le chap. I.2, il nécessite des mesures moins étendues qu'une IA dans des fonctions critiques ou importantes. Les obligations de base de DORA s'appliquent néanmoins — y compris l'art. 28 DORA en cas de recours à des prestataires tiers de services TIC.
- Inscrire les composants d'IA à l'inventaire des actifs et les classifier (art. 8(4) DORA en liaison avec les art. 4 et 5 RTS RMF).
- Ne faire traiter que des données classifiées et validées et piloter les accès selon les rôles (étude de cas, phase 1 ; art. 21 RTS RMF).
- Tester avant la mise en service — dans une mesure proportionnée à la criticité (art. 16(2) RTS RMF).
- Enregistrer les incidents d'IA comme incidents liés aux TIC (art. 17 DORA) et les marquer comme incidents d'IA (recommandation selon le guide, chap. V.3).
- Recommandation VamiSec : réexaminer la classification à chaque extension et au plus tard lors du réexamen annuel du cadre de gestion du risque lié aux TIC (art. 6(5) DORA).
Fonction critique ou importante ou participation à des décisions, en exploitation interne : contrôle maximal
Selon le chap. I.2, les applications d'IA dans des fonctions critiques ou importantes nécessitent des mesures de sécurité et de contrôle plus étendues. Si votre système, sans soutenir de fonction critique ou importante, est seulement intégré à des processus décisionnels, nous appliquons par précaution le même niveau de contrôle (classification VamiSec). Si vous exploitez le système sur votre propre infrastructure, vous avez, selon l'étude de cas (variante 1), le contrôle total des actifs de TIC — mais vous portez aussi tous les risques liés au développement, à l'exploitation et à la maintenance, y compris les risques de compétences et de capacités.
- Faire approuver la stratégie IA par l'organe de direction (pratique selon le guide, chap. II.2) — il assume la responsabilité ultime des risques liés aux TIC (art. 5(2)(a) DORA).
- Selon la criticité, prévoir tests adversariaux, tests d'intrusion adversariaux et tests de résistance (pratique selon le guide, chap. III.2) ; l'obligation porte sur une étendue des tests proportionnée à la criticité (art. 16(2) RTS RMF).
- Définir des seuils et des indicateurs de comportement anormal et vérifier régulièrement leur efficacité (art. 10(1), 2e alinéa, en liaison avec l'art. 10(2) DORA).
- Intégrer l'IA aux plans de continuité des activités et de rétablissement, fixer RTO et RPO, tester au moins une fois par an (art. 11(6)(a), art. 12(6) DORA ; art. 25 RTS RMF).
- Human-in-the-Loop pour les réponses et recommandations d'IA critiques pour la sécurité ; le cas échéant, restreindre l'usage des LLM dans ces fonctions (étude de cas, phase 4).
- Gestion des accès étroitement contrôlée et capacité matérielle dimensionnée pour la puissance de calcul attendue, vérifiée régulièrement (étude de cas, variante 1 ; art. 9 et 21 RTS RMF).
Fonction critique ou importante ou participation à des décisions, avec prestataire : contrôle maximal plus risque lié aux tiers
Les points du contrôle maximal restent valables par analogie ; s'y ajoutent les art. 28 à 30 DORA. La stratégie de sortie prévue à l'art. 28(8), les clauses contractuelles étendues de l'art. 30(3) DORA et le RTS sous-traitance ne s'appliquent toutefois que si le service TIC soutient une fonction critique ou importante — si votre système d'IA est seulement intégré à des processus décisionnels, reprenez ces points à titre de recommandation VamiSec. Dans votre propre tenant (variante 2), l'étude de cas situe le risque principal dans la dépendance vis-à-vis de l'exploitant du modèle, sauf recours à une implémentation open source. En dehors du tenant (variante 3), il tient au fait que les données quittent le tenant et sont transmises au fournisseur du modèle — ce qu'il convient de contrer par des mesures contractuelles et techniques.
- Avant la conclusion du contrat : évaluation des risques incluant les changements de modèle par le fournisseur, vérifications préalables et conflits d'intérêts (art. 28(4)(c) à (e) DORA).
- Rendre transparents les sous-traitants comme les fermes de GPU et les bibliothèques de ML, les lieux et l'effet de chaîne (art. 30(2)(a) et (b), art. 29(2) DORA).
- Convenir de SLA couvrant latence et capacité de calcul ainsi que de droits d'audit jusqu'au sous-traitant (art. 30(3)(a), (c) et (e) DORA ; RTS sous-traitance).
- Stratégie de sortie avec modèles, données d'entraînement et scripts de configuration exportables, évaluation du vendor lock-in (art. 28(7) et (8), art. 30(3)(f) DORA) ; contre la dépendance, le cas échéant plusieurs modèles de fournisseurs différents (variante 2).
- Pour la variante 3 : restreindre fonctions et téléversements par groupe d'utilisateurs, Governance Shield, conditions d'utilisation présentées avant chaque usage, le cas échéant niveau d'accès aux données réduit (étude de cas).
- Inscrire l'accord au registre d'informations (art. 28(3) DORA) et régler avec le fournisseur la notification des incidents d'IA (chap. V.3).
- Votre établissement est-il une entité financière au sens de l'art. 2 DORA (p. ex. établissement de crédit, entreprise d'assurance, entreprise d'investissement, établissement de paiement ou de monnaie électronique, société de gestion) ?
- Appliquez-vous le cadre simplifié de gestion du risque lié aux TIC de l'art. 16 DORA ?
- Utilisez-vous un système d'IA — ou une application (même un logiciel standard) intègre-t-elle des modèles d'IA externes via une API ?
- Le système d'IA soutient-il une fonction critique ou importante, ou est-il intégré à des processus décisionnels ?
- Le système d'IA fonctionne-t-il en dehors de votre propre tenant (locataire cloud) ou est-il fourni par un prestataire tiers de services TIC (p. ex. API de LLM, fonction d'IA d'un logiciel standard) ?
Navigateur du cycle de vie de l'IA : six phases, deux thèmes transversaux
Choisissez une phase de l'étude de cas de la BaFin ou un thème transversal. Vous y trouverez les risques typiques, les dispositions pertinentes de DORA et du RTS RMF, les mesures que le guide de la BaFin décrit comme éprouvées, une question d'audit ainsi que les preuves à présenter à l'audit interne et dans le dialogue avec l'autorité de surveillance. Les mesures du guide sont données à titre d'exemple ; seules sont contraignantes les obligations découlant de DORA et du RTS RMF, auxquelles renvoient les ancrages juridiques. L'affectation des dispositions aux phases, la cotation des risques, les questions d'audit et les preuves sont des appréciations de VamiSec.
Collecte & préparation des données
Un risque important que l'étude de cas relève pour chaque variante d'infrastructure : l'application d'IA traite des données qui n'ont pas été autorisées pour elle. L'étude de cas juge donc indispensable une classification exhaustive par niveaux de confidentialité — le chap. VI souligne qu'elle peut exiger des efforts importants. DORA ne régit en revanche pas la qualité des données au-delà de leur intégrité ; le guide la rattache à la gouvernance de l'IA.
RéférenceChap. IV.1 et V.2 du guide ; étude de cas, phase 1
Risques typiques
- L'application d'IA traite des données qui n'ont pas été autorisées pour elle ou ne sont pas classifiées (élevé)
- Des données manipulées ou erronées dégradent les performances et la sécurité du modèle (intégrité des données) (élevé)
- Attaques par inférence : déduction de données personnelles au moyen de requêtes multiples (moyen)
- Provenance, lieux de stockage et responsabilités flous pour les données d'entraînement (moyen)
- Biais et défauts de qualité des données — au-delà de l'intégrité, non régis par DORA (faible)
Ancrages juridiques
Mesures éprouvées selon le guide
- Détecter les données confidentielles de manière automatisée dans la mesure du possible et les classifier par niveaux de confidentialité.
- Politique zero trust : l'application d'IA n'accède qu'aux données autorisées ; les utilisateurs accèdent aux données via un modèle fondé sur les rôles.
- Former de manière approfondie les utilisateurs à l'application d'IA ainsi qu'à la sélection et à la préparation des données.
- Recourir, dans la mesure du possible, à la confidentialité différentielle (differential privacy) pour protéger les données personnelles contre les déductions tirées de requêtes multiples.
- Tokeniser les données sensibles avant leur traitement par l'assistant IA.
- Contrôler et nettoyer les données avant usage — validation automatisée ou échantillonnage manuel — afin de détecter et d'éviter les biais.
- Recenser les jeux de données d'entraînement comme actifs informationnels : documenter de façon traçable leur provenance, leur lieu de stockage au fil du cycle de vie et les responsabilités (art. 4(2)(b) RTS RMF).
- Chiffrer les données selon leur classification — au repos, en transit et, si nécessaire, en cours d'utilisation (art. 6(2) RTS RMF).
Pouvez-vous démontrer, pour chaque cas d'usage de l'IA, quelles catégories de données il est autorisé à traiter — et empêcher techniquement que des données non autorisées y entrent ?
Preuves à présenter
- Politique de classification des données avec niveaux de confidentialité et règles d'autorisation par application d'IA
- Inventaire des données d'IA : sources d'entraînement, de fine-tuning et de RAG avec provenance, lieu de stockage et propriétaire
- Matrice des habilitations (RBAC) pour l'application d'IA et les sources de données, avec preuve de recertification
- Comptes rendus de contrôle et de nettoyage des données (règles de validation, échantillons)
- Attestations de formation des groupes d'utilisateurs à l'application d'IA
Développement & entraînement du modèle
Quiconque réentraîne des modèles (fine-tuning), les alimente en connaissances internes par génération augmentée par récupération (Retrieval Augmented Generation, RAG) ou se procure des modèles open source dans des dépôts partagés s'expose, selon l'étude de cas, à l'empoisonnement des données, des connaissances ou du modèle. Le guide ancre la défense dans les processus standard du RTS RMF : gestion de projet, spécifications, gestion des changements et tests — expressément aussi pour les applications développées par les utilisateurs (End-User Computing, EUC) et le code généré par l'IA.
RéférenceChap. III.1 du guide ; étude de cas, phase 2
Risques typiques
- L'empoisonnement des données (data poisoning) lors du (ré)entraînement modifie le comportement du modèle de façon inattendue (élevé)
- Empoisonnement des connaissances (knowledge poisoning) par des contenus non vérifiés de la base de connaissances RAG (élevé)
- Empoisonnement du modèle et portes dérobées (backdoors) dans des modèles open source ou issus de dépôts partagés (élevé)
- Code malveillant ou bibliothèques open source non maintenues dans l'entraînement et le développement (moyen)
- Le code généré par l'IA appelle des fonctions d'IA inconnues ; les développements EUC échappent aux processus standard (moyen)
Ancrages juridiques
Mesures éprouvées selon le guide
- Ne se procurer les données d'entraînement et de test qu'auprès de sources fiables ; (ré)entraîner les modèles uniquement avec des données internes vérifiées et validées.
- Vérifier et valider la base de connaissances RAG (contexte, grounding) avant son intégration ; une équipe de gouvernance des données peut autoriser les données destinées au traitement par l'IA.
- Documenter et versionner l'ensemble du processus d'entraînement ; le contrôle de version des modèles permet un retour arrière (rollback) en cas de dysfonctionnement ou d'entraînement défaillant.
- Examiner le code source des modèles publics à la recherche de portes dérobées et de code malveillant, garantir l'intégrité des dépôts et des fournisseurs de modèles ; n'utiliser que des bibliothèques sans vulnérabilités connues.
- Analyses de sécurité contre les manipulations cachées dans le modèle et les données d'entraînement ; pour les modèles pré-entraînés, cadre d'audit avec XAI, détection d'anomalies, tests d'intrusion et red teaming.
- Tenir des spécifications techniques intégrant des exigences de sécurité telles que la protection contre la manipulation, et y décrire algorithmes, données et paramètres (art. 16 RTS RMF).
- Gestion de projet robuste, de la planification à l'exploitation, environnement de développement et de test isolé, changements soumis à une vérification indépendante et assortis de procédures de repli (art. 15 et 17 RTS RMF).
- Contrôler le code généré par l'IA par analyse statique pour repérer les appels de fonctions d'IA inconnues ; soumettre les développements EUC aux mêmes processus (art. 16(3) et (9) RTS RMF).
Qui autorise les données d'entraînement, de fine-tuning et de RAG — et pouvez-vous reproduire ou restaurer chaque version de modèle en production avec l'état de ses données ?
Preuves à présenter
- Procès-verbaux d'autorisation des données d'entraînement, de fine-tuning et de RAG (équipe de gouvernance des données)
- Historique versionné des modèles et de l'entraînement, avec rollback testé
- Rapports d'examen des modèles et bibliothèques open source : provenance, vulnérabilités, recherche de portes dérobées
- Spécification technique décrivant algorithmes, données, paramètres et exigences de sécurité
- Résultats de l'analyse statique du code généré par l'IA et des applications EUC
Déploiement & intégration du modèle
Si l'assistant IA n'est pas implémenté de manière sécurisée, des attaquants peuvent, selon l'étude de cas, accéder sans autorisation aux systèmes internes ou exfiltrer des informations sur le modèle. Avant la mise en production s'appliquent les obligations de test et d'approbation du RTS RMF (art. 16(2), (3) et (8)) ; le guide cite comme difficulté particulière le fait de détecter si une application intègre des modèles d'IA externes via une API et devient ainsi, sans que cela ait été prévu, un système d'IA.
RéférenceChap. III.2 du guide ; étude de cas, phase 3
Risques typiques
- Une implémentation non sécurisée ouvre des accès non autorisés aux systèmes internes (élevé)
- L'intégration non détectée de modèles d'IA externes via API transforme un logiciel, à l'insu de tous, en système d'IA (élevé)
- Exfiltration d'informations sur le modèle, jusqu'au vol du modèle (moyen)
- Attaques par saturation (déni de service) visant la couche API (moyen)
- Des modifications non annoncées de modèles fournis par des tiers compliquent les tests (moyen)
Ancrages juridiques
Mesures éprouvées selon le guide
- Élaborer et documenter des tests selon la criticité ; vérifier que le système d'IA est adapté à l'usage prévu (art. 16(2) RTS RMF).
- Tester le code source de manière statique et dynamique avant la mise en production ; analyser au préalable les logiciels propriétaires, tiers et open source (art. 16(3) et (8) RTS RMF).
- Identifier lors des tests si des applications intègrent des modèles d'IA externes via des API ; examiner les fonctions open source pour repérer toute fonctionnalité d'IA inconnue.
- Selon la criticité, tests adversariaux (p. ex. data poisoning, évasion), tests d'intrusion adversariaux et tests de résistance ; pour la GenAI, procédures de test propres au cas d'usage.
- Pour les systèmes d'IA achetés, associer l'éditeur aux tests et obtenir les preuves de leur réalisation.
- Déployer les assistants IA dans un environnement cloud isolé, sans accès direct à Internet, et les séparer des autres systèmes de TIC par conteneurisation.
- Authentification multifacteur et politiques d'accès conditionnel : seuls les utilisateurs autorisés disposant d'appareils de l'entreprise accèdent à l'assistant IA.
- Examiner de manière critique les interfaces avec les systèmes de l'entreprise (human-in-the-loop, p. ex. validation par le propriétaire des données) ; chiffrer les API, limitation de débit et protection DDoS.
Avez-vous vérifié avant la mise en production quels modèles d'IA externes vos applications appellent via API — et l'assistant est-il déployé de manière isolée et soumis à des tests adversariaux ?
Preuves à présenter
- Stratégie de test et procès-verbaux d'exécution selon la criticité, y compris tests adversariaux et tests de résistance
- Rapports SAST/DAST et analyse du code tiers et open source avant la mise en production
- Procès-verbal d'approbation de la mise en production (recette go-live)
- Documentation des interfaces et des flux de données, y compris isolation, MFA et accès conditionnel
- Preuves de test de l'éditeur pour les systèmes d'IA achetés
Exploitation & utilisation
Pour l'exploitation courante, l'étude de cas cite trois risques TIC : l'extraction d'informations confidentielles, y compris par injection de prompt, la divulgation de données confidentielles à des personnes non autorisées et l'accès aux systèmes connectés via les API des LLM. Elle range expressément les hallucinations parmi les problèmes sans lien direct avec les TIC. Sur le plan juridique, l'exploitation repose sur l'inventaire, la gestion des capacités, la détection et la continuité des activités au titre de DORA et du RTS RMF.
RéférenceChap. IV.1 du guide ; étude de cas, phase 4
Risques typiques
- Injection de prompt, y compris indirecte via des sites web contenant des instructions cachées destinées au LLM (élevé)
- Un assistant compromis ou défaillant divulgue des données confidentielles à des personnes non autorisées (élevé)
- Accès aux systèmes d'entreprise connectés via les accès API au LLM (élevé)
- Extraction de données d'entraînement confidentielles à partir de LLM réentraînés et accessibles au public (moyen)
- Goulets d'étranglement de capacité et pannes menaçant les processus appuyés sur l'IA (moyen)
Ancrages juridiques
Mesures éprouvées selon le guide
- Mettre à disposition des outils d'explicabilité permettant aux utilisateurs de comprendre pourquoi l'IA donne une réponse donnée.
- Formations à la sécurité de l'IA contre les erreurs d'interprétation et l'usage imprudent ; analyser quels prompts produisent quels effets et fixer des restrictions.
- Surveiller les interactions avec l'IA en fonction du contexte et identifier les activités anormales dans l'environnement de l'assistant.
- Attribuer des droits d'accès adaptés et examiner l'isolement des LLM ; restreindre, le cas échéant, l'usage des LLM pour les fonctions critiques ou importantes.
- Human-in-the-Loop : instaurer une vérification humaine obligatoire des réponses et recommandations de l'IA critiques pour la sécurité.
- Vérifier régulièrement les besoins en ressources et les performances ; surveiller l'infrastructure d'IA de façon automatisée pour éviter les goulets d'étranglement de capacité (art. 9 RTS RMF).
- Journaliser, selon une approche fondée sur les risques, les décisions de l'IA, les versions de modèle et les données d'entraînement, dans la mesure où la protection des données le permet ; fixer des seuils de comportement anormal pour les fonctions critiques ou importantes (art. 10 DORA).
- Intégrer les systèmes d'IA, selon leur criticité, aux plans de continuité des activités avec RTO/RPO, les tester au moins une fois par an, associer les prestataires tiers de services TIC (art. 11, 12 et 28 DORA).
Détectez-vous aujourd'hui si votre assistant IA divulgue des données confidentielles à des personnes non autorisées ou s'il est piloté par injection de prompt — et qui intervient alors ?
Preuves à présenter
- Inventaire de l'IA avec criticité, propriétaire, version de modèle et dépendances (art. 8(4) DORA)
- Dispositif de surveillance avec seuils, critères d'alerte et analyse des interactions avec l'IA
- Plan de continuité des activités avec RTO/RPO pour les systèmes d'IA et test annuel documenté
- Rapports de capacité et de performance de l'infrastructure d'IA
- Politique d'utilisation avec restrictions de prompts et attestations de formation
Maintenance, mises à jour & réponse aux incidents
Selon l'étude de cas, des versions logicielles obsolètes ou mal configurées peuvent ouvrir des failles de sécurité, en particulier avec les LLM open source. Sur le plan juridique s'appliquent ici la gestion des vulnérabilités et des correctifs (art. 10 RTS RMF) et le processus de gestion des incidents liés aux TIC (art. 17 DORA), dont la politique devrait idéalement, selon le guide, couvrir aussi les systèmes d'IA. L'obligation de notifier les incidents majeurs liés aux TIC (art. 19 DORA) peut également s'étendre à des incidents touchant des systèmes d'IA.
RéférenceChap. IV.1, V.1 et V.3 du guide ; étude de cas, phase 5
Risques typiques
- Versions logicielles obsolètes ou mal configurées, en particulier pour les LLM open source (élevé)
- Les manipulations de systèmes d'IA peuvent causer en peu de temps des dommages opérationnels considérables (élevé)
- Des incidents d'IA ne sont pas détectés, pas marqués comme tels ou pas notifiés à temps (élevé)
- Bibliothèques non maintenues présentant des vulnérabilités connues et non corrigées (moyen)
- Modifications de modèle non annoncées par le fournisseur, p. ex. réentraînement ou structure de modèle modifiée (moyen)
Ancrages juridiques
Mesures éprouvées selon le guide
- Piloter les mises à jour de l'assistant IA de façon automatisée au moyen d'un outil adapté ; utiliser des outils de gestion des correctifs pour combler rapidement les failles de sécurité.
- Analyses de vulnérabilités automatisées et régulières des bibliothèques, frameworks et du code source ; fixer des délais de correction clairs et des processus d'escalade (art. 10 RTS RMF).
- Mettre en place un plan de réponse aux incidents de sécurité (SIRP) pour les incidents propres aux assistants IA ; simuler des cyberattaques pour tester les délais de réaction.
- Définir, pour les changements d'urgence des systèmes d'IA, des processus d'approbation et d'évaluation permettant un déploiement à brève échéance (art. 17(1)(f) et (g) RTS RMF).
- Marquer les incidents d'IA comme tels, identifier les menaces propres à l'IA comme les données d'entraînement manipulées, évaluer impacts et niveaux de gravité, les intégrer au dispositif général de réponse aux incidents.
- Pour l'IA dans le cloud, convenir de modalités de notification des incidents et prévoir des ressources internes qualifiées pour l'évaluation et la réaction.
- Après un incident, analyse détaillée des causes profondes ; réinjecter les enseignements dans les systèmes, les modèles et les processus (art. 13(3) DORA).
- Audits externes réguliers et tableau de bord de conformité centralisé indiquant version de modèle, évaluations des risques et responsabilités.
En combien de temps corrigez-vous une vulnérabilité critique de votre pile IA — et votre processus de gestion des incidents marque-t-il les incidents d'IA comme tels et prévoit-il l'examen de l'obligation de notification au titre de l'art. 19 DORA ?
Preuves à présenter
- Rapports sur les correctifs et les vulnérabilités de la pile IA, avec preuve du respect des délais
- SIRP pour les assistants IA et compte rendu de la dernière simulation d'attaque
- Registre des incidents avec marquage IA, niveau de gravité et analyse des causes
- Tableau de bord de conformité (version de modèle, évaluation des risques, responsables) et rapports d'audit externe
- Accords contractuels de notification avec les fournisseurs de cloud et d'IA
Mise hors service & fin de vie
Une réutilisation incontrôlée ou une mise hors service non sécurisée peut entraîner l'utilisation abusive ou la fuite de données et de modèles historiques. L'étude de cas fait donc de la mise hors service des LLM et des sources de données associées une tâche à planifier, comme pour tout actif de TIC ; le chap. IV.1 rattache les exigences de désinstallation à l'art. 8(2)(a)(i) RTS RMF, le chap. IV.2 rattache la stratégie de sortie pour les applications d'IA soutenant des fonctions critiques ou importantes à l'art. 28(7) et (8) DORA.
RéférenceChap. IV.1 et IV.2 du guide ; étude de cas, phase 6
Risques typiques
- Utilisation abusive ou fuite de données historiques, d'interactions avec l'IA et de modèles après la mise hors service (élevé)
- Des versions de modèle obsolètes restent actives ou continuent d'être utilisées sans contrôle (moyen)
- D'anciens collaborateurs et des comptes expirés conservent l'accès à l'assistant IA (moyen)
- Modèles, données d'entraînement et configuration non exportables en cas de changement de fournisseur ou de sortie (moyen)
Ancrages juridiques
Mesures éprouvées selon le guide
- Encadrer la désinstallation dans les politiques et procédures ; veiller à ce que les modèles d'IA supprimés ne puissent pas être restaurés (art. 8(2)(a)(i) RTS RMF).
- Encadrer la désactivation des versions de modèle obsolètes afin d'en éviter tout usage abusif.
- Planifier la mise hors service des LLM et des sources de données associées comme pour tout actif de TIC.
- Supprimer toutes les données utilisées et les interactions historiques avec l'IA conformément au RGPD.
- Recourir à l'effacement cryptographique (cryptographic wiping) pour supprimer de façon sûre les données stockées de l'entreprise.
- Bloquer l'accès à l'assistant IA pour les comptes utilisateurs expirés et les anciens collaborateurs.
- Pour l'IA dans le cloud, clarifier en amont les formats d'export des modèles, données d'entraînement et métadonnées ; archiver périodiquement les données indépendamment du fournisseur (art. 28(8) DORA).
- Recommandation VamiSec : documenter la mise hors service comme un changement avec recette et obtenir des fournisseurs des attestations de suppression pour les modèles, les données et l'historique des interactions.
Disposez-vous, pour chaque système d'IA mis hors service, d'une preuve que les modèles, les données et l'historique des interactions ont été supprimés de manière irréversible et que tous les accès ont été bloqués ?
Preuves à présenter
- Procédure de mise hors service et de désinstallation des systèmes d'IA dans la politique d'exploitation
- Procès-verbaux de suppression, y compris effacement cryptographique et preuve de suppression conforme au RGPD
- Liste des versions de modèle désactivées avec date et responsable
- Preuve du blocage des comptes des anciens utilisateurs (recertification)
- Plan de sortie avec formats d'export clarifiés et sauvegarde des données indépendante du fournisseur
Gouvernance, organisation & cadre de gestion du risque lié aux TIC
Le chap. II pose les fondations de toutes les phases : comme les autres systèmes de TIC, les systèmes d'IA sont évalués selon leur profil de risque, leur complexité et les fonctions qu'ils soutiennent, puis intégrés au cadre de gestion du risque lié aux TIC. DORA impose de manière contraignante la responsabilité ultime de l'organe de direction (art. 5(2)(a) DORA) et le réexamen du cadre au moins une fois par an (art. 6(5) DORA). Une stratégie IA approuvée par l'organe de direction — autonome ou intégrée à une stratégie de niveau supérieur, le cas échéant fondée sur une feuille de route technologique — est présentée par le guide comme une pratique répandue, et non comme une obligation.
RéférenceChap. II.1 à II.3 du guide
Risques typiques
- Les systèmes d'IA sont absents du cadre de gestion du risque lié aux TIC et de l'inventaire (élevé)
- Responsabilité floue pour les résultats générés par l'IA dans les processus décisionnels (élevé)
- Organe de direction et collaborateurs sans connaissances suffisantes en IA (moyen)
- Dépendance stratégique envers un petit nombre de fournisseurs d'IA et de cloud (moyen)
- Fonctions de contrôle et audit interne associés trop tard ou sans indépendance (moyen)
Ancrages juridiques
Mesures éprouvées selon le guide
- Aligner la stratégie IA, le cas échéant appuyée sur une feuille de route technologique, sur les stratégies globale, de risque, TIC et de résilience opérationnelle numérique, et la faire approuver par l'organe de direction.
- Vérifier avant la mise en œuvre que tous les processus pertinents sont adaptés à l'IA ; documenter au niveau des processus les étapes liées à l'IA, de la stratégie à la mise hors service.
- Définir les responsabilités en fonction des fonctions concernées, par exemple pour l'utilisation des résultats générés par l'IA dans les processus décisionnels.
- Former l'organe de direction et les collaborateurs selon leurs missions, constituer des équipes d'experts, articuler l'informatique et les métiers de manière interdisciplinaire (art. 5(4) et 13(6) DORA).
- Définir des règles d'utilisation fondées sur les risques, en fonction de la criticité des données ainsi que du lieu de stockage et de traitement.
- Associer la fonction de gestion du risque lié aux TIC, les fonctions de contrôle et l'audit interne selon la criticité — de manière indépendante et sans conflit d'intérêts.
- Intégrer les systèmes d'IA au cadre de gestion du risque lié aux TIC : identifier les vulnérabilités dans l'entraînement, les pipelines de données et l'inférence ; documenter les méthodes d'entraînement adversarial et la surveillance de la dérive des modèles (art. 8 et 9 DORA).
- Réexaminer le cadre de gestion du risque lié aux TIC au moins une fois par an (art. 6(5) DORA) ; enrichir au besoin le rapport de réexamen visé à l'art. 27 RTS RMF d'éléments relatifs à l'IA.
Chaque système d'IA en production est-il couvert par le cadre de gestion du risque lié aux TIC — et votre organe de direction peut-il démontrer qu'il comprend les risques liés à l'IA et qu'il a statué sur la stratégie IA ?
Preuves à présenter
- Stratégie IA approuvée par l'organe de direction, ou volet IA de la stratégie de résilience opérationnelle numérique
- Matrice des rôles et responsabilités pour les systèmes d'IA et les décisions appuyées sur l'IA
- Attestations de formation de l'organe de direction et des collaborateurs travaillant avec l'IA (art. 5(4) et 13(6) DORA)
- Rapport annuel de réexamen du cadre de gestion du risque lié aux TIC, avec une section IA (art. 27 RTS RMF)
- Comptes rendus attestant l'association de la fonction de gestion du risque lié aux TIC, des fonctions de contrôle et de l'audit interne aux déploiements d'IA
Cybersécurité & sécurité des données
Les systèmes d'IA sont des cibles attrayantes, car ils traitent des données sensibles et peuvent être intégrés aux processus décisionnels ; selon le guide, la cybersécurité et la sécurité des données valent pour tous les éléments du cycle de vie de l'IA. DORA exige des politiques de sécurité des TIC (art. 9(2) DORA) — selon le guide, elles devraient tenir dûment compte des systèmes d'IA. Le RTS RMF précise la classification, le chiffrement, la segmentation des réseaux, les habilitations et la journalisation.
RéférenceChap. V.1 et V.2 du guide
Risques typiques
- Attaques classiques contre l'infrastructure d'IA et accès non autorisé aux modèles et aux données (élevé)
- Fuite et captation illicite de données d'IA, y compris au profit du fournisseur de cloud (élevé)
- Des entrées adversariales et des attaques par injection manipulent les résultats du système d'IA (élevé)
- Modification non autorisée de modèles faute de chiffrement et de signature (moyen)
- Attaques par déni de service depuis Internet contre les systèmes d'IA (moyen)
Ancrages juridiques
Mesures éprouvées selon le guide
- Pare-feu, IDS/IPS et modèles zero trust contre les attaques visant l'infrastructure d'IA ; mécanismes DLP contre la captation des données d'IA.
- Segmenter et durcir les réseaux selon la criticité : proxys web, pare-feu applicatifs web, passerelles API, protection DDoS, fermeture automatique des sessions à distance (art. 13 RTS RMF).
- Authentification stricte, RBAC et journalisation de tous les accès aux données et de toutes leurs modifications (art. 9(4)(c) DORA, art. 21(a) RTS RMF).
- Surveiller les systèmes d'IA en temps réel pour détecter les comportements anormaux ; journaliser les événements pertinents, les sorties et les appels API de façon inviolable (art. 12 RTS RMF).
- Mécanismes de protection contre les entrées adversariales (p. ex. filtres) et les attaques par injection ; limitation de débit contre le déni de service ; tests de résilience spécialisés pour l'IA.
- Classifier les données selon la confidentialité, l'intégrité et la disponibilité ; ce classement détermine comment et où les données peuvent être traitées et stockées.
- Chiffrer les données au repos, en transit et, si nécessaire, en cours d'utilisation, avec gestion des clés ; à défaut, environnement de traitement séparé et protégé (art. 6 et 7 RTS RMF).
- Chiffrer et signer les modèles, utiliser des conteneurs sécurisés, appliquer le zero trust aux services d'IA ; sécuriser et surveiller les transferts de données entre composants d'IA (art. 14 RTS RMF).
Les requêtes, sorties, versions de modèle et appels API sont-ils journalisés et surveillés de sorte que vous puissiez détecter rapidement une fuite de données ou une manipulation et en apporter la preuve forensique ?
Preuves à présenter
- Politique de sécurité des TIC comportant des règles propres à l'IA (art. 9(2) DORA)
- Plan du réseau et des flux de données avec segmentation des composants d'IA
- Politique cryptographique avec gestion des clés, registre des certificats (art. 7 RTS RMF) et preuve de signature des artefacts de modèle
- Politique de journalisation avec durées de conservation, protection contre la manipulation et raccordement à la surveillance de sécurité
- Rapports de tests de résilience spécialisés pour l'IA (entrées adversariales, injection)
Collecte & préparation des données
Étude de cas assistant IA : trois variantes d'infrastructure comparées — où se situent le contrôle et le risque ?
L'étude de cas du guide décline en trois variantes archétypiques un assistant IA fondé sur un LLM, qui aide les collaborateurs d'un prestataire de services financiers manipulant des données financières et clients sensibles à rédiger des textes, des e-mails et des présentations : sur site (on-premise), dans le cloud au sein du tenant propre à l'entité, et dans le cloud hors de ce tenant. Des formes mixtes sont possibles ; l'étude de cas laisse de côté les coûts d'investissement et d'exploitation. Les mesures sont données à titre d'exemple — l'étude de cas précise expressément qu'elle n'exprime aucune attente prudentielle.
L'entité financière exerce un contrôle total sur les actifs de TIC de l'application d'IA, mais assume tous les risques liés au développement, à l'exploitation et surtout à la maintenance du matériel et des logiciels. Selon l'étude de cas, le risque stratégique du modèle d'affaires et le risque opérationnel du système de TIC sont ici particulièrement marqués.
Contrôle et responsabilité sont concentrés en interne : l'entité implémente, maintient, entraîne et exploite elle-même le LLM.
Profil de risque
- Dépendance stratégiquemoyen
- Besoin en compétencesélevé
- Capacité & montée en chargeélevé
- Fuite de donnéesfaible
- Verrouillage fournisseurfaible
- Charge d'exploitation & maintenanceélevé
Appréciation de VamiSec fondée sur l'étude de cas — et non évaluation de la BaFin.
Ce que souligne la BaFin
- Capacités de stockage et de traitement propres : un logiciel d'IA développé en partie ou en totalité en interne fonctionne sur le matériel de l'entité — par exemple un LLM qu'elle implémente, maintient, entraîne et exploite elle-même.
- Contrôle total sur les actifs de TIC, mais aussi tous les risques liés au développement, à l'exploitation et surtout à la maintenance ; les risques spécifiques se manifestent principalement dans le développement du modèle et l'exploitation.
- L'implémentation et la maintenance, en particulier de modèles open source, exigent des connaissances suffisantes — la disponibilité de collaborateurs qualifiés constitue un risque stratégique.
- Si l'assistant IA n'est pas implémenté de manière sécurisée et mis à jour en continu, des accès non autorisés aux systèmes internes et l'exfiltration d'informations sur le modèle sont à craindre.
- Pas de montée en charge à volonté sans extension du matériel — contrairement aux variantes cloud : l'infrastructure doit être dimensionnée pour la puissance de calcul attendue, vérifiée régulièrement et adaptée si nécessaire.
Mesures
- Gestion des accès étroitement contrôlée — selon l'étude de cas, les effets d'accès incontrôlés sont bien plus importants avec l'IA que sans elle.
- Implémentation sécurisée et mise à jour continue de l'assistant IA, avec mises à jour automatisées et gestion des correctifs (étude de cas, phase 5).
- Gestion des capacités : dimensionner la puissance de calcul en amont, surveiller automatiquement les besoins en ressources et étendre le matériel en temps utile (art. 9 RTS RMF).
- Développer de manière ciblée les compétences d'implémentation et de maintenance des modèles open source et les tenir à jour par la formation (art. 13(6) DORA).
- Examiner le code source des modèles publics à la recherche de portes dérobées et de code malveillant, et garantir l'intégrité des dépôts (étude de cas, phase 2).
- Recommandation VamiSec : limiter le risque lié aux personnes clés grâce à un manuel d'exploitation, des règles de suppléance et des procédures documentées de redémarrage du modèle.
Le risque principal est de nature stratégique : la dépendance envers l'exploitant du modèle est forte si aucune implémentation open source n'est utilisée. S'y ajoutent le besoin en compétences, en particulier pour les logiciels open source, et des difficultés de gestion des capacités, car l'application d'IA ne peut pas toujours monter en charge au sein du tenant.
L'entité financière pilote le tenant, la configuration et les flux de données, le fournisseur de cloud fournit l'infrastructure — le risque lié aux prestataires tiers de services TIC reste partie intégrante de son propre cadre de gestion du risque lié aux TIC (art. 28(1) DORA).
Profil de risque
- Dépendance stratégiqueélevé
- Besoin en compétencesmoyen
- Capacité & montée en chargemoyen
- Fuite de donnéesmoyen
- Verrouillage fournisseurmoyen
- Charge d'exploitation & maintenancemoyen
Appréciation de VamiSec fondée sur l'étude de cas — et non évaluation de la BaFin.
Ce que souligne la BaFin
- Tenant propre dans un environnement cloud, où fonctionne l'assistant IA, par exemple un modèle open source implémenté en interne.
- Les flux de données ont certes lieu dans le cloud, mais exclusivement au sein du tenant de l'entité.
- Risque principal de nature stratégique : forte dépendance envers l'exploitant du modèle si aucune implémentation open source n'est utilisée.
- Le recours à plusieurs modèles de fournisseurs différents peut constituer une mesure d'atténuation — au prix toutefois d'une charge d'exploitation et de maintenance accrue.
- Les collaborateurs ont besoin de connaissances appropriées, en particulier pour les logiciels open source ; la montée en charge au sein du tenant n'étant pas toujours possible, une planification précoce des capacités peut être envisagée.
Mesures
- Envisager plusieurs modèles de fournisseurs différents pour réduire la dépendance envers l'exploitant du modèle — en prévoyant la charge d'exploitation et de maintenance accrue.
- Planification précoce des capacités ; pour les fonctions critiques ou importantes, des SLA couvrant aussi la latence et la capacité de calcul (art. 30(3)(a) DORA).
- Avant la conclusion du contrat, évaluation des risques incluant les futures modifications de modèle par le prestataire, vérifications préalables et examen des conflits d'intérêts (art. 28(4)(c) à (e) DORA).
- Garantir la capacité de sortie : clarifier en amont les formats d'export des modèles, données d'entraînement et scripts de configuration, évaluer explicitement le risque de verrouillage fournisseur, ou vendor lock-in (art. 28(8) DORA).
- Développer les compétences en exploitation cloud et en logiciels open source et former régulièrement les équipes (art. 13(6) DORA).
- Recommandation VamiSec : sécuriser techniquement la frontière du tenant (connexion réseau privée, aucun point de terminaison public du modèle) et vérifier régulièrement que les flux de données ne quittent effectivement pas le tenant.
Le risque principal est que les données quittent le tenant et parviennent au fournisseur du modèle. C'est typiquement le cas lorsqu'un grand modèle de langage du fournisseur de cloud est sollicité via une API ou appelé comme assistant IA depuis un logiciel standard — parfois à l'insu des utilisateurs.
Le modèle et le traitement se situent chez le fournisseur ; l'entité financière exerce son pilotage par voie contractuelle et par des contrôles techniques placés en amont, comme le Governance Shield — le risque lié aux prestataires tiers de services TIC reste partie intégrante de son cadre de gestion du risque lié aux TIC (art. 28(1) DORA).
Profil de risque
- Dépendance stratégiqueélevé
- Besoin en compétencesfaible
- Capacité & montée en chargefaible
- Fuite de donnéesélevé
- Verrouillage fournisseurélevé
- Charge d'exploitation & maintenancefaible
Appréciation de VamiSec fondée sur l'étude de cas — et non évaluation de la BaFin.
Ce que souligne la BaFin
- Cas typique : un grand modèle de langage du fournisseur de cloud est sollicité via une API ou appelé comme assistant IA depuis un logiciel standard — parfois à l'insu de l'utilisateur.
- Risque principal : les données quittent le tenant et parviennent au fournisseur du modèle ; il convient d'y remédier par des mesures contractuelles et techniques.
- Mesures techniques : restreindre les fonctionnalités pour certains groupes d'utilisateurs (notamment limiter les téléversements), filtrer les entrées confidentielles (Governance Shield), afficher les conditions d'utilisation de l'application d'IA avant chaque usage.
- Il est envisageable d'attribuer à l'application d'IA un niveau d'accès aux données réduit — c'est-à-dire limité aux données moins sensibles ; il faut alors veiller à ce que les utilisateurs ne puissent pas outrepasser ce classement de leur propre chef.
- Le contrôle technique de l'exploitation informatique et de la sécurité de l'information devrait s'aligner sur la communication prudentielle de la BaFin relative au cloud.
Mesures
- Restreindre les fonctionnalités par groupe d'utilisateurs, limiter les téléversements et afficher les conditions d'utilisation de l'application d'IA avant chaque usage.
- Exploiter un Governance Shield : un filtre qui vérifie, avant transmission, si les entrées contiennent des informations confidentielles.
- N'accorder à l'application d'IA qu'un niveau d'accès aux données réduit et garantir techniquement que les utilisateurs ne puissent pas l'outrepasser de leur propre chef.
- Intégrer le risque de fuite de données non autorisée — y compris vers le fournisseur de cloud — dans l'évaluation des risques et les vérifications préalables (art. 28(4) DORA) ; clarifier les lieux de traitement (art. 30(2)(b) DORA).
- Encadrer contractuellement la sous-traitance (art. 30(2)(a) DORA) ; pour les fonctions critiques ou importantes, garantir les droits d'audit également à l'égard des sous-traitants (art. 4(1)(j) RTS sous-traitance).
- Recommandation VamiSec : inventorier activement les fonctions d'IA des logiciels standard et les laisser désactivées par défaut jusqu'à la validation des catégories de données, du contrat et du Governance Shield.
Sur site
Quelles données dans quelle variante ?
Choisissez une catégorie de données. Le feu tricolore indique comment VamiSec classe les trois variantes d'infrastructure de l'étude de cas pour cette catégorie — de manière délibérément prudente et sous réserve de votre propre classification des données, de votre évaluation des risques liés aux TIC et de vos contrats.
Informations publiées ou dont la publication est autorisée, p. ex. informations produits, communiqués de presse, textes juridiques publics.
Acceptable : tous les flux de données restent dans l'infrastructure de l'entité ; les contrôles habituels d'exploitation et d'accès s'appliquent.
Acceptable : les flux de données restent dans le tenant de l'entité ; sous réserve de contrôles cloud conformes à la communication prudentielle de la BaFin relative au cloud.
Acceptable si les conditions d'utilisation de l'application d'IA s'affichent avant chaque usage et que les téléversements de documents internes sont limités.
Informations à usage interne sans lien avec des clients ou des personnes, p. ex. politiques internes, présentations internes, descriptions de processus.
Acceptable avec un accès aux données fondé sur les rôles et une politique zero trust, afin que l'application d'IA ne récupère que des données autorisées (étude de cas, phase 1).
Acceptable avec une configuration rigoureuse du tenant, un accès fondé sur les rôles et des vérifications préalables concernant le fournisseur de cloud (art. 28(4) DORA).
Uniquement avec des mesures complémentaires : Governance Shield, fonctionnalités restreintes par groupe d'utilisateurs, règles contractuelles sur l'utilisation des données par le fournisseur, lieux de traitement clarifiés.
Données clients et données personnelles, documents contractuels, informations financières non publiques — une fuite cause un préjudice sensible aux clients ou à l'entreprise.
Acceptable si les mesures de la phase 1 sont en place (classification, tokenisation, accès fondé sur les rôles) et que la gestion des accès et les mises à jour font l'objet d'un suivi étroit.
Uniquement avec des mesures complémentaires : chiffrement avec gestion des clés (art. 6 et 7 RTS RMF), tokenisation, évaluation du risque de fuite vers le fournisseur de cloud, lieux de traitement clarifiés.
Uniquement à titre exceptionnel, après examen au cas par cas, avec contrôles contractuels et techniques des fuites et tokenisation ; pour cette variante, l'étude de cas cite précisément un niveau d'accès aux données réduit comme mesure d'atténuation envisageable.
Données nécessitant une protection particulière, p. ex. informations privilégiées, données de sécurité et d'authentification, catégories particulières de données personnelles, données essentielles des fonctions critiques ou importantes.
Uniquement avec des mesures complémentaires : limitation stricte des finalités, segmentation, chiffrement, journalisation exhaustive et validation par le propriétaire des données (human-in-the-loop).
Uniquement après une analyse des risques documentée au cas par cas : environnement de traitement séparé et protégé, stricte limitation des finalités et validation par le propriétaire des données et la sécurité de l'information.
Non recommandé : le risque principal de cette variante est la fuite de données vers le fournisseur du modèle — à notre avis, les données strictement confidentielles n'ont pas leur place dans une application d'IA hors du tenant.
Confidentiel
Repère proposé par VamiSec sur la base du chap. V.2 et de l'étude de cas (notamment le « niveau d'accès aux données réduit » pour la variante 3) — et non prescription de la BaFin ; votre classification des données et votre analyse des risques font foi.
Les risques communs à toutes les variantes
Indépendamment de l'infrastructure, l'étude de cas décrit des risques importants dans chaque variante — présentés ici par phase du cycle de vie, avec les contre-mesures qu'elle cite à titre d'exemple.
- 01Collecte & préparation des données
L'application d'IA traite des données qui n'ont pas été autorisées pour elle. Parades selon l'étude de cas : classification par niveaux de confidentialité, politique zero trust, accès aux données fondé sur les rôles, tokenisation et, dans la mesure du possible, confidentialité différentielle (differential privacy).
- 02Développement & entraînement du modèle
Des données d'entraînement ou RAG manipulées (data poisoning ou knowledge poisoning) faussent le comportement de l'assistant ; les modèles open source et ceux issus de dépôts partagés peuvent être empoisonnés. Parades : uniquement des données vérifiées, contrôle de version avec rollback, recherche de portes dérobées, tests d'intrusion et red teaming.
- 03Déploiement & intégration du modèle
Des assistants implémentés sans sécurité suffisante ouvrent des accès aux systèmes internes ou laissent fuiter des informations sur le modèle. Parades : déploiement isolé, conteneurisation, MFA et accès conditionnel, API chiffrées, limitation de débit et protection DDoS.
- 04Exploitation & utilisation
Injection de prompt, extraction d'informations confidentielles, divulgation à des personnes non autorisées et accès via les API des LLM. Parades : outils d'explicabilité, formations, restrictions de prompts, détection d'anomalies, isolement et human-in-the-loop pour les réponses critiques pour la sécurité.
- 05Maintenance, mises à jour & réponse aux incidents
Des versions logicielles obsolètes ou mal configurées, en particulier pour les LLM open source, ouvrent des failles de sécurité. Parades : mises à jour automatisées et gestion des correctifs, SIRP pour les incidents d'IA, simulations d'attaques, audits externes et tableau de bord de conformité.
- 06Mise hors service & fin de vie
Des données et modèles historiques sont utilisés abusivement ou fuitent. Parades : planifier la mise hors service comme pour tout actif de TIC, supprimer les données et les interactions avec l'IA conformément au RGPD, effacement cryptographique, blocage des comptes des personnes ayant quitté l'entreprise.
Navigateur des références : les normes sur lesquelles le guide de la BaFin s'appuie pour l'IA
Selon notre décompte, le guide renvoie à 97 références distinctes — de DORA et du RTS RMF au RTS sous-traitance et à l'ITS registre d'informations, jusqu'au règlement sur l'IA (AI Act) et à la communication prudentielle sur le cloud de la BaFin. Chaque ligne indique l'intitulé officiel, la déclinaison propre à l'IA et le chapitre ; les particularités de citation sont signalées de façon neutre. Filtrez par acte juridique et domaine d'action, puis exportez votre sélection sous forme de liste de contrôle.
Décompte et classement : VamiSec, état octobre 2026. Selon notre règle de décompte, le guide cite 97 références distinctes : 54 DORA, 31 RTS RMF, 3 RTS sous-traitance, 1 ITS registre d'informations, 1 règlement sur l'IA, 1 lignes directrices de la Commission C(2025) 5053, 6 communication prudentielle sur le cloud (lettres citées ensemble comptées séparément, encadrés de citation comptés comme entrées distinctes). Dans cette liste, les six encadrés de citation DORA sont fusionnés avec l'article cité et les renvois globaux figurent sur des lignes distinctes — d'où 91 lignes. Intitulés d'après les versions officielles en français des textes de l'UE (traduction libre pour la communication prudentielle sur le cloud, qui n'existe pas en français), numéros de chapitre d'après la version originale allemande du guide (état au 18 décembre 2025) ; les domaines d'action, les remarques sur la précision des citations et les ancrages complémentaires signalés par « selon notre lecture » (non cités par le guide) relèvent de l'appréciation de VamiSec et ne constituent pas un conseil juridique. Le guide n'est pas contraignant — les obligations découlent de DORA, des RTS et des ITS, non du guide ; la communication prudentielle sur le cloud et les lignes directrices de la Commission ne sont pas non plus contraignantes en elles-mêmes.
Le guide en détail : 16 chapitres, de la gouvernance au cloud et à la notification des incidents
Les 16 chapitres passent en revue la nature juridique, la notion de système d'IA, le cycle de vie, la gouvernance, le cadre de gestion du risque lié aux TIC, le développement, les tests, l'exploitation et la mise hors service, le cloud et les prestataires tiers, la cybersécurité et la sécurité des données, la notification des incidents, l'étude de cas de l'assistant IA, la mise en perspective avec le règlement sur l'IA, le KI-MIG et les MaRisk ainsi que la feuille de route à 12 mois — à chaque fois avec la référence précise et une séparation nette entre obligation découlant de DORA et des RTS, pratique selon le guide et recommandation VamiSec.
Ce qu'est le guide — et ce qu'il n'est pas
Le 18 décembre 2025, la BaFin n'a pas publié de nouvelle réglementation, mais une aide à la lecture du droit en vigueur : le guide de la BaFin sur les risques liés aux TIC dans l'utilisation de l'IA par les entités financières montre comment DORA et les normes techniques associées se transposent aux systèmes d'IA. Bien situer ce document évite deux erreurs : le traiter comme un catalogue d'obligations, ou l'ignorer au motif qu'il n'est pas contraignant.
Genèse : du discours à la publication
Nikolas Speer, directeur exécutif de la supervision bancaire, a annoncé le guide le 4 décembre 2025 dans sa keynote « La supervision informatique dans le secteur financier : la première année de DORA », avec cette formule : « Pas un nouveau cahier des charges. Mais une aide. » Le 18 décembre 2025 a suivi le communiqué « Intelligence artificielle : la BaFin publie un guide sur les risques liés aux TIC ». Le document émane de la division CTF 5 de la direction Cyberrisques et technologie dans le secteur financier. La version allemande, « Orientierungshilfe zu IKT-Risiken beim Einsatz von KI in Finanzunternehmen » (état au 18 décembre 2025, 38 pages), est l'original ; la traduction anglaise « Guidance on ICT Risks in the Use of AI at Financial Entities » (version du 23 janvier 2026, 35 pages) a été publiée le 30 janvier 2026.
Nature juridique : non contraignant, mais pas un blanc-seing
Le guide se présente comme une « aide non contraignante », s'appuie notamment sur des échanges avec des entités financières, ne constitue « pas une interprétation contraignante de DORA par la BaFin » et « ne définit aucune attente prudentielle » (chap. I et I.2) ; les mesures de l'étude de cas sont elles aussi expressément données à titre d'exemple. Restent contraignants : DORA, le RTS RMF et le RTS sous-traitance. Le rapport annuel 2025 de la BaFin évoque toutefois des « attentes actualisées », qui auraient été communiquées sous la forme du guide. Aucune obligation n'en découle — mais, en tant que signal de la pratique de supervision, cette formulation mérite d'être prise au sérieux.
| Chapitre | Contenu | Références principales |
|---|---|---|
| I Introduction | Notion de système d'IA, objet, structure ; exemples d'application dans la banque et l'assurance | art. 2, 3(2), 4, 5–15, 16 DORA ; art. 3(1) du règlement sur l'IA (AI Act) |
| II Gestion du risque lié aux TIC de l'IA | Risques liés aux TIC découlant de l'utilisation de l'IA, gouvernance et organisation, cadre de gestion du risque lié aux TIC | art. 5, 6, 8–11, 13, 14 DORA ; art. 27 RTS RMF |
| III Développement et tests | Développement logiciel, End-User Computing, code généré par IA, tests de l'IA | art. 15–17 RTS RMF ; art. 5(4), art. 13(6) DORA |
| IV Exploitation et mise hors service | Processus d'exploitation et de désinstallation ; spécificités du cloud | art. 8(4), art. 9(3), art. 10–13, 28–30 DORA ; art. 4, 5, 8–10, 21, 25 RTS RMF ; RTS sous-traitance ; communication prudentielle de la BaFin sur le cloud |
| V Cybersécurité et sécurité des données | Cybersécurité, sécurité des données, notification des incidents majeurs liés aux TIC | art. 9, 17, 19, 24, 25 DORA ; art. 2, 5, 6, 7, 11–14, 17, 21, 22 RTS RMF |
| VI Conclusion | Messages clés et perspectives | pas de références propres |
| Étude de cas | Assistant IA fondé sur un LLM : six phases du cycle de vie, trois variantes d'infrastructure | aucune référence DORA ; renvoi à la communication prudentielle sur le cloud |
Sélection par chapitre ; l'ensemble des 97 références (selon notre décompte) figure dans le navigateur des références.
Destinataires et limites
Sont visées les entités financières au sens de l'art. 2(2) en liaison avec l'art. 2(1)(a) à (t) DORA, en particulier les établissements CRR et les entreprises d'assurance relevant de Solvabilité II ; le guide s'adresse avant tout aux entités surveillées par la BaFin qui doivent respecter les art. 5 à 15 DORA. Selon le guide, le cadre simplifié de l'art. 16 DORA appelle un examen distinct et n'est pas traité. Sur le fond, il s'agit exclusivement des risques liés aux TIC et de leur traitement au titre de DORA et des RTS complémentaires ; la méthodologie mathématique des modèles, y compris les données, le développement et la validation, reste hors champ (chap. I.1).
Le guide se conçoit comme un « document évolutif » (chap. I.3) ; la version de référence est actuellement celle du 18 décembre 2025 (DE) ou du 23 janvier 2026 (EN). La BaFin y renvoie déjà : dans sa publication « Risiken im Fokus 2026 » du 28 janvier 2026, qui cite notamment comme risques liés à l'IA les dépendances envers des fournisseurs tiers de cloud et de modèles d'IA ainsi que l'empoisonnement des données et des modèles (data et model poisoning), et dans l'entretien du BaFinJournal du 29 juillet 2026 consacré au KI-MIG, la loi allemande sur la surveillance du marché de l'IA et la promotion de l'innovation.
La notion de système d'IA : le règlement sur l'IA rencontre DORA
Le guide reprend la définition du règlement sur l'IA et la transpose dans le langage de DORA. Le résultat est simple et lourd de conséquences : un système d'IA est une combinaison d'actifs de TIC et d'infrastructure de TIC — et relève donc pleinement de l'inventaire, de l'évaluation des risques et des contrôles.
Trois étapes pour construire la notion (chap. I.1)
- 1Art. 3(1) AI ActReprendre la définition légale
Un système d'IA est un système automatisé conçu pour fonctionner à différents niveaux d'autonomie, qui peut faire preuve d'une capacité d'adaptation après son déploiement et qui, pour des objectifs explicites ou implicites, déduit, à partir des entrées qu'il reçoit, la manière de générer des sorties telles que des prédictions, du contenu, des recommandations ou des décisions qui peuvent influencer les environnements physiques ou virtuels.
- 2C(2025) 5053 final, point 11Interpréter « automatisé »
Les systèmes d'IA sont développés à l'aide de machines et fonctionnent sur celles-ci. Selon les lignes directrices de la Commission du 29 juillet 2025, la machine comprend du matériel (unités de traitement, mémoire, dispositifs de réseau, interfaces d'entrée et de sortie) et des logiciels (notamment code informatique, systèmes d'exploitation, applications).
- 3Art. 3(2) DORASituer dans DORA
Les systèmes d'IA constituent ainsi une sous-catégorie des réseaux et systèmes d'information. Il s'agit d'une combinaison d'actifs de TIC et d'infrastructure de TIC dans laquelle est implémenté un modèle mathématique complexe ; le modèle lui-même est un actif de TIC (logiciel).
Ne sont pas examinées les caractéristiques d'autonomie et de capacité d'adaptation au sens du règlement sur l'IA, ni la méthodologie mathématique des modèles, y compris les données utilisées, leur développement et leur validation. Le guide ne se demande donc pas si un modèle calcule bien, mais si le système dans lequel il tourne est sûr et résilient. La nature et la portée d'un système d'IA dépendent du cas d'espèce et doivent notamment correspondre à la finalité métier, à la situation de risque et au contexte.
IA cachée : quand un logiciel devient un système d'IA à l'insu de tous
Le chap. III.2 décrit la difficulté, lors des tests, de détecter si des applications intègrent des modèles d'IA externes, par exemple via des API — un logiciel conçu à l'origine comme application sans IA peut ainsi devenir un système d'IA. Le chap. III.1 ajoute que du code généré par IA peut appeler des fonctions d'IA inconnues de l'utilisateur. Selon l'étude de cas (variante 3), des assistants IA intégrés à des logiciels standard sont parfois appelés à l'insu des utilisateurs ; la conclusion relève qu'ils sont souvent inclus dans les logiciels standard.
| Composant | Classification | Ce que l'inventaire devrait refléter |
|---|---|---|
| Implémentation du modèle, y compris version et paramètres | Actif de TIC (logiciel) | identifiant, propriétaire, fonctions soutenues, criticité — art. 4(2)(b), art. 5 RTS RMF |
| Jeux de données d'entraînement et de test, base de connaissances RAG | Actif informationnel | origine, lieu de stockage au fil du cycle de vie, responsabilité — art. 4(2)(b) RTS RMF (chap. IV.1) |
| Bibliothèques logicielles, frameworks, logiciels développés en interne ou par des tiers | Actif de TIC (logiciel) | analyses de vulnérabilités et délais de correctifs — art. 10 RTS RMF |
| Matériel et infrastructure, p. ex. GPU, mémoire, réseau | Actif de TIC ou infrastructure de TIC | emplacement, interdépendances, capacité — art. 4(2)(b), art. 9 RTS RMF |
| IA externe via API ou dans un logiciel standard | peut faire de l'application un système d'IA | détecter, marquer comme composant d'IA, examiner le lien avec un tiers — chap. III.2, IV.2 |
Composants selon le chap. IV.1 : jeux de données d'entraînement, implémentations de modèles, bibliothèques logicielles, matériel, logiciels développés en interne ou par des tiers. Données de test, base de connaissances RAG, frameworks et affectation aux colonnes : classification VamiSec.
Conséquence pour l'inventaire : une politique et des procédures de gestion des actifs informationnels et des actifs de TIC sont obligatoires (art. 8(4) DORA en liaison avec les art. 4 et 5 RTS RMF). Selon le chap. IV.1, il y a lieu d'identifier, de classifier, de documenter et de surveiller en continu également les composants des systèmes d'IA. Qui n'inventorie que les « projets d'IA » passe à côté de l'IA qui entre dans l'entreprise avec la prochaine mise à jour d'un logiciel standard ou par une API.
Note de citation : dans des extraits de texte du PDF allemand, la référence aux lignes directrices de la Commission apparaît sous la forme « Rn. 116 » — il s'agit du point 11 suivi de la note de bas de page 6.
Le cycle de vie plutôt que la chaîne de valeur — et la proportionnalité
Que l'IA serve à la distribution ou au règlement des sinistres en dit peu sur ses risques liés aux TIC. Ce qui compte, c'est la manière dont le système est intégré au paysage TIC et la phase de son cycle de vie dans laquelle il se trouve. La profondeur des contrôles se règle ensuite selon l'art. 4 DORA.
Pourquoi le cycle de vie est le meilleur cadre de référence
Selon le chap. I.2, les risques spécifiques liés aux TIC sont sans rapport avec la place d'un système d'IA dans la chaîne de valeur ; ils découlent de son intégration dans le paysage TIC. C'est pourquoi le guide suit le cycle de vie de l'IA — de l'acquisition des données à l'exploitation courante et à la mise hors service, en passant par le développement du modèle et le déploiement. La sécurité et la résilience du système d'IA devraient être garanties à chaque phase, et les systèmes d'IA sont à prendre en compte dans le cadre de gestion du risque lié aux TIC existant. La figure 1 identifie cinq vecteurs d'attaque : les données et le modèle d'IA (chap. III), les entrées, les sorties et le système de TIC lui-même (chap. IV) ; la cybersécurité et la sécurité des données agissent de manière transversale (chap. V).
Domaines d'utilisation selon le chap. I
| Domaine | Utilisation selon le guide | Point de contrôle pour la criticité (VamiSec) |
|---|---|---|
| Banque · Distribution | Prévision de l'attrition de la clientèle | Quelles données clients sont utilisées, qui exploite le résultat ? |
| Banque · Octroi de crédit | Aide à l'examen des états financiers annuels | Intégration dans les décisions de crédit, contrôle humain final |
| Banque · Gestion de fonds | Synthèse de grands volumes de rapports d'analystes | Influence sur les décisions d'investissement |
| Assureur · Distribution et communication client | Des chatbots informent sur les caractéristiques des produits | Image externe, fuite de données, manipulation des sorties |
| Assureur · Tarification et souscription | tarification dynamique ou télématique, le cas échéant avec des données en temps réel ; évaluation des risques | Disponibilité et intégrité de l'alimentation en données |
| Assureur · Sinistres et prestations | gestion automatisée des entrées (routage des documents), aide au règlement des sinistres, p. ex. paiement automatique des petits sinistres, détection de la fraude | déclenchement automatisé de paiements sans examen au cas par cas |
| Transversal | Surveillance de la conformité, publications sur les réseaux sociaux, modèles de risque pour les exigences de fonds propres, assistants IA | Diffusion via les logiciels standard, influence sur le calcul des fonds propres |
Priorité actuelle selon le chap. I : communication client, gestion des sinistres et traitement des prestations, là où les gains d'efficacité les plus importants peuvent être réalisés. Troisième colonne : classification VamiSec, pas une position de la BaFin.
Proportionnalité selon l'art. 4 DORA
L'art. 4 DORA impose une application proportionnée de la gestion du risque lié aux TIC, en fonction de la taille, du profil de risque global ainsi que de la nature, de l'ampleur et de la complexité des services et des activités. Le guide transpose ce principe à l'IA : les applications intégrées à des fonctions critiques ou importantes nécessitent des mesures de sécurité et de contrôle plus étendues que, par exemple, des assistants libre-service fondés sur l'IA, entièrement placés sous supervision humaine et non intégrés aux processus décisionnels (chap. I.2). Comme les systèmes de TIC, les systèmes d'IA sont évalués selon leur profil de risque, leur complexité et les fonctions qu'ils soutiennent (chap. II.1). Le guide module expressément selon la criticité aux points suivants :
- Stratégie IA : gagne en importance lorsque l'IA soutient des fonctions critiques ou importantes (chap. II.2).
- Fonctions de contrôle et audit interne : implication lors de l'introduction en fonction de la criticité du système d'IA (chap. II.2).
- Tests : étendue proportionnée à la criticité (art. 16(2) RTS RMF) ; tests adversariaux et tests de résistance « selon la criticité » (chap. III.2).
- Détection : journalisation fondée sur les risques ; seuils et indicateurs de comportement anormal pour les fonctions critiques ou importantes (chap. IV.1).
- Cloud : SLA, stratégie de sortie, tests d'urgence et droits d'audit couvrant toute la chaîne de sous-traitance lorsque des fonctions critiques ou importantes sont soutenues (chap. IV.2).
Stratégie IA, organe de direction, compétences
Selon le guide, la gestion des risques commence au niveau stratégique. La conclusion en déduit un ordre de priorité : il y a lieu de définir d'abord des structures de gouvernance et d'organisation adaptées pour atténuer les risques liés aux TIC découlant des systèmes d'IA.
Stratégie IA et feuille de route technologique
Selon le chap. II.2, les entités financières élaborent « souvent » une stratégie IA alignée sur leur stratégie globale, leur stratégie de risque et, le cas échéant, leur stratégie TIC et leur stratégie de résilience opérationnelle numérique (stratégie DOR), et la font approuver par l'organe de direction — de manière autonome ou intégrée à une stratégie de niveau supérieur. Son poids s'accroît surtout lorsque l'IA soutient des fonctions critiques ou importantes. Elle peut s'appuyer sur une feuille de route technologique qui fixe les ressources, capacités et investissements TIC nécessaires au déploiement de l'IA ; une gestion continue de l'innovation aide à évaluer les nouvelles technologies d'IA. Il est judicieux de couvrir et de documenter dans un même processus toutes les étapes, de la stratégie à la mise hors service en passant par le développement. Selon le guide, il importe de vérifier, avant la mise en œuvre, si les processus concernés sont conçus pour l'IA et s'il existe une sensibilisation au traitement des actifs informationnels.
Obligation et pratique en un coup d'œil
| Thème | Obligation découlant de DORA | Pratique selon le guide |
|---|---|---|
| Responsabilité | Responsabilité ultime de l'organe de direction pour la gestion du risque lié aux TIC (art. 5(2)(a) DORA) | souvent, approbation de la stratégie IA par l'organe de direction |
| Connaissances de l'organe de direction | Maintenir à jour connaissances et compétences par des formations spécifiques régulières (art. 5(4) DORA) | compréhension suffisamment approfondie de l'IA pour évaluer les risques liés au développement logiciel (chap. III.1) |
| Compétences du personnel | Programmes de sensibilisation et de formation adaptés au domaine de responsabilité (art. 13(6) DORA) | formations à l'IA, développement des talents, équipes d'experts, transfert de connaissances, coopération entre l'informatique et les métiers |
| Règles internes | Cadre de gestion du risque lié aux TIC comprenant stratégies, politiques et procédures (art. 6 DORA) | règles d'utilisation fondées sur les risques, selon la criticité des données et le lieu de stockage et de traitement |
| Fonctions de contrôle | non cité ici par le guide ; point d'ancrage : art. 6(4) DORA (interprétation VamiSec) | implication de la fonction de gestion du risque lié aux TIC, des fonctions de contrôle et de l'audit interne selon la criticité, dans le respect de leur indépendance |
| Responsabilité des résultats de l'IA | pas de référence propre dans le guide | définir les responsabilités par fonction, p. ex. pour l'utilisation de résultats générés par l'IA dans les processus décisionnels |
Selon le chap. II.2, l'organe de direction porte en outre la responsabilité globale de la stratégie DOR et de l'allocation de moyens budgétaires adéquats au cadre de gestion du risque lié aux TIC.
Selon le chap. II.2, il est utile de formuler des exigences générales cohérentes avec la stratégie DOR et avec les politiques et directives en matière de sécurité de l'information. Les règles spécifiques aux prestataires tiers de services TIC et à leurs services devraient idéalement tenir compte d'une évaluation des risques, des indications du prestataire et des mesures propres de réduction des risques. Les exigences générales devraient être rapportées au cas d'usage, en vérifiant si des mesures supplémentaires spécifiques à l'IA sont nécessaires.
Ancrage des compétences : le guide fonde les exigences de compétences sur l'art. 5(4) et l'art. 13(6) DORA, et non sur l'art. 4 du règlement sur l'IA. La règle de maîtrise de l'IA du règlement sur l'IA s'applique en parallèle depuis le 2 février 2025 ; le règlement (UE) 2026/1744 l'a assouplie : au lieu de garantir, dans toute la mesure du possible, un niveau suffisant de maîtrise de l'IA, il s'agit désormais de prendre des mesures pour soutenir le développement de la maîtrise de l'IA.
L'IA dans le cadre de gestion du risque lié aux TIC
Le cœur de la gestion du risque lié aux TIC des systèmes d'IA est le cadre de gestion du risque lié aux TIC prévu à l'art. 6 DORA. Le guide ne crée pas de régime particulier : les systèmes d'IA sont à intégrer au cadre existant, comme les autres actifs de TIC — selon la conclusion, DORA fixe pour cela des « exigences suffisantes ».
L'art. 6(1) DORA exige un cadre de gestion du risque lié aux TIC solide, complet et dûment documenté, faisant partie du système global de gestion des risques. Le guide met cette disposition en exergue dans un encadré de citation et énumère notamment comme composantes du cadre : identification, protection et prévention, détection, réponse et rétablissement, apprentissage et évolution, ainsi que communication (art. 8 à 11, 13 et 14 DORA). Selon lui, l'intégration des systèmes d'IA comprend l'identification des vulnérabilités, par exemple dans l'entraînement des modèles, les pipelines de données ou l'inférence, ainsi que l'évaluation de critères de risque quantitatifs et qualitatifs (chap. II.3).
Ce que le guide déduit pour chaque composante de DORA
| DORA | Composante | Déclinaison IA selon le guide |
|---|---|---|
| Art. 8 | Identification | vulnérabilités dans l'entraînement, les pipelines de données et l'inférence ; inventaire incluant les composants d'IA (art. 8(4), chap. IV.1) |
| Art. 9 | Protection et prévention | documenter et réexaminer régulièrement des mesures telles que des méthodes d'entraînement adversarial ou la surveillance de la dérive des modèles ; en exploitation, mesures techniques de protection contre les attaques adversariales, l'empoisonnement des modèles et les attaques par inférence (par. 3, chap. IV.1) |
| Art. 10 | Détection | surveillance continue ; seuils et indicateurs de comportement anormal pour les fonctions critiques ou importantes (chap. IV.1) |
| Art. 11, 12 | Réponse, rétablissement, sauvegarde | intégrer les systèmes d'IA aux plans de continuité des activités selon leur criticité ; délais et points de rétablissement ; sauvegardes des artefacts de modèles et des jeux de données (chap. IV.1) |
| Art. 13 | Apprentissage | formations à l'IA (par. 6) ; les enseignements tirés des incidents alimentent les systèmes, les modèles, les processus et l'évaluation des risques liés aux TIC (par. 3) |
| Art. 14 | Communication | citée comme composante, sans déclinaison propre à l'IA |
Le chap. II.3 cite globalement les art. 8 et 9 DORA ; les exemples relatifs à l'IA sont des précisions apportées par le guide. L'art. 12 DORA n'apparaît qu'au chap. IV.1.
Point important pour la délimitation : l'étude de cas considère les hallucinations comme n'étant pas directement pertinentes sous l'angle des TIC (phase 4). Parmi les aspects de la qualité des données, seule l'intégrité est couverte par DORA ; pour les autres, le règlement ne contient aucune disposition (chap. V.2). La surveillance de la dérive des modèles apparaît comme une mesure de traitement à documenter, et non comme un risque lié aux TIC à part entière. Le guide présente les exigences de qualité des données comme un élément typique des structures de gouvernance de l'IA — une qualité élevée des données, surtout pour les données d'entraînement, reste une condition essentielle du recours à l'IA.
Réexamen annuel et rapport
Obligation : le cadre de gestion du risque lié aux TIC doit être réexaminé au moins une fois par an, ainsi qu'après des incidents majeurs liés aux TIC, des instructions des autorités de surveillance ou des constatations issues de tests et d'audits (art. 6(5) DORA). Un rapport sur ce réexamen est à remettre à l'autorité compétente à sa demande ; l'art. 27 RTS RMF impose pour cela un format électronique permettant les recherches. Les contenus obligatoires visés à l'art. 27(2) RTS RMF comprennent notamment une synthèse du profil de risque lié aux TIC actuel et à court terme et du paysage des menaces, la date d'approbation par l'organe de direction, les constatations avec leur niveau de gravité ainsi que les mesures correctives avec échéances et responsables. Le guide ajoute que le rapport peut, si nécessaire, être enrichi d'informations spécifiques aux systèmes d'IA.
Développement, End-User Computing et code généré par IA
Lorsque des entités financières développent elles-mêmes de l'IA, elles le font en règle générale dans le cadre des processus standard prévus à cet effet — avec un contrôle total sur les logiciels et les modèles, mais aussi avec toutes les obligations des art. 15 à 17 RTS RMF. Ce qui est nouveau, c'est l'ampleur : les assistants IA peuvent transformer des métiers extérieurs à la fonction TIC en développeurs.
Compétences : qui doit savoir quoi
Selon le chap. III.1, les collaborateurs chargés de tâches liées à l'IA sont confrontés au défi d'acquérir des compétences sur le fonctionnement des systèmes d'IA, sur leurs risques et sur les spécificités de l'exploitation dans le cloud et sur site ; plus la tâche est technique, plus les connaissances doivent être spécifiques. Compte tenu de la rapidité des progrès, le guide estime nécessaires des formations régulières et un suivi continu de la dynamique d'évolution. Pour l'organe de direction et le management, il renvoie à l'art. 5(4) et à l'art. 13(6) DORA. Lorsque des métiers construisent leurs propres applications à l'aide d'assistants IA, il cite l'art. 16(9) RTS RMF — cette disposition fonde l'égalité de traitement de l'End-User Computing ; les obligations de compétence elles-mêmes découlent de DORA.
Obligation et pratique dans le processus de développement
| Thème | Obligation découlant du RTS RMF | Pratique selon le guide |
|---|---|---|
| Gestion de projet | Politique couvrant objectifs, gouvernance, évaluation des risques du projet, tests et validation avant la mise en production ; rapport à l'organe de direction pour les projets concernant des fonctions critiques ou importantes (art. 15) | gestion de projet robuste couvrant planification, développement, tests, déploiement et exploitation |
| Spécification | Spécifications techniques et exigences de sécurité des TIC, protection contre la manipulation (art. 16(1)) | en plus, description des algorithmes, données et paramètres utilisés |
| Changements | Gestion des changements avec approbation indépendante, tests, procédures de repli et changements d'urgence (art. 17(1)) | toute modification du logiciel ou du matériel des systèmes d'IA est généralement soumise à une gestion stricte des changements avec examen indépendant |
| Gestion des versions | Pas d'obligation expresse ; le guide cite l'art. 17(1) et (2), les éléments porteurs étant la documentation (point (d)) et les procédures de repli (point (e)) | contrôle de version et archivage systématique de toutes les versions et de tous les paramètres des modèles |
| End-User Computing | Les par. 1 à 8 s'appliquent, selon une approche fondée sur les risques, également aux systèmes développés ou exploités en dehors de la fonction TIC, par exemple sous forme d'applications développées par les utilisateurs (art. 16(9)) | si un développement d'IA hors de la fonction TIC est indispensable, il suit les mêmes processus |
| Environnement de développement | Protection des données dans les environnements hors production (art. 16) | environnement sûr et isolé pour les expérimentations et les tests ; tests unitaires, tests d'intégration, revues de code |
Le guide cite le plus souvent globalement « art. 16 RTS RMF » ou « art. 17 RTS RMF » ; les indications de paragraphe sont des précisions de VamiSec. Pour l'environnement de développement isolé, il ne cite aucune disposition — le rattachement à l'art. 16 RTS RMF est une classification VamiSec.
Processus d'entraînement : quatre pratiques qui se sont révélées utiles selon le guide
- Les données d'entraînement et de test proviennent de sources fiables.
- Les bibliothèques (open source) et paquets logiciels utilisés pour l'entraînement ne contiennent aucune vulnérabilité connue.
- L'ensemble du processus d'entraînement est documenté et versionné.
- Des analyses de sécurité détectent les manipulations cachées dans le modèle ou dans les données d'entraînement.
Les bibliothèques open source — et, à l'extrême, un modèle open source implémenté, entraîné et exploité sur le propre matériel de l'entité — comportent selon le chap. III.1 deux risques supplémentaires : l'injection de code malveillant et des bibliothèques qui ne sont plus maintenues au bout de quelques années, laissant derrière elles des vulnérabilités identifiées mais non corrigées. Le code généré par IA obéit aux mêmes règles que le code écrit par des humains. La difficulté consiste à vérifier s'il appelle des fonctions d'IA inconnues de l'utilisateur ; cela peut notamment être établi par une analyse statique du code (art. 16(3) RTS RMF). Des analyses plus approfondies du code source peuvent apporter une assurance supplémentaire, et une documentation appropriée s'est avérée utile pour les tests ultérieurs.
Tester l'IA : de la revue du code source aux tests adversariaux
Les systèmes d'IA développés en interne et ceux développés par des tiers sont à analyser et à tester selon les mêmes standards — c'est ce qu'énonce la conclusion. Les obligations essentielles figurent à l'art. 16 RTS RMF ; le guide montre où les tests atteignent leurs limites avec l'IA et quelles formes de test se sont révélées appropriées.
Ce que le RTS RMF impose
Les entités financières doivent élaborer, documenter et mettre en œuvre des tests. L'étendue des tests doit être proportionnée à la criticité des processus métier et des actifs de TIC concernés et permettre de vérifier si les nouveaux systèmes de TIC — et donc les systèmes d'IA — sont adaptés à leur finalité prévue (art. 16(2) RTS RMF). Avant la mise en production, le code source doit être examiné à l'aide de méthodes statiques et dynamiques afin de détecter des anomalies, y compris par des tests de sécurité des systèmes exposés à Internet (art. 16(3) RTS RMF). Les logiciels propriétaires ainsi que, dans la mesure du possible, le code source fourni par des prestataires tiers de services TIC ou issu de projets open source sont à analyser et à tester avant leur mise en service (art. 16(8) RTS RMF).
Trois défis propres à l'IA (chap. III.2)
IA cachée
L'un des défis consiste à détecter si des applications intègrent des modèles d'IA externes, par exemple via des API — un logiciel conçu comme application sans IA peut ainsi devenir un système d'IA. Pour les bibliothèques open source, il est judicieux de s'assurer qu'elles ne contiennent pas de fonctions d'IA aux risques inconnus ou impossibles à atténuer (art. 16(3) RTS RMF).
IA générative
Les LLM à plusieurs milliards de paramètres se prêtent à des usages généraux et sont donc plus difficiles à tester qu'un logiciel conçu pour une finalité précise. Les tests peuvent exploiter la structure interne (probabilités d'un flux de tokens en réponse au prompt) ou être agnostiques (questions de test évaluées par des humains ou par un autre modèle).
Modifications de modèle non annoncées
Les modèles obtenus auprès de tiers peuvent changer sans préavis. Le chap. IV.2 ajoute : l'évaluation des risques avant la conclusion d'un contrat avec un fournisseur de cloud (art. 28(4)(c) DORA) devrait tenir compte d'un réentraînement ou de structures de modèle modifiées, même lorsque seul le prestataire les effectue.
Briques de test selon la criticité
| Brique de test | Fondement | sans fonction critique ou importante | avec fonction critique ou importante |
|---|---|---|---|
| Tests et validation avant utilisation et après maintenance | Obligation : art. 16(2) RTS RMF | test d'adéquation avec validation documentée | profondeur de test complète, tests de non-régression après chaque changement de modèle |
| Revue du code source, code de tiers et open source | Obligation : art. 16(3) et (8) RTS RMF | avant la mise en production, y compris recherche de fonctions d'IA cachées | en plus, revues manuelles plus approfondies |
| Tests GenAI propres au cas d'usage | Pratique : étude de cas, phase 2 | catalogue de questions de test avec évaluation agnostique | combinaison de méthodes fondées sur la structure et de méthodes agnostiques |
| Tests adversariaux, p. ex. empoisonnement des données, attaques par évasion | Pratique : chap. III.2 | selon les besoins | régulièrement et avant les changements importants |
| Tests d'intrusion adversariaux, red teaming | Pratique : chap. III.2 ; étude de cas, phase 2 | en cas d'exposition externe | régulièrement, le cas échéant en concertation avec le fournisseur de cloud |
| Tests de résistance : distributions de données modifiées, surcharge | Pratique : chap. III.2 | en cas de risques liés à la montée en charge | régulièrement |
| Implication de l'éditeur | Pratique : chap. III.2 | demander des preuves de tests | prévoir contractuellement la participation aux tests et les preuves |
| Programme de tests de résilience | Obligation : art. 24, 25 DORA | fondé sur les risques dans le programme de tests | au moins une fois par an (art. 24 DORA) |
Colonnes trois et quatre : gradation proposée par VamiSec sur la base de l'art. 4 DORA et de l'art. 16(2) RTS RMF — pas une position de la BaFin. Le programme de tests au titre de l'art. 24 DORA concerne les entités autres que les microentreprises ; le guide n'examine expressément pas les tests avancés fondés sur les TLPT (art. 26, 27 DORA) (chap. V.1).
Exploitation : inventaire, capacité, détection, continuité
L'exploitation des systèmes de TIC exige des processus définis — pour l'IA, idéalement selon qu'un LLM d'un prestataire cloud est raccordé ou qu'un logiciel développé en interne tourne dans le centre de données de l'entité. Le chap. IV.1 passe en revue, une à une, les obligations d'exploitation découlant de DORA et du RTS RMF appliquées à l'IA.
Les processus d'exploitation devraient couvrir l'ensemble du cycle de vie — développement, installation, exploitation et désinstallation — et documenter toutes les activités d'exploitation, par exemple les journaux des processus d'inférence des modèles (art. 8 RTS RMF). Les actifs informationnels et les actifs de TIC, y compris les composants d'IA, sont à identifier, classifier, documenter et surveiller en continu (art. 8(4) DORA en liaison avec les art. 4 et 5 RTS RMF ; voir chapitre 2). Le guide qualifie les droits d'accès fondés sur les rôles aux modèles d'IA et aux données d'entraînement d'outil efficace, à vérifier et documenter régulièrement ; l'art. 21 RTS RMF exige le principe du moindre privilège et un réexamen des droits au moins une fois par an, et au moins tous les six mois pour les systèmes soutenant des fonctions critiques ou importantes.
Les briques d'exploitation en un coup d'œil
| Composante | Ancrage juridique | Déclinaison IA selon le chap. IV.1 |
|---|---|---|
| Capacité et performance | Art. 9 RTS RMF | vérifier régulièrement les besoins en ressources et la performance ; surveillance automatisée de l'efficacité et de l'évolutivité de l'infrastructure d'IA |
| Protection en exploitation | Art. 9(3) DORA | mesures techniques contre les attaques adversariales, l'empoisonnement des modèles et les attaques par inférence |
| Détection | Art. 10 DORA | surveillance continue pour détecter tôt les écarts par rapport au comportement attendu |
| Vulnérabilités et correctifs | Art. 10 RTS RMF | analyses automatisées des bibliothèques, frameworks et code source ; délais de correctifs clairs et escalade |
| Journalisation et seuils | Art. 10(1), 2e alinéa, en liaison avec l'art. 10(2) DORA | journalisation fondée sur les risques des décisions de l'IA, des versions de modèles et des données d'entraînement, dans la mesure permise par la protection des données ; seuils de comportement anormal pour les fonctions critiques ou importantes |
| Continuité des activités | Art. 11(4), art. 11(6)(a), art. 12(6), art. 28 DORA ; art. 25 RTS RMF | intégrer les systèmes d'IA aux plans selon leur criticité ; délais et points de rétablissement ; tests au moins une fois par an ; associer les prestataires tiers de services TIC auprès desquels l'IA est obtenue |
| Sauvegarde et redondance | Art. 12(1) à (4) et (7) DORA | sauvegardes des artefacts de modèles et des jeux de données selon leur criticité et leur confidentialité ; redondances selon les besoins métier ; en cas de recours via API, en règle générale du ressort du fournisseur |
| Apprentissage | Art. 13(3) DORA | les enseignements tirés des incidents et des activations de plans alimentent les systèmes, les modèles, les processus et l'évaluation des risques liés aux TIC |
Le libellé montre ce qui relève de l'obligation et ce qui relève de la pratique : les plans « doivent » être testés au moins une fois par an (art. 11(6)(a) DORA), et l'art. 10 RTS RMF prescrit des analyses de vulnérabilités automatisées au moins hebdomadaires pour les actifs soutenant des fonctions critiques ou importantes. Le guide présente en revanche la surveillance continue, la journalisation exhaustive des décisions de l'IA et des seuils de comportement anormal propres à l'IA comme pertinents, recommandables ou avantageux — l'obligation générale de disposer de mécanismes de détection assortis de seuils d'alerte (art. 10(1) et (2) DORA) n'en est pas affectée. Pour l'exploitation et la maintenance d'un assistant IA (phases 4 et 5), l'étude de cas ajoute une surveillance contextuelle des interactions avec l'IA, des mises à jour automatisées, un plan de réponse aux incidents de sécurité (SIRP) et un tableau de bord de conformité indiquant la version du modèle, les évaluations des risques et les responsabilités. La désinstallation est traitée au chapitre 9.
Les preuves que vous pouvez présenter (VamiSec)
- Inventaire IA avec composants, criticité, propriétaire, origine des données et dates de fin de support des fournisseurs, y compris les dates d'abandon des versions de modèles
- Planification des capacités et rapports de monitoring de l'infrastructure d'IA
- Politique de journalisation avec seuils et preuve du contrôle d'efficacité
- Recertification des droits d'accès aux modèles et aux données d'entraînement
- Procès-verbaux de tests des plans de continuité des activités incluant des scénarios de défaillance de l'IA
Désinstallation et fin de vie : mettre les systèmes d'IA hors service en toute sécurité
La mise hors service détermine si les modèles, les données d'entraînement et les journaux d'interaction disparaissent de manière maîtrisée à la fin de vie d'un système d'IA — ou continuent d'exister sans surveillance. Le guide de la BaFin approfondit cette phase à deux endroits : comme processus d'exploitation au chap. IV.1 et comme phase 6 de l'étude de cas. L'ancrage juridique est succinct, mais contraignant : art. 8(2)(a)(i) RTS RMF.
Le guide nomme le risque dès le chap. II.1 : la réutilisation incontrôlée ou l'élimination non sécurisée d'applications d'IA met en danger des données sensibles relatives aux modèles ou à l'entreprise. L'étude de cas se fait plus concrète — des données et des modèles historiques peuvent faire l'objet d'une utilisation abusive ou devenir involontairement publics. Elle en conclut que la mise hors service des LLM et des sources de données associées doit être planifiée « comme pour tous les actifs de TIC ». Dès le chap. II.2, le guide suggère de couvrir et de documenter dans un même processus toutes les étapes pertinentes pour l'IA, de la stratégie jusqu'à la mise hors service.
Obligation, pratique, recommandation — clairement distinguées
| Niveau | Contenu | Référence |
|---|---|---|
| Obligation | Les politiques relatives aux opérations TIC régissent l'installation, la maintenance, la configuration et la désinstallation sécurisées d'un système de TIC — et donc aussi d'un système d'IA. | Art. 8(2)(a)(i) RTS RMF |
| Obligation | La politique de gestion des actifs encadre le cycle de vie des actifs de TIC ; les registres comprennent notamment le propriétaire, les interdépendances et les dates de fin de support des prestataires tiers de services TIC. | Art. 4, notamment art. 4(2)(b), RTS RMF |
| Obligation | Les droits d'accès sont retirés sans délai en cas de départ et réexaminés au moins une fois par an — et au moins tous les six mois pour les systèmes soutenant des fonctions critiques ou importantes. | Art. 21 RTS RMF |
| Pratique selon le guide | Encadrer la désinstallation dans les politiques et procédures, faire en sorte que les modèles d'IA supprimés soient irrécupérables, régir la désactivation des versions de modèles obsolètes — « afin de prévenir toute utilisation abusive ». | Chap. IV.1 |
| Pratique selon l'étude de cas | Supprimer toutes les données utilisées et les interactions historiques avec l'IA conformément au RGPD, recourir à l'effacement cryptographique (cryptographic wiping), bloquer l'assistant IA pour les comptes expirés et les anciens collaborateurs. | Étude de cas, phase 6 |
| Ancrage complémentaire (interprétation VamiSec) | Effacement sécurisé des données et élimination des supports de données ; gestion des clés jusqu'à leur destruction. | Art. 11(2) RTS RMF ; art. 7 RTS RMF |
Pour la désinstallation, le guide ne cite que l'art. 8(2)(a)(i) RTS RMF ; il mobilise les art. 4 et 21 RTS RMF au chap. IV.1 pour l'inventaire et les droits d'accès, et les art. 7 et 11 RTS RMF au chap. V.
Un système d'IA laisse derrière lui bien plus qu'une application. Parmi les actifs informationnels et actifs de TIC, le guide compte notamment les jeux de données d'entraînement, les implémentations de modèles, les bibliothèques logicielles, le matériel ainsi que les logiciels développés en interne ou par des tiers (chap. IV.1) ; pour la suppression, l'étude de cas mentionne en outre les interactions historiques avec l'IA. D'après notre pratique, les bases de connaissances RAG, les copies de modèles dans les sauvegardes ainsi que les clés d'API et les comptes de service ont leur place sur la même liste.
Runbook de mise hors service (recommandation VamiSec)
- 1Définir le déclencheur et le périmètre
Mise hors service, changement de version et changement de fournisseur déclenchent le même processus. Déduire de l'inventaire de l'IA tous les artefacts : versions de modèles, données d'entraînement, bases de connaissances, journaux, interfaces, comptes.
- 2Couper les dépendances
Désactiver interfaces, comptes de service et clés d'API, bloquer les accès utilisateurs (art. 21 RTS RMF). Désactiver de manière ciblée les versions de modèles obsolètes, plutôt que de simplement les retirer du routage.
- 3Arbitrer entre conservation et suppression
Les journaux sont soumis aux durées de conservation fixées en application de l'art. 12 RTS RMF, les interactions contenant des données personnelles au RGPD. Résoudre ce conflit de manière documentée avant toute suppression.
- 4Supprimer de manière irréversible
Supprimer modèles, données et copies — y compris dans les sauvegardes et chez le prestataire ; si possible, par effacement cryptographique via la destruction des clés (art. 7 RTS RMF).
- 5Prouver et clore l'inventaire
Archiver le journal de suppression et la confirmation du prestataire, passer le statut d'inventaire à « mis hors service », réinjecter les enseignements dans l'évaluation des risques liés aux TIC.
Les mesures de l'étude de cas sont données à titre d'exemple ; seule l'exigence de désinstallation du RTS RMF est contraignante. Pour l'IA dans le cloud, la suppression chez le fournisseur relève selon nous de la planification de sortie (chapitre 10).
Cloud et prestataires tiers : vérifications préalables, sous-traitance, sortie
De nombreux systèmes d'IA ne peuvent être exploités qu'au moyen de services cloud — d'où l'importance du risque lié aux prestataires tiers de services TIC (chap. II.1). Le chap. IV.2 du guide transpose donc à l'IA cinq thèmes de la communication prudentielle sur le cloud du 1er février 2024 et les ancre principalement dans les art. 28 à 30 DORA.
La structure reprend celle de la communication prudentielle sur l'externalisation vers des fournisseurs de cloud — l'appréciation commune de la BaFin et de la Deutsche Bundesbank, version révisée du guide de novembre 2018. Certains de ses aspects « peuvent […] également être transposés aux systèmes d'IA » (chap. IV.2). Une différence terminologique subsiste : la communication prudentielle raisonne en externalisations (significatives), DORA en fonctions critiques ou importantes.
| Volet (communication prudentielle sur le cloud) | Déclinaison propre à l'IA selon le guide | Ancrage juridique |
|---|---|---|
| Évaluation des risques et vérifications préalables (chap. III.2) | Évaluation et inventaire des risques de l'application d'IA avant la conclusion du contrat (matérialité, sensibilité des données, exigences techniques) ; intégrer les modifications du modèle par le fournisseur, comme un réentraînement ; vérifier l'aptitude du fournisseur ; évaluer les fuites de données — y compris vers le fournisseur — et les conflits d'intérêts. | Art. 28(4)(c), (d) et (e) DORA |
| Cybersécurité et sécurité de l'information (chap. IV.2) | Identifier les vecteurs d'attaque tels que les attaques adversariales et l'empoisonnement des données dans des environnements d'entraînement ou d'inférence hébergés à l'extérieur ; évaluer les fournisseurs au regard des normes de sécurité, des certifications et de la protection des données ; pour les fonctions critiques ou importantes, tenir compte des normes de qualité les plus récentes et les plus élevées. | Art. 28(5) DORA (normes de sécurité) |
| Contrats et sous-traitance (chap. III.5) | Préciser si et à quelles conditions le fournisseur peut recourir à des sous-traitants (sous-traitance en cascade) ; en cas de sous-traitance propre à l'IA pour des fonctions critiques ou importantes (bibliothèques de ML, fermes de GPU, services de sécurité de l'IA), savoir à tout moment qui traite les données, où, et quel est l'impact des chaînes de sous-traitance longues ; des SLA portant aussi sur la latence et la capacité de calcul. | Art. 30(2)(a) et (b), art. 29(2), art. 30(3)(a) et (c) DORA ; art. 3(6) ITS registre d'informations |
| Droits d'audit et de contrôle (chap. III.5 et III.5.3) | Des droits d'audit et de contrôle sans lacune, y compris à l'égard des sous-traitants, p. ex. pour accéder aux journaux d'IA, aux environnements d'entraînement et aux mesures de sécurité ; vérifier si le fournisseur satisfait aux « attentes réglementaires » ; droit d'audit de l'autorité de surveillance et de l'entité financière auprès du fournisseur de cloud. | Art. 3(1)(c), (d) et (j) et art. 4(1)(j) RTS sous-traitance ; art. 30(3)(e) DORA |
| Stratégie de sortie (chap. IV.4) | Garantir l'export des modèles, des données d'entraînement et des scripts de configuration ; clarifier les formats d'export (p. ex. images Docker, instantanés de stockage) avant la conclusion du contrat ; stocker périodiquement les données indépendamment du fournisseur ; évaluer le risque de dépendance (vendor lock-in) ; tester les situations d'urgence, telles qu'une panne du cloud. | Art. 28(7) et (8), art. 30(3)(f) DORA |
Au chap. IV.2, l'art. 28(5) DORA ne sert de référence que pour les normes de sécurité, et non pour la phrase relative aux vecteurs d'attaque.
Où commence l'obligation
C'est le règlement DORA lui-même qui est contraignant : avant tout accord contractuel portant sur des services TIC, les risques doivent être évalués et les vérifications préalables effectuées (art. 28(4) DORA) ; le contenu minimal prévu à l'art. 30(2) DORA s'applique à tous les contrats. Les clauses contractuelles supplémentaires (art. 30(3)), les stratégies de sortie (art. 28(8)) et le RTS sous-traitance ne s'appliquent qu'aux fonctions critiques ou importantes. Un assistant de rédaction qui ne participe à aucune décision nécessite donc selon nous un dispositif contractuel plus léger qu'un modèle de scoring soutenant une fonction critique ou importante — la classification doit néanmoins être documentée (art. 8(1) DORA).
Trois subtilités de citation
- L'art. 3(6) ITS registre d'informations régit l'identifiant des sous-traitants (LEI ou EUID) ; l'obligation de les recenser figure à l'art. 3(2)(b).
- L'art. 28(8), 3e alinéa, DORA porte sur les tests des plans de sortie ; les tests d'urgence des fonctions critiques ou importantes externalisées relèvent plus précisément de l'art. 11(4) DORA, cité au chap. IV.1 (interprétation VamiSec).
- Pour la restitution des données et leur format, l'art. 30(2)(d) DORA est plus précis ; la BaFin ne le cite pas (interprétation VamiSec).
Cybersécurité des systèmes d'IA : politiques, réseaux, droits, tests
Les systèmes d'IA sont des cibles attrayantes, car ils traitent des données sensibles et peuvent être intégrés à des processus décisionnels (chap. V.1). Le guide n'invente pas pour autant de nouvelle architecture de sécurité : il décline pour l'IA les obligations existantes de DORA et des RTS, et y ajoute cinq mesures pratiques taillées pour l'IA.
Point de départ : l'art. 9(2) DORA — les entités financières conçoivent, acquièrent et mettent en œuvre des politiques, procédures, protocoles et outils de sécurité des TIC. Selon le guide, les systèmes d'IA devraient y être dûment pris en compte — avec des mesures relatives à la sécurité des réseaux, à la transmission des données (art. 2(1) RTS RMF) et à la protection contre l'utilisation abusive des données. Pour l'IA, cela signifie qu'au-delà des accès aux modèles, il convient de sécuriser les échanges de données entre données d'entraînement, composants du modèle et utilisateurs finaux.
| Domaine d'action | Ce que le guide mentionne pour l'IA | Base |
|---|---|---|
| Sécurité des systèmes | Pare-feu, IDS/IPS et modèles zero trust ; prévention des fuites de données (DLP) contre la captation de données d'IA ; tests de résilience spécialisés contre les attaques adversariales et la manipulation de jeux de données | Art. 11 RTS RMF |
| Sécurité des réseaux | Segmentation selon la criticité, règles de pare-feu, chiffrement des communications réseau ; protection physique et/ou technique de l'accès au réseau, selon une approche fondée sur les risques | Art. 9 DORA ; art. 13, notamment art. 13(a), RTS RMF |
| Durcissement des réseaux | Proxys web, y compris pour le trafic chiffré, pare-feu applicatifs web et passerelles d'API, protection DDoS, accès VPN avec fermeture automatique des sessions à distance | Art. 13(g), (k) et (l) RTS RMF (rattachement VamiSec) |
| Habilitations | Authentification et autorisation, contrôle d'accès fondé sur les rôles (RBAC), journalisation exhaustive de tous les accès aux données et de toutes leurs modifications | Art. 9(4)(c) DORA ; art. 21(a) RTS RMF |
| Journalisation | Enregistrer tous les événements et activités pertinents des systèmes d'IA — pour la traçabilité et la détection d'activités anormales ; la protection des journaux contre la falsification est expressément prescrite par l'art. 12 RTS RMF | Art. 12 RTS RMF |
| Changements d'urgence | Processus d'approbation et d'évaluation dédiés pour les modifications à court terme des systèmes d'IA | Art. 17(1)(f) et (g) RTS RMF |
| Tests de résilience | Tests réguliers de la résilience opérationnelle numérique ; le guide n'aborde pas ici les TLPT au titre des art. 26 et 27 DORA | Art. 24 et 25 DORA |
Cinq mesures éprouvées pour les systèmes d'IA
- Surveillance continue en temps réel des comportements anormaux, p. ex. des schémas de décision inattendus
- Mécanismes de protection contre les entrées adversariales, par exemple des mécanismes de filtrage
- Journalisation des sorties pertinentes et des appels d'API pour des analyses ultérieures
- Mises à jour régulières du système d'IA face aux nouvelles menaces
- Plan d'urgence pour les incidents de sécurité affectant le système d'IA
Point important pour la constitution des preuves : le guide présente ces cinq mesures comme des bonnes pratiques à la suite du renvoi aux art. 24 et 25 DORA — elles ne sont pas fondées sur ces articles. L'obligation porte sur le programme de tests ; la manière de le décliner pour l'IA relève de la pratique. Les cadences contraignantes figurent dans le texte juridique :
Le guide envisage l'IA avant tout comme une cible. Avec l'alerte ESRB/2026/3 du Comité européen du risque systémique (CERS) du 25 juin 2026 et la lettre de la BCE du 7 juillet 2026, l'IA apparaît aussi comme un outil d'attaque : le CERS décrit des modèles de pointe (frontier models) capables de trouver des vulnérabilités et de produire des exploits fonctionnels ; la BCE a invité les établissements importants à soumettre un plan d'action à leur équipe de surveillance prudentielle conjointe (Joint Supervisory Team) d'ici au 31 octobre 2026. À nos yeux, ces deux initiatives visent surtout un domaine que l'art. 10 RTS RMF encadre déjà — la gestion des vulnérabilités et des correctifs, mais à un rythme nettement plus soutenu.
Sécurité et qualité des données : la classification d'abord
Les entités financières traitent des données confidentielles — et les systèmes d'IA multiplient les voies par lesquelles ces données sont lues, copiées et transmises. Le chap. V.2 du guide place donc la classification en tête et distingue clairement ce que DORA régit : l'intégrité des données, oui ; le reste de la qualité des données, non.
Selon le guide, la classification selon la confidentialité, l'intégrité et la disponibilité constitue la « base la plus importante » d'un traitement et d'un stockage sécurisés : elle détermine comment et où les données peuvent être traitées et stockées — un complément utile, selon le chap. V.2, pour l'exploitation de l'IA dans le cloud. Le guide cite l'art. 5(2)(b) et l'art. 11(2)(k) RTS RMF. À strictement parler, le point (b) fixe des critères pour l'évaluation de la criticité des actifs, et le point (k) des exigences applicables aux actifs exploités par des prestataires tiers de services TIC ; selon notre lecture, l'obligation générale de classification des actifs informationnels et des actifs de TIC figure à l'art. 8(1) DORA.
| Thème | Obligation (RTS RMF) | Déclinaison pour l'IA selon le guide |
|---|---|---|
| Chiffrement | Politique fondée sur une classification des données approuvée et sur l'évaluation des risques liés aux TIC : données au repos, en transit et — si nécessaire — en cours d'utilisation ; à défaut, traitement dans un environnement séparé et protégé ou mesures équivalentes (art. 6(2)) | Chiffrer les systèmes d'IA en fonction de la classification et de l'évaluation des risques |
| Gestion des clés | Cycle de vie des clés cryptographiques, de leur génération à leur destruction ; registre des certificats (art. 7) | Sécuriser les canaux de communication entre composants d'IA au moyen de clés gérées |
| Transmission | Disponibilité, authenticité, intégrité et confidentialité lors de la transmission ; prévenir et détecter les fuites de données ; surveiller le respect des exigences (art. 14) | Sécuriser les transferts entre composants d'IA et vers des services externes, p. ex. contre les fuites de données |
| Exploitation par des tiers | Exigences de résilience applicables aux actifs exploités par des prestataires tiers de services TIC, selon la classification et l'évaluation des risques (art. 11(2)(k)) | Cité pour la classification de toutes les données ; pertinent surtout pour l'IA exploitée dans le cloud |
Bonnes pratiques — adaptables à chaque entité
- Chiffrement et signature des modèles contre les modifications non autorisées
- Exploitation dans des environnements sécurisés, p. ex. des conteneurs
- Modèle zero trust pour l'accès aux services d'IA
- Protection contre les attaques par injection, limitation de débit (rate limiting) contre le déni de service
Pour les assistants LLM, l'étude de cas place la protection dès la source : détection automatisée des données confidentielles, confidentialité différentielle contre les inférences tirées de requêtes multiples, tokenisation des données sensibles avant traitement — et, pour la variante 3, un niveau d'accès aux données réduit, que les utilisateurs ne peuvent pas dépasser de leur propre initiative (étude de cas, phase 1 et variante 3).
Qualité des données : DORA ne couvre que l'intégrité
Selon le guide, la qualité des données recouvre généralement l'exhaustivité, l'exactitude, la validité, la cohérence, l'adéquation ou la représentativité, et l'intégrité. Seule l'intégrité est couverte par DORA ; pour les autres aspects, le règlement ne contient aucune règle. L'exactitude, la fiabilité et la performance de l'IA en dépendent pourtant, surtout pour les données d'entraînement — les exigences de qualité des données relèvent donc typiquement de la gouvernance de l'IA. Dans le même esprit, l'étude de cas range les hallucinations parmi les défis qui ne relèvent pas directement des TIC.
Le chap. V.2 s'appuie exclusivement sur le RTS RMF (art. 5, 6, 7, 11, 14) ; le guide n'y cite aucun article de DORA.
Incidents liés à l'IA : détecter, classer, notifier
Lorsqu'un incident survenant dans un système d'IA compromet la sécurité des réseaux et des systèmes d'information, a une incidence négative sur la disponibilité, l'authenticité, l'intégrité ou la confidentialité des données ou nuit aux services fournis, il s'agit d'un incident lié aux TIC — soumis aux mêmes obligations d'enregistrement, de traitement et, s'il est majeur, de notification que tout autre. Le chap. V.3 du guide précise ce qui distingue les incidents d'IA : la manipulation de systèmes d'IA peut causer en peu de temps des dommages opérationnels considérables, d'où la nécessité de mécanismes de réaction rapide.
Ces chiffres proviennent de l'analyse par la BaFin des incidents liés aux TIC notifiés en 2025 au titre de DORA, ainsi que de l'article du BaFinJournal « Vernetzung vervielfacht IT-Risiken » (« L'interconnexion multiplie les risques informatiques ») du 16 juillet 2026, qui présente cette analyse. Ils couvrent l'ensemble des incidents liés aux TIC notifiés ; la BaFin ne publie pas de chiffres propres à l'IA. La part imputable aux tiers n'en reste pas moins instructive : à nos yeux, quiconque consomme un modèle via une API dépend aussi de la situation de son fournisseur en matière d'incidents.
| Norme | Obligation | Déclinaison pour l'IA selon le guide |
|---|---|---|
| Art. 17 DORA | Définir, établir et mettre en œuvre un processus de gestion des incidents liés aux TIC : enregistrer tous les incidents, en identifier les causes, les classer, les faire remonter | Enregistrer comme incidents liés aux TIC les incidents causés par des systèmes d'IA ou liés à ceux-ci qui compromettent la sécurité des réseaux et des systèmes d'information, la disponibilité, l'authenticité, l'intégrité ou la confidentialité des données, ou les services ; un marquage « IA » est conseillé |
| Art. 22 RTS RMF | Politique de gestion des incidents, assortie de mécanismes techniques, organisationnels et opérationnels | Idéalement, la politique traite aussi des systèmes d'IA |
| Art. 19 DORA | Notifier les incidents majeurs liés aux TIC à l'autorité compétente (notification initiale, rapport intermédiaire et rapport final) ; informer sans délai les clients en cas d'incidence sur leurs intérêts financiers | L'obligation de notification peut aussi couvrir des incidents survenant dans des systèmes d'IA |
Tout incident lié aux TIC survenant dans un système d'IA n'est pas soumis à notification — mais chacun doit être enregistré (art. 17 DORA). Le caractère majeur d'un incident se détermine selon les critères de classification de l'art. 18 DORA, que le guide lui-même ne cite pas. Les cybermenaces importantes peuvent être notifiées à titre volontaire (art. 19 DORA).
Mesures éprouvées selon le guide
- 1Identifier les menaces propres à l'IA
Identifier de manière ciblée les menaces propres à l'IA, p. ex. la manipulation des données d'entraînement.
- 2Détecter les incidents d'IA
Détecter les erreurs de modèle, les pertes de données ou les problèmes de performance de façon à pouvoir agir immédiatement.
- 3Analyser l'impact, évaluer la gravité
Analyse d'impact, p. ex. en termes de perte de données, et classement par niveau de gravité.
- 4Intégrer à la réponse aux incidents
Intégrer les incidents issus des systèmes d'IA au dispositif général de réponse aux incidents — avec les rôles, les circuits de communication et les procédures d'escalade que l'art. 17 DORA impose de toute façon.
- 5Analyser les causes, en tirer les leçons
Analyse approfondie des causes profondes, afin de corriger les faiblesses systémiques des modèles et des processus et d'empêcher durablement que les incidents se répètent.
Pour l'IA dans le cloud, le guide recommande en outre des accords sur la notification des incidents liés aux TIC survenant dans des systèmes d'IA, ainsi que des ressources internes suffisantes et qualifiées pour l'évaluation et la réaction. Pour les assistants IA, l'étude de cas ajoute un plan de réponse aux incidents de sécurité (SIRP) et des cyberattaques simulées qui testent les délais de réaction (phase 5).
Perspective : la proposition « omnibus numérique » de la Commission du 19 novembre 2025 (COM(2025) 837 final) — à ne pas confondre avec le règlement omnibus numérique sur l'IA déjà entré en vigueur, le règlement (UE) 2026/1744 — prévoit notamment d'acheminer les notifications au titre de l'art. 19(1) DORA via un point d'entrée unique (single entry point). Il ne s'agit que d'une proposition ; l'art. 19 DORA dans sa version en vigueur reste déterminant.
Étude de cas de l'assistant IA (LLM) : six phases, trois variantes
L'annexe du guide examine un cas d'usage que la BaFin observe dans l'ensemble du secteur : un assistant IA fondé sur un LLM qui aide les collaborateurs à rédiger des textes, des e-mails et des présentations — dans une entité qui travaille avec des données financières et des données clients sensibles. L'étude de cas ne formule expressément aucune attente prudentielle ; toutes les mesures sont données à titre d'exemple.
Trois variantes d'infrastructure sont examinées (figure 2) : sur site (on-premise), cloud avec application d'IA dans le tenant propre de l'entité, et cloud avec application d'IA hors de ce tenant. Les formes mixtes sont expressément possibles ; l'analyse des risques doit alors être adaptée. L'étude de cas ne traite ni des coûts d'investissement ni des coûts d'exploitation. Il appartient aux entités financières de mettre en œuvre les mesures les mieux adaptées à leur situation de risque spécifique.
Six phases : des risques valables pour chaque variante
| Phase | Risque principal selon l'étude de cas | Exemples de mesures |
|---|---|---|
| 1 Collecte et préparation des données | L'application traite des données non autorisées | Classification par niveaux de confidentialité, automatisée si possible ; formation ; politique zero trust et accès aux données fondé sur les rôles ; confidentialité différentielle ; tokenisation ; contrôle des données au regard des biais |
| 2 Développement et entraînement du modèle | Empoisonnement des données, empoisonnement des connaissances (RAG), empoisonnement du modèle, portes dérobées | Uniquement des données vérifiées et validées, le cas échéant via une équipe de gouvernance des données ; valider la base de connaissances ; gestion des versions avec retour arrière ; tests propres au cas d'usage ; examiner le code source des modèles publiquement accessibles à la recherche de portes dérobées et de code malveillant ; garantir l'intégrité des dépôts ; audit au moyen de l'IA explicable (XAI) ; détection d'anomalies ; tests d'intrusion et red teaming |
| 3 Déploiement et intégration du modèle | Accès non autorisés aux systèmes internes, exfiltration d'informations sur le modèle | Environnement cloud isolé sans accès direct à Internet ; conteneurisation ; MFA ; accès conditionnel avec appareils de l'entreprise ; contrôler les interfaces avec human-in-the-loop ; API chiffrées ; limitation de débit et protection DDoS |
| 4 Exploitation et utilisation | Extraction d'informations sensibles, injection de prompt, divulgation à des personnes non autorisées, accès aux systèmes connectés | Outils d'explicabilité ; formations à la sécurité de l'IA ; analyser et limiter les effets des prompts ; surveillance contextuelle et détection d'anomalies ; droits d'accès et isolement ; restreindre l'usage des LLM pour les fonctions critiques ou importantes ; human-in-the-loop |
| 5 Maintenance, mises à jour, réponse aux incidents | Versions obsolètes ou mal configurées, notamment pour les LLM open source | Mises à jour automatisées, gestion des correctifs ; SIRP ; simulation d'attaques ; audits externes ; tableau de bord de conformité |
| 6 Gestion de la fin de vie | Utilisation abusive ou fuite de données et de modèles historiques | Suppression conforme au RGPD ; effacement cryptographique ; blocage pour les comptes expirés et les anciens collaborateurs |
Trois variantes, trois profils de risque
| Variante | Flux de données | Risque principal | Contre-mesures selon l'étude de cas |
|---|---|---|---|
| 1 Sur site (on-premise) | entièrement au sein de l'infrastructure de l'entité | Contrôle total, mais l'ensemble des risques liés au développement, à l'exploitation et surtout à la maintenance (stratégiques et opérationnels) ; disponibilité de personnel qualifié ; attaques en l'absence de mises à jour continues ; pas de montée en charge à volonté | Gestion des accès étroitement contrôlée ; dimensionner l'infrastructure selon la puissance de calcul attendue et la vérifier régulièrement |
| 2 Cloud, tenant propre | dans le cloud, exclusivement au sein du tenant de l'entité | Dépendance envers l'exploitant du modèle en l'absence d'implémentation open source ; compétences ; montée en charge limitée | Plusieurs modèles de différents fournisseurs (effort accru) ; planification précoce des capacités |
| 3 Cloud, hors du tenant | au-delà de la frontière du tenant : LLM via API ou assistant intégré à un logiciel standard | Les données quittent le tenant et parviennent au fournisseur du modèle | Mesures contractuelles et techniques : limiter les fonctionnalités et les téléversements ; Governance Shield ; conditions d'utilisation affichées avant chaque usage ; niveau d'accès aux données réduit ; contrôle technique conforme à la communication prudentielle sur le cloud |
L'étude de cas et le chap. VI ne contiennent aucune référence à DORA. Quiconque rattache les mesures de l'étude de cas à des bases juridiques procède à sa propre correspondance — les obligations elles-mêmes découlent de DORA et du RTS RMF.
Mise en perspective : règlement sur l'IA, KI-MIG, MaRisk, xAIT et supervision européenne
Le guide traite exclusivement des risques liés aux TIC au titre de DORA. Or, lorsque banques et assureurs recourent à l'IA, d'autres corpus réglementaires s'appliquent — avec d'autres objectifs de protection, d'autres autorités et d'autres échéances. Ce chapitre montre quel texte régit quoi.
| Cadre réglementaire | Ce qu'il régit pour l'IA | État / échéances | Lien avec le guide |
|---|---|---|---|
| DORA, RTS RMF, RTS sous-traitance | Gestion du risque lié aux TIC et du risque lié aux prestataires tiers de services TIC, notification des incidents, tests de résilience — contraignant | DORA et RTS RMF applicables depuis le 17 janvier 2025 ; RTS sous-traitance en vigueur depuis le 22 juillet 2025 | Cadre de référence que le guide explicite pour l'IA |
| Règlement sur l'IA (AI Act, règlement (UE) 2024/1689) | Pratiques interdites, maîtrise de l'IA, transparence, obligations relatives aux systèmes à haut risque | Art. 4 et 5 depuis le 2 février 2025 ; application générale depuis le 2 août 2026 ; annexe III à partir du 2 décembre 2027 | Le guide ne reprend que la définition de « système d'IA » (art. 3(1) du règlement sur l'IA) |
| KI-MIG (loi allemande sur la surveillance du marché de l'IA) | Surveillance nationale du marché au titre du règlement sur l'IA : la BaFin pour les systèmes d'IA en lien direct avec une activité financière réglementée (§ 2(3)), sinon la Bundesnetzagentur, l'agence fédérale des réseaux (§ 2(1)) | en vigueur depuis le 29 juillet 2026 (BGBl. 2026 I n° 223) | Mission distincte de la supervision DORA ; le guide ne la couvre pas |
| MaRisk (circulaire 06/2026 (BA)) | AT 4.3.4 « Utilisation de modèles » — IA comprise ; le point 6 exige une explicabilité suffisante | en vigueur depuis le 30 juin 2026 ; délai transitoire pour les exigences supplémentaires jusqu'au 1er janvier 2027 ; établissements importants sous supervision de la BCE exclus (AT 2.1, point 1) | Le guide laisse de côté la méthodologie et la validation des modèles |
| xAIT | KAIT, VAIT et ZAIT abrogées à l'expiration du 16 janvier 2025 ; entités soumises à DORA exclues du champ d'application des BAIT | Les BAIT seront entièrement abrogées à l'expiration du 31 décembre 2026 | Pour les entités soumises à DORA, les exigences informatiques découlent de DORA |
| ISO/IEC 42001:2023 | Système de management de l'IA certifiable, combinable avec ISO/IEC 27001 | volontaire | Cadre de management — ne remplace aucune obligation DORA |
Règlement sur l'IA et KI-MIG : où banques et assureurs sont concrètement concernés
Sont à haut risque, selon l'annexe III, point 5(b), du règlement sur l'IA, les systèmes destinés à évaluer la solvabilité des personnes physiques ou à établir leur note de crédit — à l'exception de ceux utilisés pour détecter la fraude financière — et, selon le point 5(c), les systèmes destinés à l'évaluation des risques et à la tarification pour les personnes physiques en matière d'assurance vie et d'assurance maladie. En vertu du règlement omnibus numérique sur l'IA (règlement (UE) 2026/1744), les obligations relatives aux systèmes à haut risque (chapitre III, sections 1 à 3, du règlement sur l'IA) s'appliquent à ces systèmes à partir du 2 décembre 2027, au lieu du 2 août 2026 initialement prévu.
En vertu du § 2(3) KI-MIG, la BaFin surveille les systèmes d'IA qui sont en lien direct avec une activité financière réglementée et qui sont mis sur le marché, mis en service ou utilisés par des entités surveillées — selon la BaFin, par exemple les chatbots clients, l'évaluation de la solvabilité et l'évaluation des risques en assurance vie et en assurance maladie. L'IA utilisée dans la gestion des ressources humaines reste du ressort de la Bundesnetzagentur. La BaFin y porte son attention sur les pratiques interdites (art. 5), les obligations de transparence (art. 50) et la maîtrise de l'IA (art. 4 du règlement sur l'IA) ; à partir du 2 décembre 2027 s'y ajoutent les systèmes à haut risque de l'annexe III, point 5(b) et (c). Dans l'entretien consacré au KI-MIG publié par le BaFinJournal le 29 juillet 2026, la BaFin renvoie expressément au guide.
Supervision européenne : même direction, accents propres
- AEAPP (EIOPA), avis du 6 août 2025 (EIOPA-BoS-25-360) : explique aux autorités nationales de surveillance, selon une approche fondée sur les risques et proportionnée, comment appliquer la DDA, Solvabilité II et DORA à l'IA chez les assureurs — sans nouvelles exigences ; l'IA interdite et à haut risque au sens du règlement sur l'IA en est exclue.
- ABE (EBA), fiche d'information du 21 novembre 2025 : mise en regard des exigences du règlement sur l'IA relatives aux systèmes à haut risque (en particulier l'évaluation de la solvabilité) avec CRD/CRR, DORA et le reste du droit prudentiel bancaire : aucune contradiction significative ; l'ABE n'estime pas nécessaire d'adopter de nouvelles orientations.
- AEMF (ESMA), déclaration publique du 30 mai 2024 : l'IA utilisée dans les services d'investissement fournis aux clients de détail doit satisfaire aux obligations de MiFID II ; la responsabilité reste du ressort de l'organe de direction.
- ABE, AEAPP et AEMF, déclaration JC 2026 25 du 31 juillet 2026 : DORA et le règlement sur l'IA constituent une base solide face aux risques liés aux TIC découlant des modèles d'IA de pointe (frontier AI) ; la prévention passe notamment par un inventaire complet des actifs, composants d'IA/ML compris.
L'exigence d'explicabilité des modèles d'IA n'est pas une nouveauté de la 9e révision des MaRisk ; elle figurait déjà, avec un contenu identique, à l'AT 4.3.5 de la 7e révision (circulaire 05/2023 (BA)).
La feuille de route à 12 mois pour les CISO
Le guide n'est pas contraignant — DORA, si. La feuille de route ci-dessous pose les obligations DORA comme fondations et s'appuie sur les exemples pratiques de la BaFin comme plan de construction. Phases, indicateurs et valeurs cibles sont des recommandations de VamiSec.
- 1Phase 0 · mois 1Clarifier le mandat et le régime applicable
L'organe de direction confirme sa responsabilité ultime (art. 5(2)(a) DORA) et alloue un budget ; vérifier si ce sont les art. 5 à 15 ou le cadre simplifié de l'art. 16 DORA qui s'appliquent ; désigner, pour chaque fonction, les responsables des résultats produits par l'IA.
- 2Phase 1 · mois 1–3Établir la transparence
Constituer un inventaire de l'IA — y compris l'IA consommée via API et intégrée aux logiciels standard (art. 8(4) DORA en liaison avec les art. 4 et 5 RTS RMF) ; consigner pour chaque système la criticité, la variante d'infrastructure, les classes de données et le propriétaire.
- 3Phase 2 · mois 3–6Adapter le cadre
Stratégie IA ou volet IA de la stratégie de résilience opérationnelle numérique ; ancrer l'IA dans le cadre de gestion du risque lié aux TIC, dans les politiques de sécurité (art. 9(2) DORA), dans la politique de gestion des incidents (art. 22 RTS RMF) et dans les contrats avec les prestataires tiers (art. 28 à 30 DORA).
- 4Phase 3 · mois 6–9Durcir et tester
Tests avant mise en production, d'une ampleur proportionnée à la criticité (art. 16(2) RTS RMF), complétés par des tests adversariaux pour l'IA soutenant des fonctions critiques ou importantes ; seuils de comportement anormal de l'IA dans les fonctions critiques ou importantes (art. 10(1), 2e alinéa, en liaison avec l'art. 10(2) DORA) ; Governance Shield pour la variante 3 ; tester les plans de continuité des activités (art. 11(6)(a) DORA, art. 25 RTS RMF).
- 5Phase 4 · mois 9–12Démontrer l'efficacité
Réexamen annuel du cadre de gestion du risque lié aux TIC (art. 6(5) DORA), avec un volet IA dans le rapport prévu à l'art. 27 RTS RMF ; intégrer les enseignements tirés (art. 13(3) DORA) ; tester les plans de sortie (art. 28(8) DORA) ; documenter les formations (art. 5(4), art. 13(6) DORA).
Des indicateurs que la direction comprend
| Indicateur | Type | Valeur cible (exemple) | Base |
|---|---|---|---|
| Systèmes d'IA inventoriés avec propriétaire, criticité et variante | KPI | 100 % | Art. 8(4) DORA |
| Appels à l'IA détectés sans entrée d'inventaire (scans de code, journaux de proxy) | KRI | Tendance vers zéro | Art. 16(3) RTS RMF |
| Systèmes d'IA soutenant des fonctions critiques ou importantes avec test documenté avant mise en production | KPI | 100 % | Art. 16(2) RTS RMF |
| Vulnérabilités critiques dans des composants d'IA au-delà du délai de correction | KRI | 0 | Art. 10 RTS RMF |
| Alertes du Governance Shield pour 1 000 saisies (variante 3) | KRI | Fixer un seuil, suivre la tendance | Étude de cas, variante 3 |
| Incidents liés à l'IA avec analyse des causes clôturée | KPI | 100 % | Art. 17 DORA |
| Services d'IA pour fonctions critiques ou importantes avec plan de sortie testé | KPI | 100 % | Art. 28(8) DORA |
| Organe de direction et collaborateurs travaillant avec l'IA disposant d'une formation à jour | KPI | 100 % par an | Art. 5(4), art. 13(6) DORA |
Les valeurs cibles sont des exemples de VamiSec pour le pilotage interne, et non des exigences prudentielles.
La proportionnalité vaut aussi pour la feuille de route : un assistant en libre-service fondé sur l'IA, entièrement placé sous supervision humaine et non intégré aux processus décisionnels, ne requiert pas la même profondeur de contrôle qu'une IA soutenant une fonction critique ou importante (art. 4 DORA, chap. I.2). Commencer par l'inventaire permet d'échelonner cette profondeur de manière motivée — et de documenter cette motivation.
Le guide est une aide non contraignante et ne constitue pas une interprétation contraignante de DORA par la BaFin. Seuls DORA, le RTS RMF et le RTS sous-traitance sont contraignants. La feuille de route est une recommandation VamiSec et ne constitue pas un conseil juridique.
Diagnostic de résilience IA : votre usage de l'IA est-il robuste au regard de DORA ?
Jusqu'à 31 questions réparties en sept domaines d'action, chacune rattachée à une référence juridique de DORA, du RTS RMF ou du RTS sous-traitance. Quatre critères de profil déterminent les questions qui vous concernent et le niveau cible proportionné — l'évaluation porte sur l'efficacité et les preuves, pas sur le papier. L'échelle de maturité et les niveaux cibles sont une grille de lecture propre à VamiSec. Les obligations découlent uniquement de DORA et des RTS — la référence juridique indique sur quelle disposition porte une question, et non que chaque mesure évoquée soit obligatoire ; le guide de la BaFin lui-même n'est pas contraignant.
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« KI unter DORA für CISOs » — le guide de la BaFin mis en pratique
Le livre blanc traduit le guide du 18 décembre 2025 en programme pour le CISO et la gestion du risque lié aux TIC : en quatre parties, du positionnement à la gouvernance, au cycle de vie et aux prestataires tiers, jusqu'aux questions d'audit, aux preuves et à la feuille de route — avec registre des références.

- Synthèse managériale et dix messages clés pour la note à l'organe de direction — obligation, pratique et recommandation clairement distinguées
- RACI de gouvernance, IA dans le cadre de gestion du risque lié aux TIC et matrice de tests selon la criticité, avec références DORA et RTS RMF
- Trois variantes d'infrastructure en flux de données, matrice classe de données × variante et mapping des menaces sur OWASP LLM 2025 et MITRE ATLAS
- 30 questions d'audit, matrice de preuves, KPI et KRI ainsi qu'une feuille de route sur 12 mois avec démarrage en 100 jours
Ce que contient le livre blanc « KI unter DORA für CISOs »
Obligation, pratique, recommandation — clairement distinguées
Synthèse managériale et dix messages clés pour la note à l'organe de direction, positionnement quant à la nature juridique et aux destinataires, ainsi qu'un registre des 97 références du guide selon notre décompte — DORA, RTS RMF, RTS sous-traitance, ITS registre d'informations, règlement sur l'IA, lignes directrices de la Commission sur la définition du système d'IA et communication prudentielle sur le cloud.
Gouvernance, cadre de gestion du risque lié aux TIC et tests
RACI pour l'organe de direction, la fonction de gestion du risque lié aux TIC, les fonctions de contrôle et l'audit interne, l'IA dans le cadre des art. 6 à 14 DORA, le développement y compris l'End-User Computing et le code généré par l'IA, ainsi qu'une matrice de tests selon la criticité, jusqu'aux tests adversariaux.
Trois variantes, un même paysage de menaces
Les variantes d'infrastructure de l'étude de cas sous forme de flux de données avec la frontière du tenant, une matrice classe de données × variante, une check-list de clauses pour les prestataires cloud et IA et un mapping VamiSec des menaces liées à l'IA sur l'OWASP Top 10 for LLM Applications 2025 et MITRE ATLAS — correspondance technique, pas de table de concordance officielle.
Feuille de route et solidité face à l'audit
Une feuille de route sur 12 mois avec un démarrage en 100 jours, 30 questions d'audit avec leur référence pour l'audit interne et le dialogue prudentiel, une matrice de preuves, des KPI et KRI de résilience de l'IA ainsi que des réponses à six objections typiques des débats au sein de la direction.
DORA d'abord : le guide s'appuie sur votre gestion du risque lié aux TIC
Le guide ne crée pas de nouvelles obligations, il transpose aux systèmes d'IA les exigences de DORA, du RTS RMF et du RTS sous-traitance. Pour exploiter l'IA en conformité avec DORA, il faut donc d'abord un cadre de gestion du risque lié aux TIC solide, un inventaire complet des actifs ainsi qu'une gestion des prestataires tiers et des incidents qui fonctionne. Notre dossier DORA présente le règlement dans son ensemble ; le communiqué de la BaFin du 18 décembre 2025 mène à la version originale du guide.
- L'organe de direction assume la responsabilité ultime de la gestion du risque lié aux TIC (art. 5(2)(a) DORA).
- Le cadre de gestion du risque lié aux TIC est réexaminé au moins une fois par an (art. 6(5) DORA).
- Les systèmes qui soutiennent des fonctions critiques ou importantes doivent être testés au moins une fois par an, sauf pour les microentreprises (art. 24 DORA).
- Les incidents majeurs liés aux TIC doivent être notifiés à l'autorité compétente (art. 19 DORA).
La version allemande (18 décembre 2025) fait foi ; la traduction anglaise porte la date de version du 23 janvier 2026.
Glossaire : les termes du guide de la BaFin sur l'IA
22 termes en définitions courtes et citables — terminologie française de DORA, avec le terme anglais ou l'abréviation en alternative.
- Système d'IAAI system
- Défini juridiquement à l'art. 3(1) du règlement sur l'IA. Au sens du guide, une combinaison d'actifs de TIC (matériel et logiciel) et d'infrastructure de TIC dans laquelle est implémenté un modèle mathématique complexe — un sous-ensemble des réseaux et systèmes d'information au sens de l'art. 3(2) DORA.
- Actif de TICICT asset
- Composant matériel ou logiciel des réseaux et systèmes d'information d'une entité financière. Dans le contexte de l'IA, le guide considère le modèle lui-même comme un actif de TIC (logiciel) et cite pour la gestion des actifs notamment les implémentations de modèles, les bibliothèques logicielles, le matériel et les jeux de données d'entraînement ; ils doivent être identifiés, classifiés et documentés conformément à l'art. 8(4) DORA en liaison avec les art. 4 et 5 RTS RMF.
- Cadre de gestion du risque lié aux TICICT RMF
- Cadre solide, complet et dûment documenté prévu à l'art. 6 DORA, intégré à la gestion globale des risques et à réexaminer au moins une fois par an (art. 6(5) DORA). Selon le guide, les systèmes d'IA doivent y être intégrés au même titre que les autres actifs de TIC.
- Fonction critique ou importanteCIF, critical or important function
- Fonction dont la défaillance ou la perturbation nuirait sérieusement à la performance financière, à la solidité ou à la continuité des activités d'une entité financière, ou au respect de ses conditions d'agrément (art. 3(22) DORA). Selon le guide, une IA intégrée à de telles fonctions nécessite des mesures de sécurité et de contrôle plus étendues.
- RTS RMFRèglement délégué (UE) 2024/1774
- Normes techniques de réglementation précisant les outils, méthodes, processus et politiques de gestion du risque lié aux TIC ainsi que le cadre simplifié. Selon notre décompte, le guide en contient 31 références distinctes, surtout sur le développement, les tests, l'exploitation et la sécurité des données.
- RTS sous-traitanceRTS Subcontracting, règlement délégué (UE) 2025/532
- Normes techniques de réglementation sur la sous-traitance de services TIC soutenant des fonctions critiques ou importantes : vérifications préalables et évaluation des risques (art. 3), conditions contractuelles (art. 4), modifications importantes (art. 5) et résiliation (art. 6).
- Registre d'informationsRegister of Information
- Registre de tous les accords contractuels portant sur des services TIC fournis par des prestataires tiers de services TIC, prévu à l'art. 28(3) DORA ; les modèles sont fixés par l'ITS registre d'informations (règlement d'exécution (UE) 2024/2956). Pour les sous-traitances propres à l'IA, le guide cite l'art. 3(6) ITS registre d'informations, qui régit l'identifiant (LEI ou EUID) des sous-traitants enregistrés.
- Tenant
- Espace délimité d'une entreprise dans un environnement cloud (locataire cloud). Dans l'étude de cas, il marque la frontière décisive : dans la variante 2, les flux de données restent dans le propre tenant de l'entité ; dans la variante 3, ils en sortent pour aller vers le fournisseur du modèle.
- Governance Shield
- Filtre qui vérifie si les données saisies sont confidentielles. L'étude de cas le cite comme mesure technique pour la variante 3, lorsque l'application d'IA se situe en dehors du tenant de l'entité — aux côtés des restrictions de téléversement et des conditions d'utilisation présentées avant chaque usage.
- Empoisonnement des donnéesData Poisoning
- Utilisation de données manipulées lors de l'entraînement (ou du réentraînement), susceptible d'entraîner un comportement inattendu ou modifié du modèle. L'étude de cas cite comme contre-mesure l'utilisation exclusive de données d'entreprise vérifiées et validées ; une équipe de gouvernance des données contrôlant la mise à disposition des données peut y contribuer (phase 2).
- Empoisonnement du modèleModel Poisoning
- Attaque par laquelle des attaquants modifient le comportement, voire la structure, d'un modèle entraîné — en particulier pour les modèles open source et les modèles issus de dépôts partagés. Contre-mesures selon l'étude de cas : examiner le code source à la recherche de portes dérobées et de code malveillant, garantir l'intégrité des dépôts et des fournisseurs.
- Empoisonnement des connaissancesKnowledge Poisoning
- Manipulation de la base de connaissances fournie à un LLM comme contexte ou ancrage (grounding) par génération augmentée par récupération (RAG). Selon l'étude de cas, ces données doivent elles aussi être vérifiées et validées avant leur intégration.
- Injection de prompt
- Entrées malveillantes qui poussent un LLM à un comportement non prévu — par exemple via un renvoi vers des pages web contenant des instructions cachées (étude de cas, phase 4). Le chap. V.2 cite la protection des systèmes d'IA contre les attaques par injection comme mesure éprouvée.
- Tests adversariaux
- Simulation d'attaques contre des systèmes d'IA (adversarial testing), par exemple empoisonnement des données ou attaques par évasion. Selon le chap. III.2, utiles en fonction de la criticité, complétés par des tests d'intrusion adversariaux, le cas échéant en concertation avec le fournisseur de cloud.
- Attaque par inférenceInference Attack
- Attaque qui tire des réponses du modèle des conclusions sur les données d'entraînement ou de requête. Le guide cite les attaques par inférence, aux côtés des attaques adversariales et de l'empoisonnement du modèle, parmi les menaces en phase d'exploitation (chap. IV.1). Pour protéger les données personnelles contre les déductions tirées de requêtes multiples, l'étude de cas cite la confidentialité différentielle (phase 1).
- Dérive du modèleModel Drift
- Évolution des performances ou du comportement d'un modèle dans le temps, par exemple parce que les données ou l'environnement ont changé depuis l'entraînement. Le guide cite la surveillance de la dérive des modèles comme une mesure à documenter et à réexaminer régulièrement (chap. II.3).
- Human-in-the-Loop
- Boucle humaine de vérification et de validation : selon l'étude de cas, comme obligation de vérification des réponses et recommandations d'IA critiques pour la sécurité (phase 4) et lors de l'examen des interfaces avec d'autres systèmes de l'entreprise, par exemple via la validation du propriétaire des données (phase 3).
- Confidentialité différentielleDifferential Privacy
- Méthode qui maximise la précision des réponses aux requêtes sur une base de données tout en minimisant la probabilité d'identifier les enregistrements utilisés. L'étude de cas la cite en phase 1 pour protéger les données personnelles.
- TokenisationTokenization
- Remplacement des données sensibles par des substituts avant leur traitement par l'assistant IA. L'étude de cas la range en phase 1 sous la minimisation et le masquage des données.
- Effacement cryptographiqueCryptographic Wiping
- Suppression sécurisée de toutes les données d'entreprise stockées lors de la mise hors service d'un assistant IA ; l'étude de cas parle de « wiping cryptographique » (phase 6). Techniquement, cela passe en général par la destruction des clés ayant servi à chiffrer les données.
- End-User ComputingEUC, IDV, informatique utilisateur
- Applications développées ou exploitées en dehors de la fonction TIC, souvent appelées en Allemagne « individuelle Datenverarbeitung » (IDV). Selon le guide, DORA ne fait pas cette distinction ; l'art. 16(9) RTS RMF étend les exigences de développement et de test à ces applications selon une approche fondée sur les risques.
- Plan de réponse aux incidents de sécuritéSIRP, Security Incident Response Plan
- Plan de réponse aux incidents de sécurité. L'étude de cas cite en phase 5 un SIRP dédié aux incidents de sécurité propres aux assistants IA, complété par des cyberattaques simulées permettant de tester les délais de réaction de l'entité.
Questions fréquentes sur le guide de la BaFin sur l'IA
Des réponses courtes aux questions typiques du bureau du CISO, de la gestion du risque lié aux TIC et de l'audit interne — avec les références à consulter.
Une aide non contraignante de la BaFin, publiée le 18 décembre 2025 (38 pages ; traduction anglaise portant la date de version du 23 janvier 2026). Le guide montre comment les entités financières peuvent appliquer aux systèmes d'IA les exigences de DORA en matière de gestion du risque lié aux TIC et de gestion du risque lié aux prestataires tiers de services TIC — tout au long du cycle de vie de l'IA, de la gouvernance au développement, aux tests et à l'exploitation, jusqu'à l'externalisation vers le cloud, la cybersécurité et la sécurité des données et la notification des incidents. Une étude de cas examine un assistant IA fondé sur un LLM dans trois variantes d'infrastructure. Le guide ne crée pas de nouvelles obligations ; il s'adresse avant tout aux établissements CRR et aux entreprises d'assurance relevant de Solvabilité II soumis au cadre DORA complet des art. 5 à 15 DORA.
Oui. Les systèmes d'IA se composent d'actifs de TIC et d'infrastructures et relèvent donc de la gestion du risque lié aux TIC au titre de DORA — c'est aussi la classification retenue par le guide de la BaFin. Concrètement, les systèmes d'IA ont leur place dans le cadre de gestion du risque lié aux TIC (art. 6 DORA) et dans l'inventaire des actifs (art. 8(4) et (6) DORA) ; les services d'IA obtenus auprès de tiers relèvent de la gestion du risque lié aux prestataires tiers de services TIC (art. 28 à 30 DORA), et les incidents survenant dans des systèmes d'IA doivent être enregistrés comme incidents liés aux TIC et, s'ils sont majeurs, notifiés (art. 17 à 19 DORA). DORA ne contient pas de catalogue d'obligations propre à l'IA ; le guide montre comment les obligations existantes se transposent au cycle de vie de l'IA.
Non. Les obligations découlent de DORA et des normes techniques de réglementation et d'exécution associées (RTS et ITS) ; le guide, qui se présente comme une « aide non contraignante » et exclut expressément toute interprétation contraignante de DORA, montre comment les mettre en œuvre lors de l'utilisation de l'IA. Pour son étude de cas, il précise également que toutes les mesures présentées sont données à titre d'exemple — ce qui compte, ce sont les mesures les plus adaptées à la situation de risque spécifique de votre établissement. En pratique, vous n'avez donc pas à reprendre chaque mesure d'exemple, mais vous devriez pouvoir démontrer de manière traçable, pour chaque système d'IA, comment vous remplissez les obligations DORA applicables. Recommandation VamiSec : documentez où et pourquoi vous vous écartez des exemples de pratique, chaque fois avec renvoi à la référence — cela facilite l'audit interne et les échanges avec le superviseur.
Tout dépend du cadre DORA que vous appliquez. Le guide ne cite les banques et les assureurs qu'à titre d'exemple (« en particulier ») ; le critère décisif est de savoir si votre établissement doit respecter le cadre complet de gestion du risque lié aux TIC des art. 5 à 15 DORA. À notre avis, les établissements de paiement ou les sociétés de gestion relevant de ce cadre complet peuvent donc tout autant l'utiliser comme référence. Ceux qui appliquent le cadre simplifié de l'art. 16 DORA — par exemple les petites entreprises d'investissement non interconnectées, les établissements de paiement et de monnaie électronique exemptés ou les établissements exemptés au titre de la CRD — sont expressément hors champ. À compter du 1er janvier 2027, d'autres établissements devront en outre appliquer DORA dans le cadre simplifié en vertu du FinmadiG (§ 1a(2) KWG). Recommandation VamiSec : utilisez là aussi le cycle de vie et l'étude de cas comme grille d'analyse — de manière proportionnée.
Le guide ne cite aucun produit, mais décrit précisément le cas : un modèle de langage du fournisseur de cloud est appelé via API ou comme assistant IA depuis un logiciel standard, parfois à l'insu des utilisateurs — la variante 3 de l'étude de cas. Le risque principal est que les données quittent le tenant et soient transmises au fournisseur du modèle. Comme mesures techniques, la BaFin cite la restriction des fonctions et des téléversements pour certains groupes d'utilisateurs, un filtre pour les saisies confidentielles (Governance Shield) et des conditions d'utilisation présentées avant chaque usage ; un niveau d'accès aux données réduit pour l'application d'IA, que les utilisateurs ne peuvent pas dépasser de leur propre initiative, est également envisageable. Le contrôle technique devrait s'effectuer par analogie avec la communication prudentielle sur le cloud ; sur le plan contractuel, les art. 28 à 30 DORA s'appliquent.
Pas le système d'IA en tant que tel. Le registre d'informations de l'art. 28(3) DORA recense les accords contractuels portant sur des services TIC fournis par des prestataires tiers de services TIC. Si vous utilisez un modèle via API, en tant que service cloud ou comme fonction d'un logiciel standard, l'accord sous-jacent doit figurer au registre. En revanche, chaque système d'IA relève de l'inventaire des actifs (art. 8(4) et (6) DORA en liaison avec l'art. 4 RTS RMF) — y compris celui exploité en interne sans prestataire. Pour les sous-traitances propres à l'IA concernant des fonctions critiques ou importantes, vous devriez, selon le chap. IV.2, savoir à tout moment quelles parties participent au traitement des données, et où. Recommandation VamiSec : vérifiez, pour chaque fonction d'IA nouvellement activée, si la description des services ou la chaîne de sous-traitance change.
Le guide ne reprend du règlement sur l'IA que la définition du système d'IA (art. 3(1) du règlement sur l'IA) et traite exclusivement des risques liés aux TIC au titre de DORA. Le règlement sur l'IA fixe ses propres obligations : les interdictions et la maîtrise de l'IA s'appliquent depuis le 2 février 2025, les obligations de transparence de l'art. 50 depuis le 2 août 2026, les obligations relatives à l'IA à haut risque de l'annexe III — dont l'évaluation de la solvabilité des personnes physiques ainsi que l'évaluation des risques et la tarification en assurance vie et maladie — à partir du 2 décembre 2027, après le report décidé par le règlement (UE) 2026/1744. Depuis le 29 juillet 2026, la BaFin est, en vertu du § 2(3) KI-MIG, l'autorité de surveillance du marché pour les systèmes d'IA directement liés à une activité financière réglementée ; pour le reste, la Bundesnetzagentur est compétente. Les deux régimes s'appliquent en parallèle.
Pour les entités financières soumises à DORA, la transition est déjà faite : les KAIT, VAIT et ZAIT sont abrogées depuis l'expiration du 16 janvier 2025, et les établissements relevant de DORA sont depuis lors exclus du champ d'application des BAIT. À l'expiration du 31 décembre 2026, les BAIT seront intégralement abrogées. La référence pour les exigences TIC applicables aux systèmes d'IA est donc le corpus DORA avec ses normes techniques ; le guide le décline pour l'IA. Pour les établissements concernés, les risques de modèle restent couverts par les MaRisk : l'AT 4.3.4 de la 9e révision des MaRisk (circulaire 06/2026 (BA)) s'applique aussi aux modèles d'IA et exige une explicabilité suffisante — une exigence que l'AT 4.3.5 de la 7e révision des MaRisk (circulaire 05/2023 (BA)) posait déjà en termes identiques.
Pour les LLM, le chap. III.2 décrit deux approches de test : des tests fondés sur la structure, qui examinent par exemple la probabilité d'une séquence de tokens en réponse à un prompt, et des tests agnostiques, dans lesquels un humain ou un autre modèle évalue les réponses à des questions de test. Comme l'IA générative peut servir à des fins générales, l'étude de cas recommande des procédures de test propres à chaque application et à chaque cas d'usage (phase 2). Pour les modèles cloud, des tests d'intrusion adversariaux peuvent être coordonnés avec le fournisseur de cloud. Autre difficulté pour les tests selon le chap. III.2 : les changements non annoncés des modèles obtenus auprès de tiers. Recommandation VamiSec : tenez à disposition un jeu de tests versionné composé de prompts métier et de prompts d'attaque, et relancez-le après chaque changement de modèle connu ainsi qu'à intervalles fixes.
Seulement s'il est majeur. L'art. 19 DORA impose la notification des incidents majeurs liés aux TIC ; selon le guide, cette obligation peut aussi couvrir des incidents touchant des systèmes d'IA. Le caractère majeur d'un incident résulte de la classification de l'art. 18 DORA, que le guide lui-même ne cite pas. Indépendamment de cela, les incidents causés par des systèmes d'IA ou survenant en lien avec eux, qui portent atteinte à la disponibilité, à l'authenticité, à l'intégrité ou à la confidentialité des données ou perturbent des services, doivent être enregistrés comme incidents liés aux TIC (art. 17 DORA) ; la BaFin recommande de les marquer comme incidents d'IA. Pour l'ordre de grandeur : en 2025, les entités financières ont notifié 733 incidents liés aux TIC à la BaFin — la BaFin ne publie pas de chiffres spécifiques à l'IA.
DORA n'impose pas de stratégie IA dédiée, mais bien une stratégie de résilience opérationnelle numérique au sein du cadre de gestion du risque lié aux TIC (art. 6 DORA) ; l'organe de direction porte la responsabilité globale de sa définition et de son approbation (art. 5(2) DORA). Que l'IA y figure sous forme de section ou fasse l'objet d'un document distinct, le guide laisse la question ouverte — il considère les deux options comme possibles. À notre avis, c'est le contenu qui compte : cas d'usage et classes de données autorisés, ressources, capacités et investissements nécessaires, gestion des dépendances vis-à-vis des fournisseurs et implication des fonctions de contrôle. Recommandation VamiSec : intégrer d'abord l'IA dans la stratégie de résilience opérationnelle numérique, puis en faire une stratégie distincte dès que l'IA soutient des fonctions critiques ou importantes — c'est au plus tard à ce moment qu'elle gagne en importance selon le guide.
ISO/IEC 42001:2023 est la première norme internationale de système de management de l'IA : elle régit la mise en place, l'exploitation, la surveillance et l'amélioration d'un système de management de l'IA, est certifiable et se combine avec ISO/IEC 27001. Le guide ne cite pas cette norme. Une certification ne remplace donc aucune obligation DORA, mais peut fournir le cadre organisationnel dans lequel stratégie IA, rôles, inventaire et processus du cycle de vie sont pilotés. Recommandation VamiSec : faites correspondre les exigences de la norme aux références DORA et tenez un inventaire IA commun. Pour l'évaluation de systèmes d'IA individuels, le catalogue de critères d'audit du BSI AICRIV Finanz (v2.0, 18 juin 2026) offre un modèle — sa correspondance avec DORA n'est toutefois que thématique.
Normes & sources
Le contenu de cette page s'appuie sur les guides et études suivants, accessibles publiquement.
Guide sur les risques liés aux TIC dans l'utilisation de l'IA par les entités financières ↗
Source primaire de cette page — version originale allemande « Orientierungshilfe zu IKT-Risiken beim Einsatz von KI in Finanzunternehmen » du 18 décembre 2025, 38 pages ; chapitres I à VI et étude de cas sur l'assistant IA fondé sur un LLM
Guidance on ICT Risks in the Use of AI at Financial Entities (version anglaise) ↗
Traduction anglaise, version datée du 23 janvier 2026, publiée le 30 janvier 2026, 35 pages — la version allemande fait foi
Intelligence artificielle : la BaFin publie un guide sur les risques liés aux TIC ↗
Communiqué du 18 décembre 2025 — aide non contraignante, destinée surtout aux établissements CRR et aux assureurs relevant de Solvabilité II
Règlement (UE) 2022/2554 ↗
DORA — en vigueur depuis le 16 janvier 2023, applicable depuis le 17 janvier 2025 ; selon notre décompte, 54 références dans le guide, principalement aux chap. II et IV.1 (art. 5 à 14) et au chap. IV.2 (art. 28 à 30) ; l'art. 16 uniquement pour délimiter le champ (chap. I)
Règlement délégué (UE) 2024/1774 ↗
RTS RMF — outils, méthodes, processus et politiques de gestion du risque lié aux TIC et cadre simplifié ; 31 références selon notre décompte
Règlement délégué (UE) 2025/532 ↗
RTS sous-traitance — sous-traitance de services TIC soutenant des fonctions critiques ou importantes ; cité aux chap. I et IV.2 (art. 3(1)(c), (d) et (j) ; art. 4(1)(j))
Règlement d'exécution (UE) 2024/2956 ↗
ITS registre d'informations — modèles pour le registre d'informations de l'art. 28(3) DORA ; le guide renvoie, sans en citer le numéro, à l'art. 3(6) (identifiant LEI/EUID des sous-traitants)
Règlement (UE) 2024/1689 ↗
Règlement sur l'IA — définition du système d'IA à l'art. 3(1) ; échéances relatives au haut risque modifiées par le règlement (UE) 2026/1744 (annexe III à partir du 2 décembre 2027)
Communication prudentielle sur l'externalisation vers des fournisseurs de cloud ↗
Publiée le 1er février 2024 (titre allemand « Aufsichtsmitteilung zu Auslagerungen an Cloud-Anbieter »), version révisée du guide de novembre 2018 ; ses chap. III.2, III.5, III.5.3, IV.2 et IV.4 sont repris au chap. IV.2 du guide sur l'IA
Risiken im Fokus 2026 — Trend Digitalisierung (tendance « numérisation ») ↗
Publié le 28 janvier 2026 ; renvoie au guide dans la tendance Numérisation — parmi les risques liés à l'IA, la publication cite notamment les dépendances vis-à-vis des fournisseurs de cloud et d'IA ainsi que l'empoisonnement des données et des modèles
Loi allemande sur la surveillance du marché de l'IA et la promotion de l'innovation (KI-MIG), § 2 ↗
En vigueur depuis le 29 juillet 2026 ; § 2(3) : la BaFin, autorité de surveillance du marché pour les systèmes d'IA directement liés à une activité financière réglementée, sinon la Bundesnetzagentur (§ 2(1))
Circulaire 06/2026 (BA) — exigences minimales en matière de gestion des risques (MaRisk) ↗
9e révision des MaRisk du 30 juin 2026, délai transitoire pour les exigences supplémentaires jusqu'au 1er janvier 2027 ; l'AT 4.3.4 couvre aussi les modèles d'IA et exige une explicabilité suffisante (exigence identique déjà à l'AT 4.3.5 de la 7e révision)
ESA Statement: Toward a consistent and risk-based approach for ICT risks from frontier AI models (JC 2026 25) ↗
Déclaration du 31 juillet 2026 — DORA et le règlement sur l'IA comme base solide ; prévention, détection et gestion, à mettre en œuvre de manière proportionnée
OWASP Top 10 for LLM Applications 2025 ↗
Référence pour le mapping VamiSec des menaces liées à l'IA issues du guide — correspondance technique, pas de table de concordance officielle
MITRE ATLAS ↗
Version 2026.09 du 15 septembre 2026 — état de référence des correspondances ATLAS dans le mapping des menaces VamiSec
NIST AI 100-2 E2025 — Adversarial Machine Learning: A Taxonomy and Terminology of Attacks and Mitigations ↗
Publié le 24 mars 2025 — taxonomie des attaques par évasion, par empoisonnement et contre la confidentialité, ainsi que des classes d'attaques propres à l'IA générative
Mettre vos systèmes d'IA en conformité avec DORA ?
VamiSec accompagne les entités financières sur l'inventaire de l'IA, la gouvernance et la gestion du risque lié aux TIC, sur les tests jusqu'aux tests adversariaux et au red teaming, ainsi que sur les contrats avec les prestataires tiers — en s'appuyant sur les obligations de DORA et le guide de la BaFin.