Que s’est-il passé lors des cyberattaques contre les installations frigorifiques ?+
Dans la nuit du 11 au 12 octobre 2026, des inconnus ont manipulé les contrôleurs frigorifiques de centaines de supermarchés français ; le gouvernement a évoqué environ 700 magasins. Dans la nuit du 1er au 2 novembre a suivi une deuxième vague, avec plus de 100 commerces touchés dans plus d’une douzaine de pays européens, dont l’Allemagne et la Suisse. Des postes froids ont été basculés en mode dégivrage et les consignes relevées ; des marchandises se sont avariées.
Comment les attaquants ont-ils pénétré dans les installations frigorifiques ?+
En l’état actuel des connaissances, par des contrôleurs directement accessibles depuis Internet, principalement des gestionnaires système Danfoss des séries AK-SM et AK-SC ainsi que des superviseurs XWEB de Copeland et de Dixell. Des mots de passe par défaut non modifiés sont attestés dans plusieurs cas ; en cas de firmware obsolète, des failles connues sont envisageables. Aucun logiciel malveillant n’a été utilisé.
Qui est derrière les attaques ?+
La question reste ouverte. Un canal du groupe prorusse NoName057(16) a revendiqué les attaques conjointement avec Z-Pentest, mais aucune preuve ne vient étayer cette revendication. Aucun gouvernement ni aucune autorité n’a désigné d’auteur ; le Kremlin dément.
L’Allemagne et la Suisse ont-elles aussi été touchées ?+
Oui. En Allemagne, la police enquête sur plusieurs cas, notamment en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en Basse-Saxe, en Bavière et en Rhénanie-Palatinat ; le BSI a confirmé des incidents dans certains supermarchés. En Suisse, une boucherie de Köniz et trois magasins Volg ont été touchés.
Les supermarchés relèvent-ils de NIS2 ?+
Pas le commerce de détail alimentaire en tant que tel. Dans le secteur alimentaire, NIS2 couvre le commerce de gros ainsi que la production et la transformation industrielles ; elle couvre en outre la santé et de nombreuses branches industrielles, dont les fabricants d’équipements frigorifiques et de systèmes de contrôle. En Allemagne, les grandes entreprises de distribution peuvent néanmoins être couvertes via les seuils KRITIS.
Quel est le lien entre le règlement sur la cyberrésilience (CRA) et les attaques ?+
Le CRA impose aux fabricants de produits connectés, donc aussi de contrôleurs frigorifiques, une configuration sécurisée par défaut, une protection contre les accès non autorisés, des mises à jour de sécurité pendant la période d’assistance et une gestion structurée des vulnérabilités. Ces exigences s’appliqueront à partir du 11 décembre 2027. Les obligations de notification des vulnérabilités activement exploitées s’appliquent déjà depuis le 11 septembre 2026, y compris pour les produits plus anciens.
Les fabricants doivent-ils notifier de tels incidents ?+
Au titre du CRA, les fabricants doivent notifier les vulnérabilités activement exploitées et les incidents graves : alerte précoce dans les 24 heures, notification dans les 72 heures, rapport final 14 jours après la mise à disposition d’une mesure corrective et, pour les incidents, un mois après la notification. La question de savoir si l’utilisation abusive de mots de passe par défaut constitue, dans un cas donné, une vulnérabilité activement exploitée relève d’un examen juridique.
À qui dois-je signaler une attaque contre mon installation frigorifique ?+
Cela dépend de votre rôle. En Allemagne, les entreprises soumises à NIS2 notifient les incidents importants via le portail de signalement du BSI : alerte précoce dans les 24 heures, notification dans les 72 heures, rapport final un mois plus tard. Les établissements non couverts, comme des supermarchés isolés ou des boucheries, ne sont pas soumis à l’obligation de notification ; ils peuvent informer le BSI sur une base volontaire et devraient porter plainte auprès du point de contact central cybercriminalité (ZAC) de la police de leur Land. En Suisse, les exploitants d’infrastructures critiques effectuent un signalement auprès du BACS dans les 24 heures ; tous les autres peuvent le faire volontairement. Les fabricants notifient les vulnérabilités activement exploitées au titre du CRA via la plateforme de signalement de l’ENISA.
Quel rôle joue la chaîne d’approvisionnement ?+
Un rôle déterminant. Les contrôleurs proviennent du fabricant ; l’installation, la maintenance et l’accès à distance relèvent généralement de frigoristes et de prestataires. Dans le cas de l’Établissement français du sang (EFS), l’attaque est passée par la télésurveillance d’un prestataire. C’est pourquoi NIS2 exige d’intégrer les fournisseurs et les prestataires dans la gestion des risques.
Comment vérifier si mes installations frigorifiques sont à risque ?+
Vérifiez dans le routeur si des redirections de port ou des règles NAT ou UPnP pointent vers des contrôleurs, et ouvrez depuis l’extérieur, par exemple avec un smartphone sans Wi-Fi, l’adresse IP publique du site : aucune page de connexion de contrôleur ne doit s’y afficher. Vous pouvez également vérifier si l’adresse est répertoriée par des moteurs de recherche comme Shodan ou Censys. Les modems cellulaires installés dans l’armoire électrique disposent souvent de leur propre connexion Internet ; interrogez donc votre prestataire frigorifique sur tous les accès à distance. Vérifiez en outre les mots de passe, le firmware et la fin du support, et testez si les alarmes de température parviennent à une astreinte la nuit. VamiSec vous accompagne avec un contrôle depuis l’extérieur et un état des lieux de vos fournisseurs.
Quel accompagnement propose VamiSec ?+
Avec VamiGRC, vous mettez en œuvre NIS2 et le CRA dans un seul système et pilotez vos fournisseurs. Avec VamiAppSec, les fabricants intègrent les contrôles de sécurité dans leur développement et préparent les notifications au titre du CRA. Avec VamiRedteam, vous gardez un œil 24 h/24 sur votre surface d’attaque autorisée, accessible depuis l’extérieur. S’y ajoutent des pentests OT et IoT, du conseil NIS2 et CRA, ainsi que notre CSIRT en cas d’incident.